Me Louis Marquis, Ad. E., récipiendaire de la Médaille Paul-André-Crépeau, et Me Audrey Boctor, présidente de l’ABC-Québec
Me Louis Marquis, Ad. E., récipiendaire de la Médaille Paul-André-Crépeau, et Me Audrey Boctor, présidente de l’ABC-Québec
Bon nombre de têtes connues étaient présentes au Cocktail du temps des Fêtes organisé par l’aile québécoise de l’Association du Barreau Canadien (ABC) et animé par la présidente de l’ABC-Québec, Me Audrey Boctor, associée chez IMK.

Devant un auditoire attentif, Me Boctor a souligné le «travail remarquable» des bénévoles au sein de l’ABC, «une grande famille», a-t-elle ajouté. «Je vous invite à lever vos verres! Santé!».

Notons que l’ABC-Québec faisait l’actualité cette semaine puisque l’adhésion à l’organisme inclut désormais l’accès gratuit à toutes les formations en ligne de l’ABC-Québec.

L’engagement de Me Marie-Christine Hivon, présidente sortante de l’ABC-Québec, a plus tard été souligné. «Vous pourrez toujours compter sur moi!», a-t-elle lancé à une équipe «extraordinaire», dit-elle, qui est désormais «entre de bonnes mains».

Conversations

Au cours de cette soirée, Droit-Inc a pu échangé quelques mots avec l’ancienne bâtonnière du Québec Me Claudia P. Prémont, Me Pascale Pageau de Delegatus, Me Julie Latour, ex-bâtonnière du Barreau de Montréal, et bien entendu avec les trois lauréats de la soirée que sont Me Louis Marquis, Me Kristine Plouffe-Malette, et Yaëll Emerich.

«À mon avis, l’ABC a vraiment sa place dans notre communauté juridique. Je suis membre de l’ABC depuis le jour 1 de ma pratique d’avocate, donc pour moi il est complètement naturel d’être ici ce soir», a indiqué à Droit-inc Me Prémont.

Me Pageau, vice-présidente de l’ABC-Québec, rappelle quant à elle que cette assemblée annuelle des membres est un «événement phare» où cours duquel les gens peuvent se retrouver pour discuter tant des enjeux de l’association que de ceux de la profession.

«Les fins de l’ABC sont toujours plus pertinentes que jamais!», a déclaré pour sa part Me Julie Latour, ex-présidente de l’ABC-Québec et membre du jury du Prix Michel-Robert.

Vin rouge et vin blanc, petits canapés au saumon et autres bouchées ont ensuite agrémenté les conversations. On discute à droite, à gauche.

On apprend au détour des conversations que le juge Michel Robert vient de se faire opérer d’une cataracte, que Danielle Montpetit, à la barre du Groupe Montpetit, s'apprête à annoncer un gros changement au sein de sa firme, ou encore que Ariane Charbonneau, DG d’Éducaloi, est plus que fière du succès rencontré par l’événement Clarity, organisé par son organisme et couvert par Droit-Inc ici, ici, ici et .

«C’est normal de venir soutenir les bénévoles qui s’impliquent pour plein de choses : l’avancement du droit, l’accès pour la justice. C’est tellement un beau travail!», s’est ainsi exclamé Me Charbonneau.

Mais si tous étaient là, réunis au Centre de conférences Bentall Kennedy au centre-ville de Montréal, c’était aussi pour célébrer le travail de trois de leurs pairs avec la remise de trois prix : le Prix Michel-Robert, la Médaille Paul-André-Crépeau et le Prix Walter-Owen de la Fondation canadienne pour la recherche juridique.

Une épopée solitaire

Me Kristine Plouffe-Malette, lauréate du Prix Michel-Robert pour la meilleure thèse de doctorat.
Me Kristine Plouffe-Malette, lauréate du Prix Michel-Robert pour la meilleure thèse de doctorat.
Me Kristine Plouffe-Malette est la première à monter sur scène. La jeune femme, accompagnée ce soir par son conjoint, a reçu le Prix Michel-Robert, des mains de l’ancien juge en chef de la Cour d’Appel du Québec. «On m’a limité à deux minutes, a-t-il plaisanté. Pour un juge, c’est un peu l’équivalent du supplice de Tantale!»

