Sophie Audet coach professionnel
Sophie Audet coach professionnel
Amélie est une jeune avocate qui pratique le droit commercial au sein du contentieux d’une entreprise montréalaise.
Sophie Audet, coach professionnelle, l'assiste dans le développement de son leadership et répond aux questions qu’elle se pose quand elle est mise en difficulté dans le cadre de situations professionnelles.

A: Coach
De: Amélie
Sujet: Au secours!
Date: 16 août 2018 – 8 : 34

Allo Coach,

J’espère que tu vas bien.

Je te remercie pour les outils que tu m’as transmis quant à l’impact de la négativité au travail et aux façons d’y remédier (http://www.droit-inc.com/article22681-Lire-ceci-avant-de-se-plaindre-de-son-patron). J’ai déjà noté certains résultats positifs!

J’ai observé quelque chose dans le cadre de cet exercice que j’aimerais partager avec toi.

J’ai remarqué que je suis rarement investie à 100% dans mes relations avec les autres. J’ai essentiellement deux scénarios.

Mon premier scénario est de m’Investir à 150%, en prenant beaucoup trop d’espace et en me sur-responsabilisant. Ce scénario survient lorsque je fais face à des clients paresseux ou manquant de discipline ou à des collaborateurs manquant de rigueur. En pareil cas, je finis généralement par tout faire, à être frustrée et à en ressortir épuisée!

Mon deuxième scénario est de m’investir à 50% en n’allant pas au bout de mes capacités. Ce scénario survient lorsque je fais face à mon patron ou à des clients ou collègues qui veulent dominer (que ce soit une conversation, un dossier ou une situation plus globale). En pareil cas, j’ai tendance à me désinvestir, voire à devenir invisible. Par la suite, je suis frustrée que les choses ne se fassent pas à mon goût et déçue de ne pas être reconnue à la hauteur de mon potentiel.

Comment m’investir à 100% dans mes relations, sans dominer ou devenir invisible?

Ciao et merci d’avance!

Amélie

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À : Amélie
De : Coach
Sujet: Co-leadership: Mettre fin à la co-dépendance professionnelle
Date: 16 août 2018– 18 : 16


Bonjour Amélie,


Nous avons tous besoin d’appartenir à un groupe qui nous respecte et perçoit notre valeur unique. C’est ce qui nous incite à être créatif, à résoudre des problèmes, à nous dépasser, à réaliser le meilleur de nous et à accomplir de grandes choses.

Or, il est rare que nous fonctionnons dans ce genre de contexte. Nous n’avons pas appris à créer les conditions gagnantes pour nous investir à 100% dans nos relations avec nos collègues. C’est un des grands défis de nos organisations contemporaines.

Notre énergie est tellement focalisée sur le fait de se faire valoir, de bien paraître et sur les résultats que nous voulons accomplir, que nous ne tirons pas profit des ressources et des richesses des autres humains qui nous entourent. Non seulement nous nous épuisons, mais nous goûtons rarement aux synergies et à la créativité qui ne sont disponibles qu’à travers un réel partenariat avec les autres.

Nous abordons notre travail avec nos collègues en nous contentant généralement d’une banale division des tâches. Une des deux parties prend ensuite le contrôle et la deuxième se désinvestit. Et les choses se terminent souvent par une frustration de la part des deux parties impliquées.

Que pouvons-nous faire pour remédier à la situation?

Comment sortir du schéma de co-dépendance dans lequel nous sommes engloutis? Comment construire des partenariats constructifs avec les gens avec qui nous travaillons? Voici quelques pistes:

1) Avoir une vision commune: Avoir une vision commune par rapport à ce que nous voulons accomplir est le point de départ de tout partenariat constructif. Cette vision commune sera la boussole qui permettra de diriger les efforts qui suivront. Tant qu’elle n’a pas été articulée, les choses tourneront en rond. Elle doit être claire, précise et inspirante autant pour nous que pour l’autre personne impliquée. Voici quelques questions à poser lorsque cette vision est inexistante ou qu’elle manque de clarté: « Qu’est ce que nous voulons accomplir exactement? Comment saurons-nous que notre vision a été accomplie? Comment cette vision inspire et motive chacun de nous? Quelle est notre intention par rapport à ce que nous voulons accomplir? Articuler une vision commune est nécessaire que notre vis-à-vis soit un client, un collègue, un collaborateur ou un patron. Par ailleurs, ceci s’applique à absolument tout ce que nous entreprenons avec les autres, que le projet soit petit (réunion ou appel téléphonique) ou énorme (transaction, procès, fusion d’entreprise, démarrage d’entreprise etc.).

