Marie-Chantal Dréau, associée et leader des Services de juricomptabilité au Québec chez PwC Canada
Marie-Chantal Dréau, associée et leader des Services de juricomptabilité au Québec chez PwC Canada
Alors que PwC a accepté son premier paiement en bitcoin en novembre dernier, Droit-inc a parlé cryptomonnaies avec Marie-Chantal Dréau, associée et leader des Services de juricomptabilité au Québec chez PwC Canada.

Depuis quand PwC s’intéresse aux cryptomonnaies ?

Je dirais depuis 2012, alors qu’on était aux balbutiements de l’invention d’une nouvelle monnaie et notamment du bitcoin. Dans le bureau, on se demandait ce que c’était que cette monnaie-là et quels en étaient les risques pour les entreprises et pour tout utilisateur. Cette technologie était considérée plus comme un jouet, un passe-temps. Aujourd’hui, c’est devenu quelque chose de plus sérieux.

Quels sont les avantages des cryptomonnaies ?

Il n’y a aucune réglementation, donc on élimine les intermédiaires. Le traitement fiscal peut être un avantage pour les malfaiteurs, car les lois fiscales, pour le moment, ne font pas de différence entre un revenu de source légal et illégal. Certaines d’entre elles pourraient passer sous le radar. La cryptomonnaie surpasse également les frontières, les transactions sont anonymes et retraçables. Il n’y a pas de frais de transaction.

Pourtant, la récente popularité du bitcoin a provoqué une congestion sur le réseau et a donc entraîné un temps de transaction beaucoup plus long et surtout beaucoup plus cher…

Oui il y a eu des fluctuations par rapport à cela. En moyenne, une transaction prend 168 minutes. Cette fluctuation est peut-être un point faible. Il faut que la technologie évolue.

Quelles sont les positions des autorités financières par rapport aux cryptomonnaies ?

Les régulateurs semblent dire qu’il n’y a pas vraiment de risque, alors que les institutions financières en voient plusieurs.

Comment les cryptomonnaies sont perçues par la communauté des affaires ?

Le phénomène est peu connu, alors les gens ont une crainte vis-à-vis du changement. La technologie de la blockchain est une technologie qui peut sembler nébuleuse parce que ce n’est pas quelque chose de concret.

Dans votre pratique, quel impact ont les cryptomonnaies ?

Comme je travaille à la détection des fraudes, je suis appelée à enquêter et à voir le dommage pour l’entreprise ou le particulier. C’est dans cette optique-là qu’on s’intéresse beaucoup aux cryptomonnaies parce qu’on se demande vers où on va, où seront les régulateurs, les fraudes éventuelles. On le regarde que d’un point de vue du risque pour l’entreprise et pour l’individu qui utilise ce moyen.

Quel est le rôle des avocats là-dedans ?

Les avocats impliqués dans des transactions qui se font en cryptomonnaies devront bien comprennent les mécanismes. Ils vont devoir se demander ce que ça veut dire une transaction in trust quand on utilise les cryptomonnaies. Il faudra bien comprendre d’où vient l’argent, et se demander si c’est un produit licite ou illicite.