Me Jean-Baptiste s’implique depuis des années auprès des plus démunis.
Me Jean-Baptiste s’implique depuis des années auprès des plus démunis.
Me Karine Jean-Baptiste est avocate recherchiste au Centre d’accès à l’information juridique (CAIJ). Et pendant son temps libre, les fins de semaine ou même le matin aux aurores, elle se consacre aux plus démunis.

Elle organise des collectes pour les itinérants puis met en place des événements de distribution. La première édition a eu lieu en septembre, la prochaine se déroulera le mardi 11 décembre au métro Place d’Armes. L’initiative grandit peu à peu.

Une distribution de repas mais aussi de vêtements chauds, de cartes-cadeaux, de cartes de Noël faites par des enfants, de billets d’autobus et de produits d’hygiène.

«En septembre, j’ai distribué des brosses à dents. Un monsieur s’est mis à pleurer : il ne s’était pas brossé les dents depuis deux semaines » raconte l’avocate à Droit-Inc.

Une vocation de toujours

Le désir d’aider les autres de Me Jean-Baptiste remonte à loin. Voilà des années qu’elle s’implique, d’une façon ou d’une autre, auprès des plus démunis.

«J’ai toujours été sensibilisée par ma famille et mon entourage. J’ai grandi à Montréal dans un quartier pas riche, et je voyais des familles avoir recours aux banques alimentaires ou à l’Armée du salut pour les vêtements donc j’ai toujours été consciente de cette réalité».

Pendant ses années d’étudiante en droit à Ottawa, elle commence à préparer et à distribuer des boîtes à lunch toute seule et s’implique comme bénévole dans différents organismes.

Une fois recherchiste à la Cour supérieure de Montréal, elle a poursuivi dans la métropole.

«À Ottawa, c’était plus petit : distribuer 50 boîtes à lunch me prenait toute une journée. À Montréal, ça partait comme des petits pains, c’était distribué en 15 minutes! Il fallait que je trouve de l’aide aussi pour que ce soit moins dispendieux. Je dépensais 150 $ par mois ».

Le déclic de son projet actuel est venu de sa rencontre avec une collègue à l’Université - désormais avocate - qui avait été itinérante et lui avait fait part de son expérience : le plus dur pour elle avait été l’indifférence, voire la méchanceté, qu’elle rencontrait.

Différents soutiens

Lorsqu’elle décrit son projet, la passion de Me Jean-Baptiste est contagieuse. C’est sans aucun doute ainsi qu’elle parvenue peu à peu à rassembler les soutiens.

« La dernière édition a coûté 700 $, uniquement des dons. Pour la prochaine, ce sera encore mieux, on a déjà 150 cartes-cadeaux de 5 $. Et il y a tout le reste ».

Entre son métier et le bénévolat, l’emploi du temps de l’avocate est bien chargé. Le matin avant d’aller au travail, elle distribue des invitations dans la rue pour la prochaine distribution. Mais elle est aussi bien entourée, aidée par ses collègues et amis.

« J’ai toujours été encouragée à poursuivre ce genre de projet par mes employeurs, que ce soit au CAIJ ou au service de recherche où je travaillais avant. Mes collègues n’arrêtent pas d’en parler, ils veulent participer, ils seront présents mardi... »

Un projet altruiste qui n’a que des retombées bénéfiques nous explique-t-elle.

« Pouvoir échanger avec les itinérants amène une perspective différente. Et les aider amène une certaine joie, faire du bien est relié à notre propre volonté de se sentir bien. Au sein de mon équipe de travail, ça a créé une atmosphère de célébration ».

Pour toucher plus de monde, elle a lancé une annonce Kijiji. Elle fait également beaucoup de démarches auprès d’organismes, et a obtenu des cartes-cadeaux chez Subway, Starbucks ou McDonald. Elle est par ailleurs joignable en tout temps via le CAIJ.

Cinq conseils pour aider les autres

Me Jean-Baptiste tient à partager quelques trucs et astuces pour aider son prochain :
  • Il faut donner de son temps. En tant qu’avocat, on est beaucoup sollicité mais on peut toujours trouver du temps. Et se rappeler qu’en côtoyant une communauté différente, on apprend beaucoup.
  • Dire bonjour, faire un sourire : reconnaître l’existence des autres, leur humanité.
  • Avoir des aliments non périssables avec soi, prêts à être donnés : une barre tendre, une compote… et demander un doggy-bag au restaurant, plutôt que de laisser la nourriture être jetée.
  • Donner ses vieux vêtements et accessoires chauds aux organismes plutôt qu’aux magasins qui les revendent. Et les organismes ont besoin d’aide toute l’année, pas seulement au moment des élans de générosité du temps des fêtes.
  • Donner de l’argent c’est bien, mais on peut aussi tout simplement appeler son organisme local et demander ce dont ils ont besoin : des choses aussi simples que les bas ou les produits hygiéniques pour femmes manquent souvent.