Véronique Beaulieu, consultante en gestion pour l’entreprise Canico
Véronique Beaulieu, consultante en gestion pour l’entreprise Canico
Parce que vous êtes passionné par l’entreprenariat, parce que c’est une meilleure option que de devenir salarié ou parce que le marché de l’emploi vous y oblige, il existe 1001 raisons de se lancer à son compte.

Mais attention, mieux vaut être un minimum préparé, car les pièges peuvent être nombreux.

Véronique Beaulieu, consultante en gestion pour l’entreprise Canico, gestion de bureaux d’avocats donnait une conférence sur le sujet la semaine dernière, à l’occasion de l’événement Let’StartUp organisé par le Jeune Barreau de Montréal.

« Il est vrai que la nouvelle génération a plus tendance à se lancer et à être maître de son emploi, d’autant plus qu’il y a la possibilité pour eux d’avoir une vraie liberté », explique-t-elle.

Mais il ne faut pas pour autant foncer la tête baissée et brûler certaines étapes qui sont pourtant cruciales.

Le diable est dans les détails

Il faut avoir bien conscience de tout ce qui attend les avocats qui se lancent dans cette aventure, estime Véronique Beaulieu : une compétition majeure, une introduction rapide et nécessaire des nouvelles technologies, ne pas oublier de concilier obligation réglementaire et déontologique et enfin, une certaine pression du public.

Au commencement, il faudra choisir la forme juridique du cabinet, l’enregistrer et l’immatriculer, choisir son assurance… Que des choses pas très séduction, mais il faut tout de même passer par là.

Il en est de même pour tout ce qui touche à la tenue des comptes, de la facturation. « Ce sont des choses moins évidentes auxquelles il est primordial de penser : ouvrir des comptes en banque, préparer la tenue de livres de compte pour la comptabilité, choisir des outils de gestion interne… », ajoute Mme Beaulieu.

Par exemple, pour ouvrir des comptes, la conseillère préconise de choisir une banque qui permet d’avoir un compte d’administration générale et un compte en fidéicommis.

Il est toujours possible de déléguer ces tâches à des spécialistes en la matière, mais ceux qui voudraient s’y atteler doivent prendre en considération le fait que ça leur prendra pas mal de temps de travail supplémentaire.

Surtout, Mme Beaulieu explique qu’il ne faut pas négliger l’importance de garder les traces de toutes les dépenses et de toutes les rentrées d’argent. Il faut ainsi pouvoir retracer en détail toutes les transactions.

Elle conseille également aux avocats de tenir un rapport sur leurs heures travaillées grâce à des saisies de temps. Rien de mieux pour voir combien de temps aura pris la gestion de tel ou tel dossier, voir si c’était rentable, etc.

Mme Beaulieu insiste sur le fait qu’il faille vraiment s’imposer des règles strictes dès le début et vérifier sur une liste que tout est bien fait pour éviter les oublis.

Ainsi, remettre aux calendes grecques la tenue de livres de comptes par exemple peut devenir un vrai casse-tête s’il faut tout reprendre depuis le lancement du cabinet lorsque les comptes sont demandés de la part du Barreau, des impôts ou de n’importe quelle autre institution.

Elle résume les trois éléments les plus importants à retenir pour les avocats en démarrage : connaître ses forces et ses faiblesses afin de s’entourer de bonnes ressources, prendre le temps de préparer ce qui est prévisible et ne jamais avoir peur d’être trop petit pour bien s’organiser dès le départ.

« L’avocat ne doit pas se limiter parce qu’il démarre seul et que sa pratique est « petite ». Lors de nos consultations initiales, lorsqu'on questionne l'avocat par rapport à son fonctionnement, on nous répond souvent qu’il n’a pas de procédure ou de manière précise de le faire… qu’il a juste quelques dossiers », explique-t-elle.

Alors, prenez votre courage à deux mains, organisez-vous comme il se doit et lancez-vous !