Mathieu Boily vient de réussir l'examen du Barreau.
Mathieu Boily vient de réussir l'examen du Barreau.
Pour se récompenser d’avoir réussi l’examen du Barreau, Mathieu Boily réalise enfin un voyage en Europe avec sa copine, chose dont il rêvait depuis plusieurs années.

Il faut dire qu’entre ses rêves de faire carrière au hockey, ses études en droit et la préparation de l’examen, l’étudiant-athlète n’a eu que très peu de temps pour lui au cours des dernières années.

« Me préparer à réussir l’examen du Barreau est définitivement l’épreuve la plus difficile que j’ai eu à affronter dans ma vie », confie-t-il à Droit-Inc au bout du fil, depuis sa chambre d'hôtel en France.

Comme dans son passage dans le monde du hockey, c’est en s’établissant des horaires de travail exigeants que le futur avocat y est parvenu.

« J’avais des cours de huit heures à midi. Je me prenais une petite pause jusqu’à quatorze heures et demi et j’étudiais jusqu’à vingt-deux heures, pendant presque quatre mois. »

La clef de son succès? Lire toutes les annexes, toutes les lois et concentrer ses études sur les sujets précisés par le Barreau.

Puis, pour gérer son stress, l’athlète allait jouer au hockey ou s'entraînait au gymnase afin de se libérer l’esprit.

« Le sport, ça toujours été mon échappatoire. Tant que j’étais actif, je ne pensais plus à mes examens », témoigne-t-il.

Une conciliation possible

Lors de sa première année au baccalauréat en droit à l’Université d’Ottawa en 2015, Boily était capitaine des Flames de Gatineau, dans la Ligue Junior AAA.

Les voyages aux quatre coins du Québec sont fréquents au sein de ce circuit où une cinquantaine de matchs sont disputés par année.

Mathieu Boily dans son costume de nouveau diplômé.
Mathieu Boily dans son costume de nouveau diplômé.
« Mes entraîneurs étaient compréhensifs : ils me laissaient faire ce que j’avais à faire et même manquer quelques pratiques, se rappelle-t-il. Disons qu’étudier dans l’autobus pendant que j’entendais les gars jaser n’était pas toujours facile! »

Au final, on peut dire que tout s’est bien déroulé pour l’étudiant, qui s’est vu décerner le titre d’étudiant-athlète de l’année par son université et par sa ligue, en plus de se retrouver sur le palmarès du doyen en 2018.

Reste que si tout était à refaire, il aimerait revoir certains de ses examens…

« Des fois, à la place d’étudier, on a envie de faire un paquet d’autres choses. Je pense que j’aurais pu mieux répartir mon temps pour quelques examens. Au bout de la ligne, j’ai passé mon examen du Barreau et c’est ça qui compte. »

Plan B

La conciliation hockey-études, c’est bien, mais le défenseur robuste s’imaginait bien plus porter l’uniforme d’une des 31 équipes de la Ligue nationale de hockey (LNH) qu’une toge!

Le nouvel avocat est aussi un joueur de hockey féroce.
Le nouvel avocat est aussi un joueur de hockey féroce.
Blessé à plusieurs reprises aux épaules, la natif de la rive-nord de Montréal a dû tant bien que mal mettre une croix sur sa carrière de hockey professionnelle, une décision qu’il qualifie de « difficile à avaler ».

Ce sont des films et des séries télé telles que Suits qui ont poussé le hockeyeur à s’inscrire en droit.

« J’aime parler! Quand j’ai découvert que le litige serait une manière de la faire, j’ai décidé de poursuivre mes études en droit. »

Justement, il se retrouve aujourd’hui stagiaire au sein de AGML conseillers juridiques, une pratique basée à Sainte-Thérèse qui se spécialise en litige civil et immobilier.

Son passage dans le hockey lui aura permis d’évoluer sous le joug du célèbre Patrick Roy, « le meilleur coach qu’il ait eu de sa vie », et de faire soulever les foules des arénas Ligue junior majeur du Québec (LHJMQ) avec des bagarres ou de violentes mises en échec.

« J’aimais me battre pour changer le momentum d’un match. Je n’ai jamais hésité à sauter dans le tas pour protéger mes coéquipiers », raconte le colosse de six pieds quatre et 210 livres.

Caressant désormais l’ambition de fonder son propre cabinet, Mathieu Boily réalise que le hockey lui a inculqué la discipline, une qualité qu’il juge essentielle au succès des étudiants en droit.

« Des fois, tu n’as pas envie de te mettre dans tes livres, mais il faut que le fasses. C’est en se concentrant sur ce qu’on veut accomplir qu’on y parvient. »