Les représentantes de ZSA, Me Marie-Chantale Dufour (Conseillère chez ZSA) et Me Dominique Tardif (Vice-présidente chez ZSA),l’honorable Russell Brown, juge à la Cour suprême du Canada, Me Jonathan Pierre-Étienne, Président du JBM et Me Stéphanie Beaubien, Directrice générale du JBM
Les représentantes de ZSA, Me Marie-Chantale Dufour (Conseillère chez ZSA) et Me Dominique Tardif (Vice-présidente chez ZSA),l’honorable Russell Brown, juge à la Cour suprême du Canada, Me Jonathan Pierre-Étienne, Président du JBM et Me Stéphanie Beaubien, Directrice générale du JBM
Dès qu’on entre au Musée Pointe-À-Callière, où se tenait jeudi soir le Cocktail de la magistrature organisé par le Jeune Barreau de Montréal (JBM), un écusson sur lequel on doit inscrire notre engagement dans la communauté nous est remis.

Il faut dire que l’importance de l’implication des juges au sein du milieu juridique et communautaire est le sujet sur toutes les lèvres ce soir.

Dans une ambiance joviale et chaleureuse, quelque 160 acteurs juridiques ont ainsi discuté pendant presque trois heures des enjeux et des limites de l’engagement des magistrats.

Droit-inc vous résume la soirée.

Comprendre la communauté

D’emblée, le président du JBM, Me Jonathan Pierre-Étienne, explique au micro que l’engagement est dans l’ADN de son association.

« Nos deux missions sont d’offrir un meilleur accès à la justice puis de servir l’intérêt de nos membres. Il serait impossible pour nous d’accomplir ces missions sans l’engagement de la communauté juridique. »

L’honorable Russell Brown
L’honorable Russell Brown
L’honorable Russell Brown, juge à la Cour suprême du Canada et président d’honneur de l'événement, explique quant à lui qu’il ne serait pas où il en est aujourd’hui s’il ne s’était pas engagé tout au long de sa carrière.

Son implication au sein de l’Armée du Salut lui a permis de gagner l’empathie nécessaire pour assumer ses fonctions, dit-il.

« Si vous êtes bénévole dans un centre d’aide pour les femmes, vous comprendrez pourquoi elles peuvent avoir besoin de protection. Il en va de même avec les personnes nécessitant des soins palliatifs, ou les moins fortunés. Pour servir la communauté, il faut mieux la comprendre.»

Le juge rappelle qu’on ne sait jamais qui aura besoin de services juridiques, d’où l’importance de s’engager auprès de divers groupes de personnes.

Il ajoute également en riant que pour les jeunes avocats, l’engagement dans le milieu juridique peut s’avérer une excellente opportunité de réseautage...

Crucial pour les juges

Vincent Grenier , avocat chez CDNP , Bertrand Delorme de BDL juridique, Joey Hanna avocat au centre communautaire juridique de Montréal , et David E Platts , juge a la Cour supérieure du QC
Vincent Grenier , avocat chez CDNP , Bertrand Delorme de BDL juridique, Joey Hanna avocat au centre communautaire juridique de Montréal , et David E Platts , juge a la Cour supérieure du QC
L’honorable David E. Platts confirme les paroles du président d’honneur au micro de Droit-inc : s’engager dans la communauté est nécessaire lorsqu’on souhaite devenir juge.

Avant d’être nommé à la Cour supérieure du Québec, le juge s’est impliqué en tant que chef de l’inclusion chez McCarthy Tétrault et a été président du Groupe de Recherche et d’Intervention sociale de Montréal (GRIS Montréal).

« Lorsqu’on souhaite devenir juge, on nous demande comment on peut aider les Canadiens. Comment on peut les écouter, et comment on pourrait être un visage qui leur ressemble. »

L’honorable Claude Champagne, également juge à la Cour supérieure du Québec, abonde dans le même sens.

Celui-ci effectue beaucoup de bénévolat dans résidences de personnes âgées ainsi qu’à la Maison du Père, en plus de s’impliquer dans l’Association des diplômés en droit de l’Université de Montréal (Addum).

« On est privilégié en tant que juge, dit-il à Droit-inc. S’engager nous permet de sortir de notre réalité, et de mieux comprendre nos concitoyens.»

Un engagement communautaire difficile?

Notons tout de même un bémol : s’engager activement dans la communauté est plus difficile pour les juges actifs, qui ont un devoir de neutralité.

C’est ce qu’explique l’honorable Nicole Duval Hesler, juge en chef du Québec. À l’époque où elle était avocate, celle-ci s'impliquait activement au sein du Fond d’action et d’éducation juridique pour les femmes (LEAF) ainsi qu’à Amnistie internationale.

« Par devoir de neutralité, je suis très discrète dans mes engagements. J’évite tout militantisme et collecte de fonds. Je ne m’empêche tout de même pas de faire des dons aux causes qui me tiennent à coeur! »

L’honorable Claude Champagne
L’honorable Claude Champagne
David E. Platts croit que la nuance à souligner existe au point de vue du rôle dans lequel un juge se prête dans ses actions communautaires.

À son avis, il est acceptable pour un juge de s’impliquer dans des causes plus générales, dans la mesure où il s’engage pas dans un comité directionnel.

Claude Champagne trace également bien la ligne entre son engagement communautaire et ses fonctions juridiques.

« Certaines personnes mal-nanties me demandent parfois mon opinion juridique. Tout ce que je peux faire dans ces situations, c’est les référer à des avocats! »