Dominique Tardif et Jean Charest
Dominique Tardif et Jean Charest
Ce mardi soir, au Plaza centre-ville de Montréal, ils étaient 350 avocats à venir célébrer le travail des conseillers juridiques.

Comme tous les deux ans, c’est l’entreprise de recrutement ZSA qui organise cette cérémonie des Prix des conseillers juridiques de l’année (PCJQ). Dominique Tardif, vice-présidente de ZSA et Christopher Sweeney, cofondateur et chef de la direction, sont dans les starting-blocks.

Les derniers tests micro sont faits et les serveurs passent un dernier coup de chiffon sur les ustensiles et les verres. Les tables sont dressées et les lumières bien agencées. « Si j’ai pas 12 cravates ce soir, ça va pas aller. Tout le monde en met une », lance le chef de la brigade cuisine en montrant du doigt une employée qui distribue lesdites cravates aux serveurs.

Dans le hall d’entrée, Me Zev Zelman, l’un des finalistes pour le prix du Conseiller juridique d’avenir, prend sa cocarde. « C’est un grand honneur et un privilège d’être reconnu. Je suis quelqu’un qui écoute beaucoup les besoins de mes collègues et qui comprend bien nos objectifs pour réussir », dit-il pour tenter d'expliquer sa nomination.

Il ne sait pas encore qu’il fait partie des lauréats et sa femme, Me Marissa Frishman, déjà très « fière » de lui non plus.

Sous le feu des projecteurs

Mes Sylvie Rodrigue, Vanessa Deschênes et Zev Zelman
Mes Sylvie Rodrigue, Vanessa Deschênes et Zev Zelman
Il faut dire que souvent, le travail des avocats en cabinet est davantage mis en avant que celui des avocats en entreprise.

« Lorsqu’on a lancé cet événement, c’était encore rare pour les conseillers juridiques d’être sous le feu des projecteurs et je me suis demandé pourquoi. Je voulais leur donner plus de visibilité, d’autant plus que le monde a changé, leur pouvoir a changé et ils ont un rôle encore plus important qu’avant », explique Christopher Sweeney.

« Vous avez étendu votre pouvoir d’influence et vous êtes devenus les gardiens de l’intégrité corporative. Vous avez réussi à gagner le respect de tous ceux qui vous entourent », ajoute Dominique Tardif dans son discours.

Me Jean-Daniel Bélanger, finaliste dans la catégorie Conseiller juridique, service juridique de petite ou moyenne taille, est « fébrile » en attendant l’annonce des gagnants. « Ça serait le fun que je gagne, mais être en finale, c’est déjà super », dit-il en ajoutant apprécier la soirée, notamment car elle lui donne l’occasion, lui qui travaille à Laval, de retrouver des collègues du centre-ville.

Mes Sophie Lussier et Karl Tabbakh.
Mes Sophie Lussier et Karl Tabbakh.
Alors que les convives se font plus nombreuses, le ballet des serveurs commence : crabe cake, mousse de saumon en cornet, quiches ou samossas sont engloutis entre deux gorgées de vin. Le volume sonore de la pièce augmente à mesure que le monde arrive.

Me Marie-Josée Crête, finaliste – et future gagnante – du prix que convoite justement Me Bélanger est arrivée avec toute son équipe. Elle discute avec Me Jean-Philippe Groleau, de Davies, qui a suggéré sa nomination « parce qu’elle est la meilleure », dit-il.

« Elle a un dévouement total pour ses clients et une connaissance approfondie de toute la réglementation qui les concernent. C’est un coup de cœur. Le travail des avocats à l’interne dans des associations professionnelles n’est pas assez reconnu. Il serait temps que les PCJQ reconnaissent le travail de ces associations, notamment de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires, et la contribution importante de leurs avocats à l’interne », ajoute-t-il.

Anecdotes et blagues

Mes Éric Bédard et Louise-Marie Bélanger
Mes Éric Bédard et Louise-Marie Bélanger
Alors que tout ce beau monde se dirige doucement vers la salle de réception, l’ancien premier ministre Jean Charest arrive en arborant son coquelicot du jour du Souvenir broché sur son veston. Il est un peu la « surprise » de la soirée.

Sans notes, l’un des conseillers pour la nouvelle mouture de l’ALENA, fait un retour sur ce qui l’a poussé à devenir avocat : « Perry Mason ».

