Quel étudiant en droit n’a jamais rêvé d’enfiler une toge et de représenter un client important à la cour dans le cadre d’un procès d’envergure?

Le litige civil au Québec est un domaine extrêmement compétitif. Bien sûr, y faire sa place requiert du talent et de la chance…

Mais au-delà de cela, il y a une certaine attitude et quelques techniques à adopter afin de devenir un excellent plaideur dans ce domaine.

Trois avocats ont accepté de livrer leurs secrets à Droit-Inc.

L’humilité

Me Martin Courville, cofondateur de Ad Litem
Me Martin Courville, cofondateur de Ad Litem
Ce n’est pas ici que l’on vous dira que la confiance est inutile en plaidoirie. Mais vous devez trouver le juste milieu. Minimalement, tentez de ne pas être trop arrogants face à vos adversaires…

« Une fois, l’avocat adverse m’a souhaité bonne chance avec un ton insolent avant un procès. On voyait qu’il était convaincu de sa victoire. Finalement, sa journée s’est soldée par une lourde défaite! », explique Me Martin Courville en rigolant.

Le cofondateur de Ad Litem rappelle que ce sont souvent les avocats dans des positions favorables qui font l’erreur de sous-estimer leur adversaire. Rappelez-vous que dans un procès, tout est possible. Ne tenez jamais votre victoire pour acquise.

Ne rien laisser au hasard

Me Gerry Apostolatos, associé chez Langlois
Me Gerry Apostolatos, associé chez Langlois
« Un procès, ça se gagne avant le procès. Il faut tout considérer dans son processus de préparation et minimiser les surprises, même si on pense que tout est déjà gagné », insiste Me Gerry Apostolatos, associé chez Langlois.

Conséquemment, celui qui a déjà fait l’ascension du Kilimandjaro croit que le secret de la victoire se trouve dans 3 « P » simples à retenir… « Préparation, préparation, préparation! Il faut tout savoir sur les témoins, ses arguments légaux et surtout ceux de l’adversaire! »

Me Courville abonde dans le même sens, soulignant l’importance de connaître aussi bien la position adverse que la sienne.

« Un procès, c’est comme un examen de fin de session. Tu dois soulever toutes les roches, t’attendre à toutes les questions possibles. Si tu ne sais pas ce que ton rival va dire, tu es cuit. »

Prenez le temps d’évaluer tous les aspects potentiels de votre dossier. S’il le faut, n’hésitez pas à demander de l’aide à certains de vos collègues.

Informez vos clients

Aller en cour n’est pas nécessairement stressant pour vous. Cependant, il est possible que le processus puisse embêter votre client.

C’est pourquoi vous devez être sincère avec lui dès le début du processus juridique.

« Nous avons l’obligation d’expliquer aux meilleures de nos connaissances les risques d’aller en procès à notre client, qu’on soit demandeur ou défendeur. Il a le droit de connaître les éléments importants dès le début du processus », estime Me Courville.

Ce n’est pas à la suite d’une simple séance d’information que le client sera mis au point. Vous devez constamment continuer de l’informer tout au long des procédures.

« Les preuves ne sont pas immuables! Préparer ses clients aux interrogatoires et à toutes les éventualités possibles est essentiel », rappelle-t-il.

Un marathon, et non un sprint

Me Zineb Kouidri de BTK avocat
Me Zineb Kouidri de BTK avocat
Le procès n’est qu’une infime partie du travail qui se dresse devant vous

« Il faut se faire un plan pour le jour J, qui aura été élaboré plusieurs jours avant sa tenue. Je crois qu’il est essentiel de prendre du temps pour remettre ce plan-là en question en long et en large » souligne Me Zineb Kouidri de BTK avocat.

Prenez de l’avance! Étudiez toutes les facettes de votre dossier le plus tôt possible afin de le cerner complètement.

« Il faut s’imprégner de son dossier… et ça, c’est un processus qui ne se fait pas du jour au lendemain!» , s’exclame Me Kouidri.