Le comptable professionnel et ex-policier André Lepage, l’avocat Me Luc Marcil et le comptable Alain David
Le comptable professionnel et ex-policier André Lepage, l’avocat Me Luc Marcil et le comptable Alain David
Bien connus dans le domaine de la juricomptabilité, le comptable professionnel et ex-policier André Lepage, l’avocat Me Luc Marcil et le comptable Alain David, viennent de lancer leur propre cabinet-boutique.

Son nom? Lepage Marcil David Juricomptables, ou «LMD».

Le cabinet répond à plusieurs besoins du marché, explique Me Marcil, à commencer par des besoins en termes d’expertise.

«La juricomptabilité est un domaine relativement nouveau, qui n’existe que depuis 25 ans, indique l’avocat à Droit-inc. Et il y a une certaine pénurie d’expertise de haut niveau à Montréal et au Québec.»

Le cabinet-boutique va donc offrir des services en matière d’évaluation de préjudices économiques dans le cadre d’un litige ou d’une réclamation d’assurance, mais aussi en matière d’enquêtes sur des soupçons ou des allégations d’irrégularités ou de fraude et
de corruption; de vérification de conformité aux lois et règlements; d’évaluation d’entreprise ; ou encore d’informatique judiciaire et cybersécurité.

Le tarif est également concurrentiel, explique Me Marcil au téléphone.

«Nous n’avons pas le même marché que New-York, Washington ou Toronto, avec des tarifs horaires de 1000 dollars. Pour vous donner un exemple : en tant que chef de la juricomptabilité chez Raymond Chabot Grant Thornton, mon tarif horaire pouvait être de 575 dollars. À notre compte, on peut descendre pour un même service entre 300 à 400 dollars.»

Selon lui, ce tarif ouvre le marché à de plus petits cabinets d’avocats (les cabinets constituant leurs plus grands fournisseurs de clients).

Une force de se connaître

Les trois hommes, qui cumulent à eux trois 90 années d’expérience en juricomptabilité, se connaissent depuis de nombreuses années. Ils ont travaillé au sein des mêmes cabinets : Deloitte, Navigant, CN, et se sont rendus aux quatre coins du monde.

Le juriste a par exemple accepté un mandat concernant une multinationale américaine en technologie sur le continent indien. Il y est resté plus de deux mois. «Dans certains pays, l’évasion fiscale est un sport national!», lance-t-il.

Pour Me Marcil, il est clair que ces années d’expérience combinées au fait de se connaître font toute la différence.

«Ça se ressent dans la confiance que l’on va avoir les uns envers les autres, dit Me Marcil. Quand on travaille avec un collègue qu’on ne connaît pas, il va falloir vérifier et contre-vérifier. Nous, on connaît la rigueur de notre travail.»

Quant à son collègue André Lepage, il affirme qu’il ne pouvait espérer «meilleure association» que celle-ci.

Pas de conflits d’intérêt

Les trois hommes, qui ont travaillé pour des entreprises dans des domaines aussi variés que l’agroalimentaire, les finances ou le secteur manufacturier, disposent qui plus est d’un autre avantage sur les grandes firmes, explique Me Marcil : en n’offrant que des services spécialisés en juricomptabilité, LMD ne sera jamais ou presque confrontés à des conflits d’intérêts ou de conflits d’affaires.

Des situations qui se présentent selon lui fréquemment dans les grandes firmes. On peut par exemple facilement voir un petit bureau qui s’occupe d’un mandat d’audit d’une entreprise qui a un lien avec une autre qui sollicite ses services.

«Nous sommes également moins tributaires d’une rémunération régulière aux deux semaines, ajoute-il. Ça va nous donner plus de latitude, on ne va pas être obligés de prendre des bureaux au centre-ville ou des structures coûteuses pour des employés.»

Le cabinet n’ajoute pas non plus de frais administratifs dans la note du client, et mise tout sur l’infonuagique ou l’encryption de données, dit-il.

De nombreux défis

Selon le trio, LMD peut constituer une alternative pour les petits cabinets de CPA ayant des besoins en services de juricomptabilité pour leur clientèle, mais qui ne les offrent pas eux-mêmes.

L’un des grands défis de la profession en ce moment sont les technologies, qui donnent de nouveaux outils aux fraudeurs. Comme les bitcoins par exemple.

« Suivre la trace de l’argent - follow the money, comme on dit - est une tâche qui devient de plus en plus ardue. Cela nécessite une solide expertise pour trouver et identifier toutes les pièces du casse-tête comptable et financier », témoigne Alain David.

Mais le plus grand défi pour Me Marcil reste encore l’humain!

«Contrairement aux technologies, l’homme n’a pas évolué, dit-il. L’homme vole toujours l’homme! Et avec ce qui s’est passé au Québec ces dernières années comme la Commission Charbonneau, il est clair que la gouvernance de nos autorités politiques et le fait que nos élus acceptent des pots de vin ou s’adonnent à du trafic d’influence constituent des défis tant pour notre société que notre profession.»

Qui sont-ils?

André Lepage est Fellow comptable professionnel agréé et détient également les titres de CA - expert en enquêtes et juricomptabilité (CA•EJC), de Certified in Financial Forensics de l’American Institute of Certified Public Accountants (CFF) et d’Examinateur agréé en matière de fraude (CFE). Il est aussi un ex-policier.

Durant toute sa carrière, il a œuvré au sein de grandes organisations ou de grands cabinets: Canadien National («CN»), Deloitte, Navigant, EY.

Me Luc Marcil est avocat et comptable professionnel agréé (CPA, CA). Il détient
également les titres de CA•EJC et de CFF, a quant à lui travaillé au sein de Deloitte, de Navigant, de Raymond Chabot Grant Thornton, avant de se lancer à son propre compte en 2017.

Quant à Alain David, CPA, CA, CFE et CFF, il a œuvré au CN, Deloitte, LBC et enfin pour
le cabinet d’experts-comptables BDO. Il a notamment développé une expertise en évaluation de préjudices économiques dans le cadre de réclamations d’assurance à la suite de sinistres.