De ses mésaventures avec le juge Turmel « qui prenait plaisir à faire souffrir les stagiaires » à ses échecs de plaidoiries, en passant par un hommage à Bernard Landry, décédé le jour même, il a rappelé combien il ne regrette pas d’avoir choisi de faire une carrière dans le droit.

Rapidement, le maître de cérémonie, Me Michel Massicotte prend le relai sur scène. Il est chargé de « détendre l’atmosphère et de faire rire ». Contrat rempli, lorsque le criminaliste part dans une diatribe sur la légalisation du cannabis, une plante verte dégarnie en main, « à l’image de ce qu’on peut trouver sur les tablettes de la Société québécoise du cannabis », blague-t-il en faisant référence à la pénurie de marijuana.

Alors que les estomacs commencent à crier famine, les premières assiettes défilent sur les tables. Les discussions vont bon train. Il faut dire que ce soir, même si les Américains votent, ce sont surtout les faits d’armes de chacun qui sont abordés, plus que l'actualité.

Vers 20H45, le grand moment, pour tous ces avocats de l’ombre, arrive enfin.

Place aux gagnants

Me Lynne Roiter a reçu le prix Excellence en affaires
Me Lynne Roiter a reçu le prix Excellence en affaires
Pour ouvrir le bal, ce sont Mes Zev Zelman, de Persistence Capital Partners, et Vanessa Deschênes, du Mouvement Desjardins, qui se dirigent vers la scène lorsque leur nom retentit.

Ils décrochent tous deux le prix du Conseiller juridique d’avenir. La jeune femme semble touchée et n'a pas été gênée de rappeler les moments de doutes auxquelles elle a dû faire face, notamment durant sa première année de bac en droit. «Ce prix, il est aussi un peu pour ma mère, qui m'a poussée à me remonter les manches », lance-t-elle.

Me Kim Thomassin semble particulièrement contente d’entendre le nom de l’avocate du Mouvement Desjardins. Elle serre le poing en signe de victoire et lance un grand sourire.

Me Louise-Marie Bélanger remporte quant à elle le prix Litige et gestion de risques. « J'ai été impressionnée par les candidatures qui figuraient à mes côtés. Alors j'ai préparé mon discours tard au cas ou vous vous désisteriez tous au dernier moment », dit-elle avec humilité, en recevant son trophée.

Me Lynne Roiter, très émue de recevoir le prix Excellence en affaires évoque sur scène une carrière riche au sein de Loto-Québec.

Mes John Godber, Claude Gendron et Daniel Desjardins
Mes John Godber, Claude Gendron et Daniel Desjardins
Me Marie-Josée Crête, récipiendaire du prix Conseiller juridique, service juridique de petite ou moyenne taille livre l'un des plus longs discours, elle qui dit pourtant aimer travailler dans l'ombre.

« Être sur scène pour recevoir ce prix je le vis pour la première fois et j'espère pour la dernière », plaisante-t-elle, en soulignant le travail de toute son équipe qui l'accompagne.

Me Claude Gendron quant à lui, «celui qui a acheté, vendu et racheté tous les gros immeubles du centre-ville», reçoit le prix Mérite de carrière pour son accomplissement au sein d'Ivanhoé Cambridge et ne manque pas, durant son discours, de remercier chaleureusement ses amis et collègues qui l'ont aidé à accomplir un beau travail au sein de la société immobilière.

Mes Richard Vachon et Marie-Josée Crête.
Mes Richard Vachon et Marie-Josée Crête.
Enfin, clou de la soirée, le prix Chef des affaires juridiques de l’année, qui est au gala ZSA ce que le prix du Meilleur film est aux Oscars, est attribué à… Me Sophie Lussier, vice-présidente, affaires juridiques, investissements à la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Accompagnée ce soir de Me Kim Thomassin, elle monte sur scène sous un tonnerre d’applaudissements.

« Ce prix représente la reconnaissance du travail de la Caisse. J'ai la chance de travailler avec plusieurs entreprises dans l'accomplissement de leurs projets et ce prix est la reconnaissance que la Caisse a bien fait son travail », lance-t-elle quelques minutes plus tard au micro de Droit-inc, le trophée entre les mains.



Tous sont chaleureusement félicités par Jean Charest, avant de rejoindre leur table, leur oscar de verre gravé à leur nom en main. Un kilo de plus à transporter ce soir, et peut-être, le début d’une collection de prix de reconnaissance.

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