Il n'y a pas si longtemps que ça, le code vestimentaire des avocats était limité et prévisible
Il n'y a pas si longtemps que ça, le code vestimentaire des avocats était limité et prévisible
Il n'y a pas si longtemps que ça, le code vestimentaire des avocats était limité et prévisible. Les vêtements pour femmes étaient dérivés des vêtements pour hommes, les placards étaient pleins de couleurs monochromes, et les collants transparents ou les cravates faisaient partie de l’uniforme quotidien.

Ces jours-ci, la mode s'est “décoincée” dans le milieu du droit. Selon l'endroit où vous vivez et votre zone de pratique, les femmes portent des robes sans manches au travail et les hommes portent des chaussures habillées sans chaussettes, rapporte l’ABA Journal.

« Nous avons une génération qui n'a jamais porté de collants dans sa vie, et c'est génial », explique Tasha Brown, avocate et directrice du développement des affaires au bureau de DLA Piper à Chicago.

« Je vois plus de couleur alors qu’avant, tout était marine et noir. C’est bien d'avoir des couleurs plus vivantes, là où on n'en avait pas », dit-elle.

Une tendance au confort

Traditionnellement, les avocats ont toujours adopté un style très conservateur, un peu comme les banquiers et les comptables. Même si les changements ne sont pas non plus révolutionnaires, il y a une tendance croissante vers le confort

Le paysage changeant de la mode a incité l'avocat Douglas Hand à écrire sur le sujet un livre intitulé “The Laws of Style: Sartorial Excellence for the Professional Gentleman”, un livre qui donne quelques conseils vestimentaires aux avocats.

« Le “Casual Friday” a cédé la place à un lieu de travail décontracté dans de nombreux bureaux et beaucoup d’hommes sont désormais confus », dit Me Hand.

Hand met en garde contre le fait de copier les tendances qui mélangent le style des hommes d’affaires avec un style plus décontracté appelé “business-casual”. Polo omniprésent et khakis (style de pantalon plus décontracté que les pantalons de costumes) sont de plus en plus portés, mais pas approprié pour les avocats. .

Cela dit à vos clients: « Hey, mon travail est si facile que n'importe quel plouc peut le faire. »

Du casual à la haute couture

La vie imite souvent l'art. Les tendances de la culture pop, le cinéma, la télévision et la politique ont en effet eu des retombées sur la mode. Au cours des dernières années, les femmes politiques ont contribué à remodeler ce qui est acceptable, comme les pantalons clairs d'Hillary Clinton ou les robes sans manches de Michelle Obama.

« Michelle Obama nous a donné des bras et des jambes », explique Susan Scafidi, fondatrice et directrice du Fashion Law Institute et professeure de droit à l'Université Fordham.

« La première controverse a été lorsqu’elle a décidé de ne pas porter de collants, puis la controverse a été beaucoup plus forte lorsqu’elle a décidé de montrer ses fabuleux biceps. Dans son portrait officiel, elle portait une robe sans manches », analyse Mme Scafidi.

Les avocats fictifs sont également à la pointe des dernières tendances, à l'instar des personnages de la série “Suits”. Elle met la mode au premier plan, et notamment ceux qui peuvent se permettre de faire des folies en achetant du Balenciaga, Gucci ou Tom Ford.

Jolie Andreatta, costumière de l’émission, suggère de faire le tour des magasins vintage et des sites en ligne pour ajouter de la personnalité à vos ensembles et surtout pour trouver des pièces de créateurs à petits prix.

« N’ayez jamais peur de la haute couture. Si une veste est trop longue, n’ayez pas peur d'en couper 5 pouces », dit-elle.

Pour elle, les temps ont changé. La palette s’est élargie, permettant aux avocats d’ajouter des éléments personnalisés dans leurs garde-robes.

« Les avocates que je rencontre veulent porter les vêtements de la série », explique Jolie Andreatta. « Elles veulent être belles, mais pas provocatrices. Il y a sept ans encore, les femmes s’habillaient pour s'intégrer, pour défier les hommes et c'était leur façon de rivaliser avec leurs collègues », poursuit-elle.

Les femmes avocates ne sont pas les seules à pouvoir trouver une manière d’exprimer leur personnalité à travers la mode.

Mme Andreatta dit que les chemises pour les personnages masculins sont faites sur mesure auprès d’un tailleur de Toronto, ville dans laquelle la série est tournée. Il compte depuis des douzaines de clients avocats qui commandent des costumes et des chemises personnalisés.

Pour les hommes, Me Hand recommande quatre costumes fondamentaux que tout avocat devrait posséder: l’un à rayures bleues, une flanelle grise, l’une à rayures bleues et une dernière couleur charbon de bois.

Et surtout pas de costume noir. « Ça, c’est un smoking », dit-il.

Faire bonne impression

Vous n'avez jamais une seconde chance de faire une première bonne impression. « Il a été prouvé que les gens ont opinion sur vous après seulement 30 secondes. La plupart du temps, elle sera basée sur votre apparence, dit Me Hand. Donc si vous ressemblez à un plouc qui ne fait pas attention aux détails, ce n'est pas bon. »

Shelley Duff a pu se rendre compte de l’importance du style alors qu’elle plaidait dans un procès pour homicide. Lorsque Duff a eu l’occasion de parler du verdict aux jurés, elle a été surprise par ce qu'elle a entendu.

« Une fille a dit: “j’avais hâte de voir ce que vous alliez porter tous les jours!” Je ne sais pas si c'est bon ou mauvais, mais c'est vraiment une chose à laquelle il faut penser », dit-elle.

« Nous avons des clients qui risquent la prison. Quand ils me rencontrent pour la première fois, ils s’attendent à ce que je corresponde au stéréotype de l’avocat », ajoute-t-elle.

Les règles du banc

Me Duff essaye donc au maximum de rester professionnelle dans son style, en apportant ses petites touches personnelles. Les siennes, ce sont ses talons aiguilles, une écharpe colorée ou des blazers bi matière, en coton et en cuir. « J’essaye de pousser les limites en restant respectueuse », dit-elle.

« Cela dit, il est toujours vrai que la salle d'audience est le dernier bastion de la formalité en Amérique. Nous avons cessé de nous habiller pour le théâtre, pour l'église, mais quand il s'agit de cour, il y a encore des règles. Mais à mesure que vous gagnez une réputation dans la communauté et le palais de justice, vous obtenez un peu plus de flexibilité », ajoute Me Scafidi.