Droit-inc a sondé les doyens des facultés de droit.
Droit-inc a sondé les doyens des facultés de droit.
La faculté de droit de l’Université de Sherbrooke (UdeS) se cherche un nouveau doyen!

Après avoir occupé ce poste pendant près de huit ans, Me Sébastien Lebel-Grenier ne pourra solliciter un troisième mandat consécutif, tel que stipulent les statuts de l’UdeS.

La faculté a donc mis sur pied un collège électoral ainsi qu’un comité de mise en candidature dans le but de lui trouver un successeur.

Mais au fait, comment parvient-on à un poste de cette envergure?

Droit-Inc a sondé les doyens d'autres facultés de droit de la région afin de répondre à la question.

Me Sébastien Lebel-Grenier.
Me Sébastien Lebel-Grenier.
L’expérience universitaire

Tout d’abord, il faut savoir que le processus de sélection de doyens est différent dans toutes les facultés de droit. À l’Université de Montréal (UdeM), la sélection est effectuée par le comité d’administration, sous recommandation d’un comité spécial.

« Concrètement, j’ai informé mes collègues de mon intérêt pour le poste, puis j’ai monté un document dans lequel j’exposais mes idées. J’ai ensuite été appelé à les présenter à une audience », décrit Me Jean-François Gaudreault-DesBiens, qui est doyen de la faculté de droit de l’UdeM depuis 2015.

Lorsqu’est venu le temps de postuler sur ce prestigieux poste, Me Gaudreault-DesBiens misait déjà sur une expérience universitaire béton.

Me Jean-François Gaudreault-DesBiens.
Me Jean-François Gaudreault-DesBiens.
Titulaire d’une mention en droit civil et common law, puis d’une maîtrise en droit obtenue à l’Université Laval, il a cumulé 18 ans en tant que professeur à l’UdeM, l’Université de Toronto et l’Université McGill.

À ses yeux, c’est toute cette expérience dans le milieu qui lui a permis de décrocher son poste.

« Je mettais en avant mes idées quant aux orientations facultaires, raconte-t-il. J’avais aussi une bonne connaissance interne de notre faculté. Il y a beaucoup de choses assez complexes à savoir quant au fonctionnement d’une université, alors j’avais mis de l’avant cette expérience-là. »

Une vision similaire

Me Céline Lévesque.
Me Céline Lévesque.
Tout comme Me Gaudreault-DesBiens, Me Céline Lévesque, doyenne de la section droit civil de l’Université d’Ottawa, avoue que ses connaissances de la culture de la faculté lui ont permis d’obtenir son poste en 2014.

Avant sa nomination, celle dont le mandat prendra échéance cette année a occupé le poste de vice-doyenne aux études de la section droit civil de l’Université, enseigné plusieurs cours à la faculté, puis participé à une panoplie de publications.

« Je connaissais bien l’environnement de la faculté. Je savais qu’il fallait que je prenne en compte qu’elle comprenait deux sections, qu’elle était bilingue et ouverte sur le monde », commente-t-elle.

Il faut dire que le profil de la faculté cadrait bien avec celui de la juriste, qui a mis de l’avant le fait qu’elle est une « internationaliste de formation et de coeur » devant le comité de sélection central et le chasseur de têtes délégués par la faculté ontarienne pour embaucher un doyen.

« Je voulais prouver à la faculté que j’allais lui permettre de conserver son environnement convivial, la proximité entre ses étudiants, son corps professoral et son personnel puis de faire rayonner ses secteurs de recherche. »

En catimini

C’est également avec une forte expérience au sein de sa faculté que Me Robert Leckey est parvenu à devenir doyen à l’Université McGill.

Tout comme le doyen de l’Université de Sherbrooke, Me Leckey cumulait dix ans d’expérience en tant que professeur dans sa faculté avant de faire son entrée en poste.

Me Robert Leckey.
Me Robert Leckey.
Cependant, il ne misait sur aucune expérience externe, contrairement au doyen de la faculté de droit de l’UdeM, qui avait pratiqué pendant quatre ans chez Lavery, et à la doyenne de l’Université d’Ottawa, qui a notamment oeuvré trois ans à la Banque mondiale de Washington.

Cela n’a pas empêché le chasseur de têtes puis le comité consultatif mis en place par la faculté de le sélectionner.

« Tout s’est déroulé de manière confidentielle, ajoute-t-il. Dans une lettre de présentation, j’ai expliqué ma vision de ma faculté, en analysant comment améliorer ses points forts », raconte-t-il.

Une faculté, c’est comme un bateau

D’ailleurs, rédiger une lettre de motivation sera la première étape que devront franchir les prétendants au poste de doyen de l’Université de Sherbrooke. Dans celle-ci, les candidats devront aborder leur conception du rôle et leurs valeurs.

Ceci dit, le doyen de l’Université McGill met en garde les candidats lorsque viendra le temps d’exposer leur vision.

« Un doyen doit être un leader, mais d’un autre côté, lorsqu’on prend en compte toutes les contraintes qu’on peut retrouver dans une faculté, on constate qu’on ne pourra pas mettre en oeuvre toutes ses nouvelles idées. Une faculté, c’est un grand bateau: elle ne peut pas pivoter trop rapidement. »

Pour avoir un impact sur une faculté, les trois doyens consultés estiment qu’il faut bien connaître ses forces et faiblesses.

Une énorme dose d'énergie

« Il faut penser aux manières de l’amener ailleurs, en consolidant ses forces et faiblesses. C’est la meilleure façon de bien l’évaluer, en proposant un diagnostic et des voies d’action », analyse le doyen de l’UdeM.

Autre point sur lequel ceux-ci sont unanimes: l’importance du rôle administratif venant avec le mandat de doyen.

Contact avec les étudiants, le barreau, la chambre des notaires, les associations étudiantes, les chercheurs… le poste demande également une énorme dose d’énergie au quotidien.

Mais s’il n’en tient qu’à nos trois interlocuteurs, le jeu en vaut définitivement la chandelle.

« Sincèrement, c’est vraiment un privilège d’occuper ce poste, confie Me Leckey. On a la possibilité d’avoir un contact significatif avec les étudiants, de jouer un grand rôle dans leur formation juridique. C’est un poste magnifique. »

Alors, avez-vous ce qu’il faut?