Steven Moses, associé et directeur du groupe Fiscalité chez PSB Boisjoli.
Steven Moses, associé et directeur du groupe Fiscalité chez PSB Boisjoli.
La photo du «but du siècle», marqué par Paul Henderson dans le 8e match du Canada contre l’URSS, en 1972, est autographiée par Vladislav Tretiak. Et par Paul Henderson, bien sûr.

La photo, encadrée, côtoie la Une du Sports Illustrated où sourit feu Gary Carter, et une autre encore où Pedro Martinez lance sa fameuse balle rapide.

Les anecdotes sportives émaillent la discussion avec Steven Moses, associé et directeur du groupe Fiscalité chez PSB Boisjoli : une rencontre fortuite avec le Rocket de Laval aux États-Unis, le bon temps passé avec l’ex-instructeur des Expos et des Marlins Pierre Arsenault… qu’il raconte en réitérant son offre de chocolat, dont il garde toujours une provision dans son bureau.

« J’aurais voulu être un agent »...

Entraîneur de hockey et de baseball, dans des ligues mineures de l’ouest montréalais. « Si je n’avais pas été comptable, j’aurais été agent d’athlète », dit-il.

Il a d’ailleurs quelques athlètes professionnels dans sa clientèle, à qui il prodigue conseils et services relatifs à la fiscalité transfrontalière ou au transfert de patrimoine par exemple.

Steven Moses a grandi avec l’entreprise dont il dirige aujourd’hui le service de fiscalité. D’une boutique comptable de 35 personnes, PSBBoisjoli compte aujourd’hui 200 personnes, dont 160 professionnels.

Surtout des comptables, mais également des avocats.

Se positionnant notamment comme un guichet unique en matière de fiscalité, de comptabilité et d’évaluation financière, PSB Boisjoli propose ainsi les services de ses avocats-conseils. Dont certains travaillent au sein du groupe fiscal dirigé par celui qui est également l’entraîneur de l’équipe de hockey du cabinet, qui évoluait jusqu’à tout récemment dans la ligue DWHL, dans l’Ouest de l’île de Montréal.

« Il ne s’agit pas que de déployer une stratégie fiscale, pour une entreprise ou une succession. Il faut aussi que la stratégie soit béton et ne prête pas flanc au litige », explique Steven Moses.

Des juristes en amont

Et pour ça, il ne s’agit pas que de faire appel aux avocats. Encore faut-il que ce soit les bons juristes, aptes à résoudre un problème précis. « J’ai eu un cas récemment, où une femme a reçu des conseils juridiques. Résidente américaine, elle voulait renouveler sa citoyenneté canadienne. Elle fait affaire avec un avocat en immigration… et voilà qu’elle découvre, à la mort de son mari, qu’elle ne peut en tirer aucun avantage fiscal! »

Tout le planning successoral établi par le juriste américain était complètement faussé.« On appelle ça conduire sans permis », commente Steven Moses.

Depuis 30 ans qu’il pratique, le comptable constate que tant les gens que les entrepreneurs font souvent appel aux avocats en réaction à une situation : on a un litige entre actionnaires, des conflits au sujet de l’héritage, ou encore des problèmes avec une transaction immobilière.

Cependant, un avocat est très utile pour valider une stratégie, avant son exécution. C’est pourquoi PSB Boisjoli compte plusieurs membres du Barreau pour donner davantage de relief aux conseils fiscaux.

« D’ailleurs, nous venons de recruter un juriste d’un grand cabinet. Il souhaite venir avec nous parce que, dit-il, ‘’c’est avec les comptables que tout commence’’.»

Du réseautage

Pour parfaire son savoir, Steven Moses compte beaucoup sur le réseautage avec d’autres professionnels. « Il faut que je puisse appeler un avocat pour poser des questions sur le droit applicable à une situation, tout autant que ce dernier doit pouvoir m’appeler pour clarifier un point fiscal dans un de ses dossiers. »

Et comme le hasard fait les choses, le téléphone du comptable sonne pendant l’entrevue : un avocat l’appelle justement pour qu’il l’aide à démêler une question fiscale dans un dossier transactionnel.

La diversification de PSB Boisjoli ne s’arrête pas là. Le cabinet a ainsi mis sur pied un sous-groupe de R&D, composée de 3 ingénieurs.

« Nous faisons beaucoup de conseils pour les manufacturiers qui cherchent à obtenir des crédits d’impôts pour des activités de recherche scientifique et de développement expérimental. Avec des ingénieurs sur place, nous pouvons les conseiller sur les aspects techniques, et on peut donc accompagner nos clients du début à la fin du processus de demande. »

Cela s’ajoute à la planification fiscale de l’entreprise, « dont l’objectif est d’accroître les bénéfices et le capital des clients ».

Par ailleurs, on propose des services connexes, comme la planification successorale, la relève d’entreprise, les conventions d’actionnaires, la protection d’actifs et les restructurations transfrontalières.

Tomber dans la fiscalité

Alors que son père aurait voulu que Steven Moses soit avocat, le jeune homme a plutôt commencé des études en sciences de la santé. « Mais j’étais un peu trop délicat pour la médecine », dit-il, justifiant ainsi son choix de la comptabilité.

Il obtient son titre en 1987, après des études à McGill, et commence immédiatement dans le bureau de Ptack Schnarch Basevitz, qui allait devenir PSB. Puis, en 2008, les comptables fusionnent avec le cabinet Boisjoli Sabbag. « Nous avons conservé le nom, pour refléter que nous sommes une entreprise parfaitement bilingue », explique Steven Moses, qui est associé de la boîte depuis 1993.

Après un été passé à faire des audits et de la vérification, dès ses débuts il comprend que ce n’est pas sa tasse de thé. C’est alors qu’il goûte à la fiscalité. Et il n’en démord plus depuis.»

Les défis intellectuels sont nombreux dans cette pratique, notamment quant à la nécessaire interprétation des lois en vigueur.

Et la fiscalité est souvent la porte d’entrée des clients qui font appel à PSB Boisjoli, car « c’est avec la fiscalité qu’on les enrichit! »