Scott Jolliffe, associé torontois chez Gowlings WLG, Me Clemens Mayr de McCarthy, Me Solomon Sananes, associé directeur de Norton Rose Fulbright à Montréal et Me Marc-André Fabien, de Fasken
Scott Jolliffe, associé torontois chez Gowlings WLG, Me Clemens Mayr de McCarthy, Me Solomon Sananes, associé directeur de Norton Rose Fulbright à Montréal et Me Marc-André Fabien, de Fasken
Bombardier recevait les associés de plusieurs grands cabinets, lundi, lors de la 5e remise des bourses de la Fiducie des dirigeants juridiques pour la diversité.

L’un des grands artisans de l’effort du milieu juridique canadien pour soutenir les étudiants souffrant d’un handicap physique, mental, intellectuel ou sensoriel est Me Daniel Desjardins, vice-président principal, Affaires juridiques, de Bombardier.

Il accueillait ainsi deux des six lauréats du Québec, qui ont reçu des bourses de 3 000 dollars afin de les soutenir dans leur cheminement académique. Depuis 2014, la Fiducie remet des bourses académiques chaque année à des étudiants en droit à travers le pays.

« Outre le soutien financier, on tente aussi de les aider dans leur intégration au marché de l’emploi », poursuit Me Desjardins, dont le département des affaires juridiques a d’ailleurs embauché l’un des boursiers l’an dernier.

Comme preuve que les besoins sont criants, 76 candidatures ont été soumises au jury de dix personnes cette année. « Ce fut un choix difficile de sélectionner les lauréats, j’aurais bien aimé qu’on puisse accorder 76 bourses », se désole Scott Jolliffe, associé torontois chez Gowlings WLG et membre du jury. Les candidats étudient dans 15 facultés de droit à travers le pays.

« La grande difficulté réside notamment dans le fait de comparer les étudiants entre eux afin de choisir les récipiendaires », poursuit-il. En effet, comment évaluer le mérite—et les besoins—d’une jeune paraplégique qui aurait bien besoin de matériel adapté par rapport à celui d’un étudiant aveugle ou autiste?

Choix déchirant s’il en est un.

Heureusement cette année, tant Bombardier que Norton Rose Fulbright ont sorti leur chéquier pour hausser leur contribution au fonds, permettant à la Fiducie d’offrir 16 bourses, soit le double de l’an dernier.

Deux jeunes inspirantes

Andrea Gomez Granados entamera bientôt son barreau, ayant terminé sa 3e année à la faculté de droit de McGill
Andrea Gomez Granados entamera bientôt son barreau, ayant terminé sa 3e année à la faculté de droit de McGill
L’étudiante d’origine colombienne Andrea Gomez Granados entamera bientôt son barreau, ayant terminé sa 3e année à la faculté de droit de McGill.

« Une bourse qui vient à point pour m’aider à me concentrer sur l’École du Barreau », explique la jeune femme, qui se destine au droit commercial.

Ayant déjà pratiqué le droit minier dans sa ville natale de Bogota, elle a choisi McGill et Montréal comme porte d’entrée d’une nouvelle carrière pancanadienne. Tant le bilinguisme que le bijuridisme du programme de McGill l’ont séduit.

Malaya Powers, qui termine sa première année également à McGill, a déménagé ses pénates à Montréal pour des raisons similaires : « Je voulais m’imprégner de culture francophone, et le programme conjuguant le droit civil et la common law sont des atouts », explique la jeune femme originaire de Vancouver.

Le soutien « substantiel » offert par la bourse qu’elle vient de remporter lui permettra de se consacrer davantage à ses études. Mais aussi « d’avoir plus temps à donner aux initiatives bénévoles, comme les cliniques juridiques », dit-elle.

Car la bourse permet aux étudiants moins nantis d’avoir un peu de répit face aux obligations financières.

Malaya Powers, termine sa première année également à McGill
Malaya Powers, termine sa première année également à McGill
Les autres lauréats du Québec sont Lauren Weaver, de McGill, Gabriel Lefebvre, de l’Université de Montréal, Nicolas Nadeau, de l’ Université de Sherbrooke et Karl Bhérer, de l’Université Laval.

Aux prises avec des handicaps physiques, intellectuels ou mentaux, les boursiers se distinguent par leur excellence académique. Mais aussi par leur détermination face aux « défis auxquels ils sont confrontés tous les jours, faisant d’eux de véritables Olympiens », remarque Me Marc-André Fabien, de Fasken.

Être aux prises avec un handicap, quel qu’il soit, c’est parfois même, ailleurs dans le monde, « ne pas être présent sur les photos de famille », relate celui qui est président du comité paralympique canadien en racontant certaines des anecdotes les plus poignantes qu’il a pu observées. Elles illustrent les obstacles se dressant sur le chemin d’une personne souffrant d’un handicap.

Me Marc-André Fabien de Fasken et Julie Turgeon, Vice Présidente, Contrats, affaires juridiques chez Bombardier
Me Marc-André Fabien de Fasken et Julie Turgeon, Vice Présidente, Contrats, affaires juridiques chez Bombardier
Le travail de la Fiducie est « un investissement dans l’avenir », ajoute Solomon Sananes, associé directeur de Norton Rose Fulbright à Montréal, et l’un des mécènes de la Fiducie.

C’est Bombardier qui a eu l’initiative de cette Fiducie et qui en est le principal donateur. Parmi les autres donateurs, on retrouve les BCF, Blakes, Stikeman, Dentons, Davies, Norton Rose Fulbright, Fasken et McCarthy, ainsi que plusieurs entreprises.