La procureure générale du Canada Jody Wilson-Raybould
La procureure générale du Canada Jody Wilson-Raybould
À l’aube de la légalisation du cannabis récréatif, les forces policières fourbissent leurs armes pour repérer les conducteurs ayant les facultés affaiblies.
Un premier appareil permettant la détection du THC, l’ingrédient actif du cannabis, vient d’être approuvé pour utilisation lors de contrôles routiers.

La procureure générale du Canada Jody Wilson-Raybould dit s’être appuyée sur une recommandation formulée par le Comité drogues au volant de la Société canadienne des sciences judiciaires.

« Cet appareil de dépistage de drogues, qui sera dorénavant à la disposition des autorités policières pour utilisation, leur fournit un outil supplémentaire », selon le ministère de la Justice.

Déjà, les policiers qui soupçonnent un conducteur d’avoir pris le volant sous l’emprise de la drogue utilisent le test de sobriété normalisé, et ont recours à un expert en reconnaissance de drogues.

« La police peut exiger un échantillon de liquide buccal si l'agent a des motifs raisonnables de soupçonner que le conducteur a de la drogue dans son organisme. Un résultat positif à l'appareil de dépistage de drogues pourrait mener à l'étape d'enquête suivante en exigeant un échantillon de sang aux fins d'analyse en laboratoire ou une évaluation par un expert en évaluation et en reconnaissance de drogues », précise le ministère de la Justice dans le communiqué annonçant l’approbation de l’appareil au Canada.

La mesure législative C-46, qui resserre les lois en matière de conduite en état d'ébriété, avait été adoptée en troisième lecture en novembre dernier avec 186 votes pour et 126 contre à la Chambre des communes.

Pas facile à dépister

Le dépistage des drogues dans l’organisme est un parcours semé d’embûches. D’abord, en vertu du projet de loi C-46, les policiers n’ont que deux heures pour prélever un échantillon sanguin. Cependant, le THC disparaît rapidement de l’organisme. En outre, un médecin doit autoriser un prélèvement sanguin.

Enfin, le temps requis pour emmener le suspect à un poste de police, et le temps qu’il puisse consulter un avocat ajoutent aux délais.

« La conduite avec les facultés affaiblies constitue la principale cause criminelle de décès et de blessures au Canada. Assurer la sécurité de nos routes signifie s'assurer que les forces de l'ordre disposent des outils nécessaires pour décourager et détecter la conduite avec les facultés affaiblies par la drogue », conclut la ministre Wilson-Raybould.

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