Sophie Audet, coach professionnelle
Sophie Audet, coach professionnelle
Amélie est une jeune avocate qui pratique le droit commercial au sein du contentieux d’une entreprise montréalaise.

Sophie Audet, coach professionnelle, l'assiste dans le développement de son leadership et répond aux questions qu’elle se pose quand elle est mise en difficulté dans le cadre de situations professionnelles.


A: Coach
De: Amélie
Sujet: Au secours!
Date:6 juin avril – 8 : 34

Allo Coach,

J’espère que tu vas bien.

Je te remercie pour les outils que tu m’as transmis quant à la façon d’être plus intentionnelle au travail. J’ai déjà observé quelques résultats.

Aujourd’hui, j’ai vraiment besoin de ton aide par rapport à une situation qui consomme beaucoup de mon énergie.

Il y a eu une réorganisation au sein de la haute direction de mon entreprise. J’ai maintenant un nouveau patron qui n’est vraiment pas facile. Il manque d’attention et est très impatient. Lorsqu’il me pose une question, si je n’ai pas éjecté le contenu de mon cerveau dans les vingt premières secondes, il m’interrompt et se lance dans l’action. Il oublie le contenu de nos discussions et donne des instructions contradictoires aux membres de ma petite équipe. Et, le pire de tout: il croit dur comme fer qu’il est un leader absolument génial!

Ma vie professionnelle est devenue un cauchemar depuis son arrivée. Pour te donner un exemple, j’ai passé deux heures hier à aider le jeune avocat de notre équipe à démêler les instructions nébuleuses lui ayant été données par rapport à la rédaction d’un contrat. Par la suite, j’ai écouté et tenté de rassurer notre technicienne juridique (qui n’a jamais vu quelque chose d’aussi négatif en 10 ans au sein de l’organisation). Comme si ce n’était pas suffisant, quand j’ai regardé ma montre hier soir, après avoir raccroché avec ma collègue de Toronto (qui vit exactement les mêmes frustrations), j’ai constaté que je venais de passer plus d’une heure à ventiler sur la situation avec elle. Quelle perte de temps et d’énergie!

Comment faire face à cela?

Ciao et merci d’avance!

Amélie

À : Amélie
De : Coach
Sujet: Négativité au travail
Date: 7 juin – 18 : 16

Bonjour Amélie,

Nous perdons énormément de temps à nous plaindre. Ainsi, la majorité des employés passerait plus de 10 heures par mois à se plaindre de leur patron ou à écouter leurs collègues se plaindre du leur. Presque qu’un tiers des employés y consacrerait jusqu’à 20 heures par mois!

Imaginons ce que cela représenterait si on incluait le temps passé à se plaindre de nos collègues, employés, amis, amoureux, parents, enfants, voisins, etc..


Pourquoi se plaint-on?

Pourquoi se plaint-on? À première vue, nous agissons de la sorte parce que c’est facile, sans risque et que cela nous permet de nous sentir mieux.

Voici l’impression que nous pouvons en avoir. Nous ne sommes pas satisfaits de la façon dont notre patron se conduit. Nous nous sentons alors frustrés ou menacés. Ceci produit de l’énergie dans notre corps qui est inconfortable. Lorsque nous « ventilons », cette énergie est évacuée. De plus, lorsque nous nous plaignons auprès des gens qui semblent être en accord avec nous, l’appui que nous recevons nous procure des émotions positives qui amoindrissent l’effet des émotions négatives que nous ressentions au départ.

Pourquoi est-ce néfaste pour nous et pour les autres?

Pourquoi est-ce néfaste pour nous et les autres? Si nous sommes un peu plus attentifs à ce qui se passe en nous, nous pourrons vite nous apercevoir que la satisfaction ressentie au moment où nous « ventilons » ne dure qu’un très court moment. Lorsque les effets éphémères du relâchement de pression seront évanouis, notre réflexe sera de recommencer. Encouragé par le soutien des gens auprès de qui nous « ventilons » notre discours mental se mettra de la partie.

