Les femmes qui postulent sont plus souvent « hautement recommandées » que leurs collègues masculins.
Les femmes qui postulent sont plus souvent « hautement recommandées » que leurs collègues masculins.
« Sans recommandation », « recommandé », « hautement recommandé » : voici les mentions selon lesquelles sont classées les candidatures à la magistrature.

Et si l’on en croit les données dévoilées par le Commissariat à la magistrature fédérale Canada, les femmes qui postulent sont plus souvent « hautement recommandées » que leurs collègues masculins.

En effet, 22 % des candidates (64 sur 286) sur l’année 2018 ont reçu cette mention, contre 18 % des hommes postulants (61 sur 343). Une tendance confirmée par les chiffres des rejections, si 64 % des avocats ont été jugés « sans recommandation » par l’un des 17 Comités consultatifs à la magistrature, seulement 54 % des avocates ont subi le même sort.

De quoi permettre au ministre de la Justice d’appuyer avec des données concrètes le fait que les nominations soient exclusivement effectuées sur la base du mérite. Un principe remis en cause par le Globe And Mail en 2017 : la publication accusait à l’époque la ministre Wilson-Raybould de faire passer les avocates devant des juristes plus compétents, indique The Lawyer’s Daily.

Historiquement, les femmes postulent moins

Les candidatures déposées sont historiquement minoritaires par rapport à celles effectuées par des hommes. Ainsi, en 2017 sur les 997 postulants souhaitant rejoindre les cours supérieurs, les femmes ne représentent que 43 % de l’ensemble du panel.

Un état de fait qui est en train de changer. Cette année, alors que le nombre de demandes a baissé drastiquement suite à une réforme du processus, les femmes sont devenues majoritaires. Avec 137 candidatures contre 115 de la part des hommes, elles représentent 54 % des profils.

Une inversion de la courbe qui tend à prouver que les femmes n’ont plus peur de viser ces postes et estiment avoir les compétences requises pour le faire. Il ne faut par contre pas ignorer le fait qu’elles continuent de se sous-estimer.

Si ce constat est d’autant plus recevable, c’est notamment parce qu’elles reçoivent majoritairement de meilleures mentions. Cela vient donc à prouver qu’elles visent à se constituer un dossier de plus grande qualité que leurs collègues masculins pour postuler aux mêmes postes.

Actuellement, même si la tendance est à l’augmentation, seulement 40 % des juges fédéraux sont des femmes.