Les proprios d’un restaurant dénonce l’institution bancaire dans sa gestion d’un prêt.
Les proprios d’un restaurant dénonce l’institution bancaire dans sa gestion d’un prêt.
L’entreprise montréalaise ZERO8 et deux de ses fondateurs réclament près d’un demi-million de dollars en dommages et pertes d’opportunités d’affaires à Desjardins et ses représentants.

Les fondateurs dénoncent le « laxisme », la « négligence » et l’« insouciance » dont aurait fait preuve Desjardins, en lien avec la vente de biens de leur ancien restaurant, situé sur la rue Saint-Denis, dans le Quartier latin.

L'avocate des fondateurs est Me Maryse Lapointe, qui exerce à son compte. Desjardins est défendu par quatre avocats du cabinet Dunton Rainville : Me Paul André Martel, Me Mathieu Renaud, Me Fabrice L. Coulombe et Me Marie-Claude Jarry.

N’ayant pas les mêmes moyens qu’une grosse institution comme Desjardins, l’entreprise a lancé un appel au financement populaire afin de se défendre.

« Au lieu de baisser les bras, on a décidé d'assurer nous-mêmes notre défense », explique à Droit-inc l’un des fondateurs, Dominique Dion. Les clients qui donnent 50 dollars pourront ainsi bénéficier, après le procès, de 100 dollars (le double) au restaurant.

À date, les fondateurs ont recueilli plus de 5000 dollars, et ont pour objectif d'atteindre la somme de 25 000 dollars. Le procès aura lieu en décembre.

« Nous avons hâte d'y arriver, explique M. Dion au bout du fil. C'est triste car Desjardins est une entreprise que nous aimions, mais on est tombés sur des personnes qui ont pris de mauvaises décisions, qui nous impactent aujourd'hui de façon très grave. »

L’institution Desjardins, quant à elle, bénéficie du programme de Prêts aux petites entreprises du fédéral qui lui permet de récupérer des contribuables les frais juridiques dépensés.

Retour sur l’affaire

Tout commence fin 2013. Le restaurant ZERO8 Quartier latin fermait en raison de coûts de loyers prohibitifs sur Saint-Denis et souhaitait se relocaliser à Montréal.

Un prêt octroyé par Desjardins était garanti par les biens du restaurant et par deux fondateurs.

« Desjardins avait accepté la vente des biens, ce qui nous libérait de la dette », explique M. Dion, qui dit avoir eu alors « un plan d’affaires solide », supporté par ses clients, ses actionnaires, le programme de mentorat de Futurpreneur Canada, qui favorise le démarrage d'entreprises, ainsi que la BDC. « En plein milieu du financement, Desjardins nie son acceptation et allègue à tort que nous lui devons 62 500 dollars, ce qui a mis fin à nos activités de financement et a retardé nos projets, dont notre relocalisation. »

Par la suite, Desjardins ne répond pas aux propositions du groupe et « vend les biens à moins de 50% de la valeur qu'elle avait pourtant acceptée en février 2014 », indique le communiqué.

Desjardins poursuit ensuite les fondateurs de l’entreprise pour 62 500 dollars, malgré une entente de quittance.

ZERO8 dénonce ces « volte-face », ainsi qu’un « manque de rigueur et de respect élémentaire des droits des deux cofondateurs ».