L’inconfort que nous ressentions au début se transformera alors en indignation. Nous pourrons constater que plus nous nous plaignons, plus notre frustration augmente! Et plus nous incluons de gens dans cette spirale négative.

Nous pourrons également observer que la spirale négative que nous avons créée constitue un écran de fumée qui limite notre capacité à nous mettre en action afin de répondre de façon efficace à la situation à laquelle nous faisons face.

Que pouvons-nous faire pour remédier à la situation?

Que pouvons nous faire pour remédier à la situation? Peter Bregman, chroniqueur au Harvard Business Review, nous invite à transformer notre envie de nous plaindre de la façon suivante :

1) Prendre conscience de la montée d’adrénaline que nous ressentons lorsque nous faisons face à une situation qui nous indigne (ex. au moment où nous exprimons mentalement « je ne peux pas croire que …»).
2) Respirer et ressentir nos émotions quant à cette situation. La clé: prendre note que nous pouvons rester « groundés » sans être submergés par ces émotions négatives (ressentir sans réagir).
3) Utiliser son discernement pour cerner le ou les comportements qui provoquent ces émotions en nous.
4) Déterminer nos options par rapport à la situation. Décider ce que nous voulons faire pour remédier au problème. Voulons-nous clarifier nos limites? Demander à la personne concernée de changer un comportement? Quitter notre poste pour trouver un environnement correspondant davantage à nos valeurs?
5) Se mettre en action par rapport à ce que nous avons décidé.


Il va sans dire que cette approche est beaucoup moins facile que celle qui consiste à se plaindre. Elle demande du courage.

Pour nous encourager, nous voulons nous rappeler que nous avons la plupart du temps beaucoup plus de pouvoir par rapport à une situation que nous pensons en avoir initialement. Même auprès de nos patrons.

Décrire les faits que nous avons observés sans exagération ou jugement, exprimer notre ressenti en utilisant le « je » (et pas le « tu ») et ne pas formuler de reproches sont les éléments clés.

Exprimer notre point de vue avec l’intention de permettre à l’autre de nous comprendre (et non de le convaincre que nous avons raison) peut également faire toute la différence.

Nous pourrons être surpris de la capacité de notre patron à recevoir notre feed-back. Dans certains cas, cela pourra l’inciter à nous respecter davantage. Dans d’autres cas, cela pourra même changer complètement la relation que nous avons avec lui.

Dans les cas où nous ressentons que le climat de travail est vraiment toxique pour nous, il ne faut pas hésiter à consulter un psychologue. Certains outils ont également été développés pour nous permettre de déterminer le degré de toxicité dans lequel nous pataugeons.

À cet égard, je te rappelle qu’Isabelle Nazare-Aga a élaboré un outil comportant 30 critères pour déterminer si nous faisons face à une personnalité toxique et plusieurs stratégies pour faire face à ce type de situations.

Comment ce qui précède t’éclaire t’il par rapport à la situation dans laquelle tu te trouves? Que comptes tu faire?

Ton coach

A : Coach
De : Amélie
Sujet : Merci
Date: 7 juin 2018 – 12 : 45

Allo Coach,

Wow! Merci pour ce feed-back! Ce que tu décris est exactement ce que j’ai ressenti par rapport à la situation. Je constate effectivement que les effets d’apaisement ont été très temporaires et que ma frustration s’accentue de jour en jour depuis un mois. Je réalise également que ceci me fait réagir en victime!

Je vais profiter de la prochaine semaine pour faire appliquer les 5 étapes et on en discute la semaine prochaine lors de notre prochaine rencontre?

Ciao


Amélie

Un coach professionnel est une personne bien placée pour vous aider à développer votre leadership personnel. Pour plus d’information, consulter mon site web à www.sophieaudet.ca. Suivez-moi sur Facebook.