Geneviève Forget s'est lancée à son compte en fondant Corpo Juri Forget
Geneviève Forget s'est lancée à son compte en fondant Corpo Juri Forget
Geneviève Forget en a connu des gros cabinets. Cette parajuriste a côtoyé les pontes de Stikeman, Fasken, Osler ou encore Miller Thomson. Ce ne sont pas les conditions de travail ni même le salaire – d’ailleurs largement correct –, qui ont poussé cette femme autodidacte à partir et se lancer à son compte en fondant Corpo Juri Forget.

Mme Forget a suivi un cursus en administration au Collège Delta, avant de commencer un certificat en droit. Les horaires ne collaient malheureusement pas avec son travail à plein temps, sans compter son rôle de maman.

Du travail et de la passion

C’est donc au fil du temps, en côtoyant les avocats, que cette originaire de Montréal, âgé de 41 ans, a pu se former. « Me Gilles Bertrand, autrefois chez Miller Thomson, m’a par exemple donné des cours à l’interne. J’ai aussi eu beaucoup de formations chez Stikeman et Ogilvy Renault », explique la parajuriste.

Elle n’hésite cependant pas à dire que beaucoup de son savoir, elle le doit à elle-même. « J’ai travaillé fort, malgré mon parcours irrégulier », dit celle qui termine un certificat en management à la Teluq.

Elle concède cependant qu’aujourd’hui, il est plus simple d’avoir une base académique pour être compétitif, d’autant plus que les avocats ont de moins en moins de temps à donner à ceux qui ont peu d’expérience. « Il faut être passionné », ajoute celle qui a été présidente de l’Association canadienne des parajuristes de 2003 à 2005.

À son compte

En 2014, à la suite d’un cancer, Geneviève Forget s'est remise en question et a décidé de « faire les choses autrement ». C’est ainsi qu’en août 2016, elle a quitté Fasken, pour se lancer à son compte, et a ouvert son entreprise à Vaudreuil-Dorion.

« C’est une prise de risque, car les gros cabinets paient très bien les parajuristes. Il faut être convaincu d’avoir la capacité intellectuelle et être capable de gérer le risque financier », explique-t-elle.

Le manque de contact avec les gens la poussait aussi dans cette direction.

Depuis, son entreprise Corpo Juri Forget sert essentiellement des petits et moyens cabinets qui ont des besoins ponctuels et qui n’ont pas le temps de former quelqu’un à temps plein. Ses domaines de prédilection sont le droit des sociétés, le droit immobilier et le droit bancaire.

Ses clients sont un peu partout au Québec, ce qui l’oblige à se déplacer pour aller à leur rencontre.

« Je veux développer un vrai partenariat avec mes clients, et développer des relations à long terme », dit-elle.

Mme Forget avoue également qu’elle gagne plus d’argent, même si elle doit désormais payer des employés, dont trois réguliers.

Pour se lancer, il faut toutefois avoir les reins solides. « Je conseille aux parajuristes d’avoir de l’expérience et d’être à l'aise avec des revenus qui peuvent fluctuer. En retour, j’ai des horaires flexibles et la conciliation travail famille est plus facile », explique-t-elle.