Question :

Le recruteur juridique Pierre Arcand
Le recruteur juridique Pierre Arcand
Bonjour, je suis un avocat de 1ère année qui vient de débuter dans un cabinet de Montréal de taille moyenne…et je songe déjà à partir. Il semble que les promesses que l’on m’avait faites durant l’entretien d’embauche (salaires, avantages, charge de travail) ne correspondent pas à la réalité. Des conseils?

Réponse :

Bonjour,

Dans un premier temps, sachez que votre situation n’est pas exceptionnelle, le stage et la première année de pratique permettent de réaliser ce qu’est le quotidien d’un juriste et l’ambiance prévalant dans l’entreprise choisie.

Certaines déceptions peuvent amener à se questionner, à plus fortes raisons si vous n’avez pas eu l’opportunité d’y évoluer à titre d’étudiant.

Ceci étant dit, quitter cet emploi après si peu de temps constitue probablement le remède ultime et, si vous devez le faire, ce devrait être de façon intelligente pour ne pas dire stratégique. Mais avant de parler de la façon de quitter, il vaut mieux chercher une solution afin d’y rester.

Divergences sur les aspects économiques?

Si votre employeur ne respecte pas ses promesses au niveau salarial ou autres avantages reliés à la rémunération, il m'apparaît évident qu’une discussion s’impose.

Bien qu’il soit naturel d’être inconfortable dans une situation où vous confrontez votre employeur, il ne faut pas hésiter à le faire lorsque ce dernier ne respecte pas un engagement clair. Vous œuvrez dans un cabinet de taille moyenne alors il y a probablement plusieurs associés. Trouvez-en un avec qui vous êtes à l’aise et expliquez lui la situation.

Lors de l’embauche, la rémunération est habituellement établie de façon claire donc il devrait être assez facile d’exprimer la source de votre insatisfaction : « on m’a promis tel montant mais je reçois tel montant, on m’a promis telle chose et je ne la reçois pas… ».

Si votre salaire et vos avantages n’ont pas été établis de façon claire et précise, vous avez bénéficié de votre première leçon concrète en droit des contrats. Clarifier la situation peut s’avérer ardu voir impossible si la perception ou le souvenir de votre employeur sont différents de ce que votre mémoire vous indique.

Ce qui ne manquera certainement pas d’être le cas. Souvent dans le cadre d’un processus d’embauche, surtout celui suivant la fin d’un stage, l’employé est tellement heureux d’avoir cette opportunité qu’il ne prendra pas le temps ou le risque de demander des précisions par rapport à l’offre.

Divergence sur la charge de travail?

Ce problème peut être difficile à solutionner. Vous ne voulez pas envoyer le message que vous n’êtes pas prêt à travailler fort sans pour autant accepter de vous laisser exploiter….

Est-ce que les objectifs d’heures facturables ont été discutés? Est-ce que votre salaire a été établi en fonction d’objectifs précis? Est-ce que la charge de travail actuelle est ponctuelle ou constante? Ce ne sont là que quelques unes des questions que vous devez vous poser.

Je vous conseille donc d’en discuter, toujours avec un associé avec qui vous êtes confortable. Faites-le cependant avec plus de nuances que pour les aspects économiques compte tenu que cet aspect du contrat de travail est habituellement lui-même plus nuancé.

Le lien de confiance est brisé?

Si vous avez tenté de clarifier, et idéalement de régler la situation, mais que rien n’y fit, peut-être est-il préférable de quitter? Comment le faire?

Une des réalités du marché du travail est le fait qu’un candidat ayant un emploi semble toujours plus attirant qu’un autre qui est libre comme l’air. Les employeurs ont l’impression qu’un candidat libre acceptera toute offre qui se présentera à lui en attendant une meilleure option. De plus, ils s’imaginent, avec raison dans la plupart des cas, qu’un candidat ayant déjà un emploi ne quittera celui-ci que pour un autre qui le stimulera vraiment.

En conséquence, attendez d’avoir trouvé mieux avant de claquer la porte mais gardez en mémoire que la famille juridique montréalaise est petite. Conservez vos bonnes habitudes de travail auprès de votre employeur actuel et ce même vous savez que vous quitterez bientôt.

En plus d’une question de respect envers celui qui vous donne votre première chance, vous aurez toujours besoin de bonnes références et il est préférable qu’un employeur soit triste de vous voir quitter son entreprise plutôt que l’inverse.
En vous souhaitant que la situation s’améliore, je vous souhaite bonne chance dans vos démarches.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.

Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.