2) Clarifier nos besoins: Prendre quelques minutes pour avoir une conversation franche et honnête avec notre partenaire afin de déterminer ce dont nous avons besoin pour réussir est ce qui pourra faire toute la différence. De quoi avons nous besoin pour réussir? Quels sont les pièges qui pourraient faire en sorte que nous ne nous investissions pas à 100% auprès de notre partenaire? Quelles stratégies pouvons nous mettre en place pour y remédier? Comment notre partenaire peut nous aider par rapport à cela? Lorsqu’il s’agit d’un projet d’envergure ou de longue durée, il sera important de revoir nos besoins en cours de route.

3) Accepter les autres tels qu’ils sont et non comme on voudrait qu’ils soient: Pour être investis à 100% dans nos relations avec les autres, la condition est de les accepter! Non pas « comme nous voudrions qu’ils soient », mais dans leurs conditions réelles et actuelles, incluant leurs forces, leurs limites et leurs défauts. Il est tellement facile de s’inventer des histoires quant à ce que les autres devraient faire, à comment ils devraient être, de comment ils devraient nous comprendre etc.. Nous devenons ensuite figés par nos histoires, fermés à percevoir la réalité et frustrés parce que les autres ne correspondent (évidemment) pas à l’image que nous en avions. Et nous les blâmons ensuite pour cela! Le co-leadership invite plutôt à demeurer ouvert et curieux face à ce que nous avons devant nous. Ni plus. Ni moins. C’est la condition nécessaire qui nous permettra de passer par dessus nos croyances limitantes et nos jugements. C’est la seule chose qui nous permettra de vraiment connecter avec la personne qui est devant nous, de créer avec elle et de profiter pleinement des synergies qui sont possibles à partir de ce partenariat.

4) Créer à partir des désaccords: Aucun travail avec l’autre ne peut se faire sans désaccord. Le fait d’avoir une vision commune nous permettra de les limiter et d’avoir un espace commun à partir duquel nous pourrons créer des solutions lorsqu’Ils surviennent. Voici quelques trucs additionnels qui peuvent aider: i) Prendre conscience des symptômes de notre tendance à éviter les conflits (procrastination, ressentiment, évitement, irritation etc.); ii) Prendre conscience des peurs qui nous empêchent de s’investir à 100% avec les autres (peur de déplaire, peur de vivre un moment désagréable, peur d’être rejeté, peur de ne pas être apprécié ou valorisé, peur de ne pas être vu à notre pleine valeur, peur de faire de l’ombrage à l’autre etc.) ; iii) Gérer à l’avance notre inconfort en prévoyant systématiquement des rencontres de « gestion des désaccords » (surtout pour les dossiers d’envergure); iv) Exiger de nous et de l’autre un investissement constant à 100 % et initier une conversation dès que nous sentons les premiers signes d’un décalage; v) Chercher d’abord à comprendre l’autre, ensuite seulement à être compris; vi) Exprimer notre point de vue avec l’intention de permettre à l’autre de nous comprendre (et non de le convaincre que nous avons raison); vii) Remplacer notre habitude de nous exprimer en « oui, mais …» en remplaçant le « mais » par un « et ». Ce changement de langage permet à l’autre de se sentir entendu et est centré sur les ressources et le futur. Il invite à faire évoluer le présent en fonction du but à atteindre.

Aucun humain, même le plus brillant du monde, ne peut avoir la même force et le même impact qu’un partenariat ou une équipe. L’individualisme qui domine nos organisations a atteint ses limites. Nous ne pouvons passer à la prochaine étape sans réinventer notre façon de collaborer et de créer.

Comment ce qui précède t’éclaire t’il par rapport à ta difficulté de t’investir à 100% ? Que comptes tu faire?


Ton coach
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A : Coach
De : Amélie
Sujet : Merci
Date: 17 août 2018 – 11 : 45

Allo Coach,

Wow! Merci pour ce feed-back! Je réalise à quel point ma phobie des conflits est un obstacle pertinent. Comme j’évite les conversations désagréables, je finis par travailler presque en solo ou je m’exclus…

J’ai un gros dossier de négociation de contrat avec un client interne qui implique mon nouveau patron et un jeune avocat qui me donne un coup de main. Je vais mettre tes trucs en pratique et te reviens avec mes observations quant à mes succès et à mes difficultés.

Merci de me donner tes disponibilités à la fin août pour qu’on passe à travers mes progrès.

Ciao


Amélie

Un coach professionnel est une personne bien placée pour vous aider à développer votre leadership personnel. Pour plus d’information, consulter mon site web à www.sophieaudet.ca. Suivez-moi sur Facebook