Certains avocats en entreprise n'hésiteraient pas à mentir
Certains avocats en entreprise n'hésiteraient pas à mentir
Pour autant, cela ne veut pas dire qu’ils mentent tous, seulement la majorité d’entre eux. C’est ce que déclare Jonathan Pollard, avocat au Barreau de Floride, dans un article qu’il a publié sur Linkedin.

Pour cet Américain, s’il est toujours possible de faire confiance à des cabinets « d’élite », reconnus pour leurs qualités éthiques, des centaines d’autres font passer leurs intérêts avant ceux de leurs clients. Et quand on parle d’intérêts, on pense évidemment à l’argent.

Des contentieux qui traînent en longueur

En se basant sur sa propre expérience, Me Pollard, raconte que la partie adverse est déjà venue le voir pour lui dire qu’elle regrettait le contentieux. Après un jugement défavorable, les représentants de l’entreprise ont admis que le litige était une erreur. Un coup mal calculé leur ayant fait perdre beaucoup d’argent, plus d’un million de dollars en frais de justice.

Et cette obstination est le résultat direct des conseils et recommandations distillées par le cabinet qui les représentait. Cela n’est pas un cas isolé, mais il a la particularité de toucher avant tout les petites et moyennes entreprises. En effet, les grands groupes disposent eux de fonds suffisant pour avoir des conseillers juridiques en interne leur permettant d’éviter ces écueils.

Des litiges évitables

Il n’est pas non plus rare de voir des cabinets d’avocats pousser leurs clients à faire de mauvais choix. Pour Me Pollard, cela n’est pas forcément volontaire, mais vient souvent d’un enchaînement de mauvaises décisions.

Il prend pour exemple une société qui, sur les conseils d’un cabinet, fait signer à tous ses employés une clause de non-concurrence. Plus tard, un agent de sécurité quitte son poste payé 12 dollars de l’heure pour rejoindre une autre compagnie où il sera mieux rémunéré, et c’est à ce moment-là que le même cabinet poussera son client à entraîner des poursuites.

Pour une décision irréfléchie, ce sont ainsi des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars qui vont être engloutis dans des démarches juridiques facilement évitables. Cette clause aurait dû être l’exception, mais en voulant l’appliquer à l’ensemble du personnel elle perd de son sens et de sa valeur.

Et si une société est encouragée à poursuivre un employé payer au salaire minimum pour une raison somme toute peu légitime, il faut aussi remettre en question l’éthique des avocats qu’ils payent.

Le conseil à retenir serait donc le suivant : il faut travailler avec des gens qui ont des valeurs et ne sont pas prêts à tout pour s’enrichir. Si cela peut paraître un peu candide, c’est aussi une façon de s’assurer que les conseils qui sont prodigués à l’entreprise sont bien destinés à l’aider et non à rémunérer largement le cabinet.