Le juge à la retraite est venu récompenser une thèse «d’une grande qualité» et «richement documentée» a-t-il dit.

Celle-ci, rédigée dans le cadre d’un doctorat en droit de l’Université Laval et de l’Université de Sherbrooke, s’intitule «Moralité publique : pour une interprétation renouvelée de l’exception commerciale à l’Organisation mondiale du commerce par la jurisprudence des droits de la personne ».

«Faire une thèse de doctorat est un exercice éminemment solitaire et très long. Je suis honorée », a indiqué sur scène la doctorante, qui en plus de sa joie, empoche 2000 dollars.

Au micro de Droit-inc, elle explique s’être passionnée par ce sujet notamment parce qu’il se situe aux confins de deux branches du droit international : les droits humains et le droit de l’Organisation mondiale du commerce. «C’est un peu l’aboutissement de toutes les recherches que j’ai menées dans le passé en matière de droits humains, notamment l’esclavage et traite des êtres humains.»

Héros de son enfance

Deuxième à être récompensé ce soir, Me Louis Marquis repart pour sa part avec la médaille Paul-André-Crépeau!

Celle-ci est décernée chaque année à un juriste canadien qui a contribué à l’avancement de la dimension internationale du droit privé et du droit commercial du Canada.

L’homme ne manque pas de chapeaux : avocat, arbitre accrédité, gestionnaire, professeur, chercheur, il est aussi celui qui a fondé et dirigé en premier les programmes de prévention et règlements des différends de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke.

«Mon père et Paul-André Crépeau étaient voisins. L’un étudiait la poésie, l’autre en droit », se souvient sur scène l’ancien doyen de la fac de droit de Sherbrooke qui évoque un homme «blagueur», «universaliste à la De Vinci» et un «humaniste rare»,

Au micro de Droit-inc, celui dont les travaux touchent notamment à la réforme législative et le développement international affirme être très honoré de recevoir ce prix. «Paul-André Crépeau incarnait un idéal pour moi. J’ai toujours voulu poursuivre, d’une certaine manière, son oeuvre, notamment cet espèce d’interface entre la dimension nationale et internationale du droit…»

Enrichir le droit canadien

Nicholas Kasirer, juge à la Cour d’appel du Québec, Yaëll Emerich, lauréate du Prix Walter-Owen, Martine Valois, présidente du jury, et Me Audrey Boctor, présidente de l’ABC-Québec.
Nicholas Kasirer, juge à la Cour d’appel du Québec, Yaëll Emerich, lauréate du Prix Walter-Owen, Martine Valois, présidente du jury, et Me Audrey Boctor, présidente de l’ABC-Québec.
Enfin, le prix Walter-Owen, décerné par la Fondation pour la recherche juridique, vise à récompenser l'excellence en rédaction juridique et à souligner les nouvelles contributions exceptionnelles à la doctrine juridique canadienne qui rehaussent la qualité de la recherche en droit au pays.

Il a été attribué cette année à la professeure Yaëll Emerich, de l’Université McGill, pour son livre «Droit commun des biens : perspective transsystémique», publié en 2017 aux Éditions Yvon Blais. C’est l’honorable Nicholas Kasirer, juge à la Cour d’appel du Québec, qui lui a remis sa récompense.

Elle empoche pour sa part la somme de 10 000 dollars.

Selon les rapports du jury, elle a écrit une oeuvre majeure dans son domaine, qui diversifie ses sources et qui fait preuve d’une grande qualité d’analyse. Au point d’enrichir le droit canadien. Rien de moins.

«C’est un honneur d’être parmi vous ce soir, a-t-elle lancé avant de parler de projet de longue haleine. On ne sait jamais vraiment quand ça va aboutir même si l’on ne le dit pas dans les demandes de subventions...!»

Au micro de Droit-inc, elle explique avoir essayé de créer un dialogue entre les différentes traditions juridiques en droit des biens, afin notamment d’identifier ce qui peut être commun au niveau des idées et des grands concepts sous-jacents dans ces grandes traditions.

À l’année prochaine!

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