Paul Manafort a accepté de plaider coupable
Paul Manafort a accepté de plaider coupable
Paul Manafort a accepté de plaider coupable dans le cadre d'un accord avec le procureur spécial Robert Mueller qui enquête, depuis mai 2017, sur une éventuelle ingérence russe dans la présidentielle de 2016 et une possible collusion entre l'équipe Trump et Moscou.

Paul Manafort a par ailleurs accepté de coopérer avec le procureur Mueller dans cette enquête, ont annoncé les procureurs fédéraux.

L'ancien directeur de campagne de Donald Trump plaidera donc coupable des chefs d'accusation de conspiration contre les États-Unis et de conspiration d'entrave à la justice, selon des documents transmis au tribunal du district de Columbia. Cinq autres charges ont été abandonnées.

Sur Twitter le mois dernier, Donald Trump avait félicité son ancien conseiller d'avoir refusé de passer un accord avec la justice, contrairement à l'ancien avocat personnel du président, Michael Cohen.

« Contrairement à Michael Cohen, il a refusé de « craquer » - raconter des histoires dans le but d'obtenir un accord. Tellement de respect pour cet homme courageux! », écrivait-il alors.

Donald Trump, qui qualifie l'enquête russe de « chasse aux sorcières », nie toute collusion avec Moscou. La Russie rejette les accusations d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine de 2016.

Le mois dernier, Paul Manafort a été reconnu coupable par le tribunal d'Alexandria, en Virginie, de fraudes fiscale et bancaire pour huit des 18 chefs d'accusation qui le visaient.

Ce procès, s'il ne portait pas sur des faits directement liés à une possible collusion entre les membres de l'équipe de campagne Trump et des responsables russes, était le premier à découler des investigations menées depuis mai 2017 par le procureur spécial Robert Mueller.

La sélection d'un jury devait débuter lundi en vue d'un deuxième procès de Manafort pour d'autres chefs d'accusation - conspiration de blanchiment d'argent, conspiration de fraude envers les États-Unis, défaut d'enregistrement en tant qu'agent étranger et subornation de témoin.

D'après les documents transmis vendredi à la justice, l'accusation de conspiration contre les États-Unis regroupe désormais des délits de blanchiment d'argent, de fraude fiscale, de défaut d'enregistrement d'un compte bancaire à l'étranger et défaut d'enregistrement du statut de lobbyiste pour des responsables politiques prorusses en Ukraine.

À celle de conspiration d'entrave à la justice est associée celle de subornation de témoin.

Mueller plutôt que le fisc

Le dossier contre Manafort, aujourd'hui âgé de 69 ans, porte sur les millions de dollars qu'il a gagnés pour son travail de consultant politique auprès de politiciens prorusses en Ukraine, dont l'ex-président Viktor Ianoukovitch qu'il a conseillé lors de sa campagne électorale victorieuse en 2010.

D'après les procureurs, Manafort a dissimulé plus de 16 millions de dollars au fisc et a obtenu frauduleusement 20 millions de prêts bancaires.

Il paraissait logique que Manafort veuille éviter un procès long et coûteux grâce à un accord de plaider-coupable, selon un professeur de droit de l'université d'Ohio.

L'ancien directeur de campagne de Trump encourt déjà huit à dix ans d'emprisonnement pour les chefs d'inculpation pour lesquels il a été reconnu coupable et cette sentence ne devrait pas beaucoup évoluer, quelle que soit l'issue d'un deuxième procès éventuel, souligne Joshua Dressler.

Manafort a pris part à la réunion controversée organisée en 2016 à la Trump Tower entre des membres de la campagne Trump et des représentants russes.

« Je ne crois pas que (Manafort) ait des informations qui puissent nuire au président », a affirmé jeudi à Reuters l'avocat de Trump, Rudy Giuliani.