L’Université de Sherbrooke a honoré l’enseignante en droit Me Katheryne Desfossés.
L’Université de Sherbrooke a honoré l’enseignante en droit Me Katheryne Desfossés.
C’est dans le cadre de la cérémonie de remise des Prix reconnaissance de la qualité de l’enseignement le 26 février dernier que l’Université de Sherbrooke a honoré l’enseignante en droit Me Katheryne Desfossés.

Avec ce prix, la fac a notamment salué son grand dynamisme et ses qualités de pédagogue. Un prix qui l’a « emballée » dit-elle, mais avant tout parce que d’anciens étudiants en ont profité pour lui envoyer des messages pour la remercier.

Et quand Me Desfossés n’enseigne pas le droit des obligations II à sa cinquantaine d’étudiants par session (et une bonne vingtaine à l’École du Barreau pour le droit des contrats!), la Barreau 2003 pratique en litige et droit des assurances au bureau de Drummondville de Cain Lamarre.

Auparavant, elle a exercé pendant sept ans en litige d’assurance, civil et commercial chez IMK et a été clerc à la Cour canadienne de l’impôt à Ottawa.

Qu’est-ce qui explique son succès? Droit-inc a voulu en savoir plus!

Droit-inc : Comment avez-vous accueilli ce prix?

Me Katheryne Desfossés : J’étais emballée, c’est sûr que ça fait plaisir de se dire qu’on considère mon travail, mais ce qui me fait le plus plaisir ce sont les messages que j’ai reçus de mes anciens étudiants qui m’écrivent pour me remercier de mon enseignement, me dire que je leur ai donné le goût de pratiquer en droit, que je les ai motivés. C’est pour cela qu’on enseigne : transmettre notre passion pour le droit.

Voilà 12 ans que vous enseignez le droit des obligations à Sherbrooke. La fac a indiqué qu’il s’agissait d’un domaine complexe à enseigner, et très exigeant. Pourquoi?

À cause du volume de dispositions du code civil que l’on voit, et il y en a beaucoup. Ce sont des concepts qui pris isolément sont simples mais qui quand il faut les identifier dans le réel, sur une trame factuelle, et les faire fonctionner ensemble, sont plus difficiles.

Car ces concepts - de solidarité, de cession de créance, d’action en inopposabilité par exemple - ne sont pas faciles, et ils ne viennent pas seuls, il faut voir comment ils se marient ensemble.

Quelle méthode d’enseignement avez-vous choisi d’appliquer?

Je leur donne des exemples concrets. Mes 12 ans d’expérience font que je connais le cours par coeur, je sais les questions qui vont venir, les questionnements que ça va engendrer chez les étudiants. Mais… il n’y a pas de formule magique!

L’Université de Sherbrooke a notamment salué son grand dynamisme et ses qualités de pédagogue. Photo : Michel Caron.
L’Université de Sherbrooke a notamment salué son grand dynamisme et ses qualités de pédagogue. Photo : Michel Caron.
Que vous apporte votre connaissance de la pratique?

Justement, cela me permet de leur donner des exemples concrets. Même si ce sont de jeunes adultes, ils sont comme des enfants qui apprennent des notions nouvelles, ils veulent savoir : pourquoi? comment? J’apporte des exemples de clients, de situations ou de dossiers et on voit comment tel ou tel concept s’applique.

Qu’est-ce qui est le plus challengeant en enseignement?

Les défis ont évolué au fil des années. Au début, le plus difficile est de maîtriser sa matière. Avec l’aide de collègues professeurs, on apprend à enseigner. Douze ans plus tard, le défi c’est l’étudiant d’aujourd’hui. La génération actuelle d’étudiants en droit est très ambitieuse, les étudiants sont très anxieux de performer et il y a une composante où il faut les rassurer, leur dire que ça va aller, un jour à la fois.

Avez-vous la sensation de jouer un rôle de modèle dans vos deux rôles?

Je l’espère, et j’espère que c’est un modèle positif. La réalité veut qu’en droit tous les confrères n’ont pas la même vision de comment pratiquer le droit et j’ai eu la chance d’apprendre avec des personnes extraordinaires avec de belles valeurs et un sens du savoir-être que j’essaie d’appliquer à ma pratique et que je souhaite que les étudiants appliquent aussi.

Qu’est-ce que vous conseillez aux jeunes juristes pour réussir tout en étant épanouis?

Pour réussir, c’est sûr que ça prend de l’effort, il faut être travaillant, ce n’est pas un domaine facile. Et pour s’épanouir et être heureux, il faut que ce soit une passion, mais aussi que notre vie ne soit pas que ça… ce qui n’est pas toujours facile quand on a la passion!

C’est un défi auquel vous-même vous vous êtes trouvée confrontée?

Ah! Je ne sais pas si je suis un bon exemple! (Rires) Je ne fais pas vraiment la distinction entre la personne et l’avocate… donc oui… c’est quelque chose que j’ai appris avec le temps, mais je ne peux dire que j’y suis encore complètement parvenue!