La lourdeur bureaucratique pour faire venir des travailleurs qualifiés est le plus grand obstacle à la pénurie de main-d’œuvre, selon Adalberto Sauceda.
La lourdeur bureaucratique pour faire venir des travailleurs qualifiés est le plus grand obstacle à la pénurie de main-d’œuvre, selon Adalberto Sauceda.
Originaire du Mexique, Adalberto Sauceda s’est établi au Québec il y a presque 17 ans. Fondateur de l’entreprise Solutions à la mobilité internationale, il aide les commerces qui veulent recruter à l’étranger.

« Je ne m’attendais pas à cette demande. Je pensais avoir entre 20 et 25 mandats dans la première année. J’en ai eu 110. »

La lourdeur bureaucratique pour faire venir des travailleurs qualifiés est le plus grand obstacle à la pénurie de main-d’œuvre, selon Adalberto Sauceda.

« Les délais sont longs. On nous demande des diplômes, de l’expérience qu’on ne demanderait même pas à un travailleur québécois », illustre-t-il.
M. Sauceda revient d’une mission au Mexique pour recruter des travailleurs étrangers. Il cherche une centaine de cuisiniers pour des besoins à combler d’ici l’été.

« Je ne pense pas qu’on va trouver tout ça, mais on cherche activement », admet-il.

La restauration, une « jungle »

Le propriétaire du restaurant Myagi Bistro thaï et Sushi, Félix Lemieux, a peine à combler ses besoins avec des travailleurs du Québec.

« C’est carrément une jungle. Des références, ça n’existe plus dans le monde de la restauration. Dès qu’on déniche un cuisinier, on le prend et advienne que pourra », illustre l'homme d'affaires.

Le restaurateur de Limoilou s’est tourné vers l’étranger. Deux cuisiniers de l’Amérique du Sud travaillent dans sa cuisine.

« On parle de 8 mois avant qu’ils arrivent au Québec et qu’ils puissent travailler », souligne le propriétaire. C’est sans compter les frais d’environ 3000 $ pour ouvrir un dossier.

Des documents qui s'accumulent

L’avocat spécialisé en immigration Roger Pichette croit que le problème émane surtout de Service Canada, dont les délais pour répondre à un dossier se sont allongés depuis le printemps.
Les dossiers s’accumulent et l’organisme fédéral a peine à répondre à la demande.

« Avant, on pouvait obtenir les documents entre 8 et 12 semaines maximum. Maintenant, il ne se passe rien en bas de 20 semaines, même pour les cuisiniers, où le Québec a déjà déclaré une rareté de la main-d’œuvre », explique l’avocat.

Pour le recruteur Adalberto Sauceda, ces travailleurs étrangers sont la solution à une meilleure intégration.
« Le jour où ils vont vouloir avoir leurs résidences permanentes, ils seront beaucoup plus aptes à rester et à ne pas vouloir déménager ailleurs au Canada. »