Me Jimmy Lambert a intenté une demande d’autorisation d’exercer une action collective contre Apple.
Me Jimmy Lambert a intenté une demande d’autorisation d’exercer une action collective contre Apple.
Le 28 janvier, les médias se sont fait l'écho d'une importante faille de sécurité touchant Facetime, l'application d'appels vidéos installée sur les produits Apple.

Cette faille permettait à un utilisateur d’entendre, voire même, dans certains cas, de voir ce qui se passait chez l'interlocuteur qu'il tentait de joindre avant même qu'il ne décroche.

Peu après cette révélation, Apple a désactivé la fonction Groupe de l'application qui serait à l'origine du bogue. Une « réaction insuffisante », selon Me Jimmy Lambert, qui a intenté dès le 29 janvier, une demande d’autorisation d’exercer une action collective contre la marque à la pomme.

Plus de mille inscrits

L'avocat représente un étudiant montréalais de 20 ans mais « plus de 1000 personnes se sont déjà inscrites », a-t-il précisé à Droit-inc. Parmi elles, « plusieurs dizaines ont des preuves concrètes ».

Ses arguments sont de trois ordres. D'abord, il reproche à Apple d'avoir omis « de prendre toutes les mesures raisonnables pour que les systèmes soient exempts de bogue ». « La faille n'a même pas été détectée à l'interne », a-t-il commenté.

Publicité mensongère

Ensuite, il soutient qu'Apple méconnaît la loi sur la protection du consommateur.

« Ils ont fait de la fausse représentation. Ils prétendent dans leurs publicités que la sécurité et la vie privée des utilisateurs sont importantes et que ces utilisateurs gardent toujours le contrôle sur leurs informations personnelles », affirme Me Lambert. De plus, « Apple se vante que l'IOS est le système le plus sécuritaire ».

Dernier grief : Apple n'a pas informé les utilisateurs de cette faille « alors qu'ils étaient au courant depuis le 20 janvier ! ». La faille a en effet été découverte neuf jours avant qu'elle soit rendue publique par un garçon de 9 ans dont la mère avait tenté de prévenir l'entreprise, en vain.

Selon Me Lambert, « Apple n'a géré la crise que parce qu'elle est sortie dans les médias ».

Du droit nouveau

L'action collective n'a pas encore été autorisée par un juge. « Il faut la signifier à Apple aux États-Unis, donc ça étire les délais » nous a précisé l'avocat.

Si elle était autorisée, elle permettrait à la justice de répondre à des questions de droit nouvelles et de créer un précédent. « C'est du droit nouveau, il n'y a pas encore eu de jugement en la matière », a indiqué Me Lambert.

Pour lui, « c'est important dans une société libre et démocratique de s'assurer que, quand il y a des violations si importantes, les bureaux prennent les choses en main et les avocats interviennent pour prendre des actions concrètes ». D'autant qu'au Québec, quelque 1,26 million de personnes utilisent un produit Apple...