Le juge Jean-Paul Braun
Le juge Jean-Paul Braun
Le juge Jean-Paul Braun, de la Cour du Québec, a finalement décidé de prendre sa retraite. Il l’a annoncé hier à son ordre professionnel par le biais de son avocat Me Louis Belleau, rapporte TVA Nouvelles.

Rappelons que le magistrat avait soulevé tout un émoi l’automne dernier en commentant durant un procès le physique d’une victime d’agression sexuelle. «On peut dire qu'elle a un peu de surpoids, mais elle a un joli visage hein!» avait-il déclaré au sujet d’une adolescente de 17 ans qui avait été victime d’une agression sexuelle commise par un chauffeur de taxi.

Il avait décidé de se retirer du dossier.

Stéphanie Vallée, ministre de la Justice, avait déposé une plainte en déontologie contre le juge après qu’il ait tenu de tels propos, qualifiés de «préoccupants» par la Couronne et de «déplorables» par le Barreau.

« Le maître, c’est moi! »

Au printemps dernier, le juge Braun était à nouveau sur la sellette après s’être emporté contre une agente correctionnelle. Yolande Fleurimar ne voulait pas appliquer ses consignes par respect pour les mesures de sécurité. Le juge insistait pour qu’un couple de coaccusés se retrouve dans la même pièce, ce qui va à l’encontre des procédures.

«Le maître ici, c’est moi!» a-t-il dit en colère à l’agente correctionnelle en pleine salle d’audience, la menaçant au passage de l’accuser d’outrage au tribunal. Lundi, Mme Fleurimar a relaté au Conseil de la magistrature qu’elle s’est sentie «déconcertée et humiliée» en pleine salle d’audience, rapporte TVA.

«J’ai senti que la fonction que j’occupais ne valait rien pour lui. Et j’ai eu peur de me retrouver accusée», a-t-elle témoigné, en précisant que le juge ne s’est pas excusé par la suite.

«Le juge a haussé le ton, et c’est malheureux. Il a perdu patience parce qu’il cherchait une solution et qu’il n’y avait pas de dialogue possible», a plaidé Me Belleau, ajoutant qu’il «ne serait pas utile» de sanctionner » son client retraité, selon ce que rapporte TVA.

Alors que le Conseil a pris la cause en délibéré lundi, le juge s’est excusé pour son comportement qu’il reconnaît comme ayant été excessif.

Il semble que cette affaire ne fera pas l’objet d’une sanction. Le juge devra toutefois comparaître à nouveau devant le tribunal déontologique le mois prochain pour ses propos d’octobre 2017 sur le physique de l’adolescente.