1. Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidé d’être avocat plutôt que de choisir un autre métier ou encore une autre profession?

Me Christian Marcoux, vp Affaires juridiques et secrétaire de Banque Laurentienne Groupe Financier
Me Christian Marcoux, vp Affaires juridiques et secrétaire de Banque Laurentienne Groupe Financier
Contrairement à certains qui semblent avoir toujours su qu’ils allaient devenir avocats, tel n’était pas mon cas. Le chemin n’était pas « tracé d’avance », et personne n’était avocat dans ma famille. Ce sont, plutôt, la vie et les personnes rencontrées qui m’ont aidé à faire mon choix.

Je suis entré au cégep en techniques policières. C’est un cours de droit dans le cadre de ce programme qui m’a intéressé et a fait germer l’idée en moi. J’y découvrais bien des possibilités en termes de mandats et de variété, et j’aimais l’idée de pouvoir influencer, convaincre et trouver des solutions pour atteindre les objectifs fixés. La discipline pouvait aussi aller avec mon côté entrepreneur, puisque les affaires m’intéressaient aussi. Je suis quelqu’un qui recherche les défis, et le droit en présentait beaucoup.

J’ai ainsi décidé, dès ma première année en techniques policières, que j’allais bifurquer vers le droit, même si j’ai quand même complété mes trois années de formation.


2. Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face au cours de votre carrière?

J’ai eu la chance, jusqu’à maintenant, de vivre bien des défis, notamment dans le cadre des nombreuses et complexes transactions d’acquisitions et de financement auxquelles j’ai participé chez Québecor à titre de directeur principal, fusions, acquisitions, financement et secrétaire corporatif.

Cela dit, mon plus grand défi, je le vis présentement à la Banque Laurentienne. En effet, l’industrie doit changer compte tenu des nouvelles habitudes de consommation de la clientèle et des nouvelles technologies. Nous sommes actuellement au cœur d’un plan de transformation, afin de s’adapter à la nouvelle réalité. La haute direction génère beaucoup d’idées innovatrices, et nos équipes jeunes et dynamiques n’ont pas peur de changer les façons de faire et d’amener de nouvelles façons de penser.

Le concept de « banque digitale » est nouveau : de l’ère des guichets bancaires, nous sommes passés à celle des guichets automatiques puis à l’ère numérique. L’offre de services bancaires change donc elle aussi. Sur le plan juridique, il s’agit de droit nouveau et de solutions nouvelles.

3. Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous à la pratique du droit?

Si j’avais une baguette magique, je réduirais le formalisme et le recours trop systématique aux contrats modèles et aux clauses types. Il est évidemment parfois nécessaire de se reposer sur des modèles préparés d’avance, mais il faut savoir les utiliser avec parcimonie et réflexion. Il est, en effet, à mon avis nécessaire de favoriser la rapidité d’exécution et de retourner à l’essentiel et à l’intention véritable des parties. Rien de tel qu’une discussion franche entre les intervenants sur les enjeux juridiques pour bien saisir l’important et ainsi éviter du texte superflu couvrant inutilement des situations qui ne se présenteront jamais.

En regardant mon bureau actuellement, j’ajouterais que j’aimerais aussi, d’un coup de baguette magique, éviter « le papier » dans notre pratique : ça m’aiderait beaucoup!, dit-il dans un rire.

4. La perception du public envers la profession et les avocats en général est-elle plus positive, égale ou moins positive qu’elle ne l’était lors de vos débuts en pratique? Et pourquoi, à votre avis?

Il est toujours un peu difficile de porter un jugement sur notre propre profession. Ceci dit, je crois que les choses se sont améliorées, mais qu’il reste évidemment encore du chemin à parcourir. Les récents changements pour améliorer l’accès à la justice ont certainement aidé la perception, de même que le développement des modes alternatifs de règlement des différends, qui font en sorte que la pratique est un peu moins axée sur la confrontation qu’à une certaine époque. Je crois qu’il revient à chacun d’agir avec professionnalisme : une réputation est longue à établir et bien plus facile à perdre!


5. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière et souhaitant gravir les échelons et faire sa place dans le milieu juridique? Quel est, en d’autres mots, « le truc » pour percer?

La première des choses dont il faut s’assurer est d’aimer ce que l’on fait et « d’avoir la passion ». Si l’on hésite à entrer au bureau le matin, on n’est probablement pas au bon endroit. Avec le travail que l’on fait, les exigences des clients et le temps passé au travail, on se doit d’aimer!

Il faut aussi, évidemment, être persévérant, rigoureux et rester ouvert. Il faut aussi se trouver un mentor : quelqu’un avec qui parler, échanger des idées ou avoir des discussions, le cas échéant, sur des situations problématiques.

Il faut, enfin, savoir travailler fort, bien gérer la pression et entretenir son réseau de contacts.
  • Sa lecture de plage de l’été : La 14e colonie (auteur : Steve Berry)
  • Il aime écouter : Suits! (réalisateur : Aaron Korsh)
  • Sa chanson fétiche : Don’t Stop Believin’ (groupe : Journey)
  • Son péché mignon : les natas!
  • Son restaurant préféré : Tapeo (rue Villeray à Montréal)
  • Il aimerait visiter… la Grèce
  • Le personnage historique qu’il admire le plus: Barack Obama, pour son intelligence, son allocution et sa classe.
  • S’il n’était pas avocat, il serait…pilote d’avion!


Me Christian Marcoux est vice-président, Affaires juridiques et secrétaire de Banque Laurentienne Groupe Financier depuis décembre 2016. Il chapeaute le contentieux qui est notamment responsable des litiges, des dossiers commerciaux et des fusions, des acquisitions et des financements. Auparavant, il a été à l’emploi de Québécor pendant plus de 10 ans. Il y a occupé plusieurs fonctions au sein du contentieux dont celui de directeur principal, fusions, acquisitions, financement et secrétariat corporatif. Le début de sa pratique a été axé sur le droit des affaires et les valeurs mobilières au sein de la firme BCF et la Bourse de Toronto. Il est membre du Barreau du Québec depuis 2000.