Me Kim Bergeron, conseillère juridique.
Me Kim Bergeron, conseillère juridique.
Me Kim Bergeron a été admise au Barreau en 2010 après un baccalauréat en droit à l'Université de Montréal. Elle a fait toute sa carrière en entreprise dans le droit et la finance.

Elle a exercé comme analyste chez Otéra Capital entre 2012 et 2015, avant de décrocher un MBA à HEC où elle a d'ailleurs enseigné en Leadership et gestion de projet. Me Bergeron a ensuite rejoint l'Institut de cardiologie de Montréal en 2016 comme conseillère principale, dons majeurs et planifiés pendant près de deux ans.

Après avoir été Directrice, Partenariats et affaires juridiques chez Mitacs pendant un an, elle a rejoint Desjardins comme conseillère juridique en février dernier.

Elle nous a parlé de son travail, de sa vision du métier de conseillère juridique et de son parcours.

Droit-inc : Quelles sont vos fonctions exactement?

Me Kim Bergeron : Je travaille dans l'équipe juridique du régime des rentes de Desjardins. Nous représentons l'intérêt des participants aux fonds de pension, nous vérifions les investissements potentiels. Je travaille sur des questions d'ordre fiscal, légal et je fais de la vérification diligente. Il y a beaucoup de vérifications à faire car il faut notamment s'assurer que ces investissements sont sûrs et rentables pour nos clients.

Ça ressemble à quoi la journée d'une conseillère juridique chez Desjardins?

C'est un travail classique de vérification par ordinateur. Mais on travaille avec les gens de chaque département et en coopération avec ceux qui vont chercher des investissements. Ce sont des semaines traditionnelles de 40 heures, mais si on a un closing, ça peut atteindre les 50 heures.

Pourquoi avez-vous choisi de travailler en entreprise plutôt qu'en cabinet?

Ça date du tout début de ma carrière. Je me suis faite les dents en entreprise, j'ai appris les rouages du travail d'avocat en financement dans ce type d'environnement. Ensuite, j'ai fait un MBA à HEC Montréal car j'aimais le côté grande entreprise. Beaucoup de modèles autour de moi avaient fait cette combinaison droit/HEC.

Ça a été un moment important pour faire du réseautage et pour faire de l'introspection sur ce que je voulais faire de ma carrière. Et je pense que c'est important d'être capable d'être flexible et mobile, de pouvoir être un caméléon en fonction de mes envies.

La juriste, aujourd’hui chez Desjardins.
La juriste, aujourd’hui chez Desjardins.
Quelles-sont les qualités d'une bonne conseillère juridique selon vous?

Il faut être passionnée de son unique client, c'est vraiment important. Je suis accrochée à Desjardins, c'est cette entreprise que je représente et tout ce que je veux c'est devenir une experte de ce client-là. Il faut également être à l'aise avec un travail de bureau mais aussi avec une variété de dossier. En entreprise, on peut avoir un jour une question en ressources humaines et le lendemain en fiscalité. Il faut être polyvalent et curieux.

Avez-vous des conseils à donner aux étudiants qui voudraient devenir conseillers juridiques?

Il faut commencer plus tôt que tard à découvrir cette voie-là. La promotion des opportunités en entreprise sont plus présentes qu'avant mais, par exemple ce n'est pas dans la course aux stages qu'on en entend parler, ça reste assez camouflé.

Quand je faisais mon baccalauréat, j'ai découvert ces possibilités grâce à mes implications philanthropiques. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à réaliser qu'il y avait une panoplie d'offres d'emplois que je n'avais pas en tête jusque-là.

Pour parler un peu de vous et de votre profil, pourquoi avez-vous choisi de faire du droit?

On m'a toujours décrite comme quelqu'un qui aime parler, représenter et comme quelqu'un qui voit les zones grises. Ça a toujours été dans ma nature. Mais en même temps, j'avais un grand intérêt pour le monde des affaires. J'ai longtemps hésité d'ailleurs, et j'ai même fait une année en management à McGill avant d'aller en droit. En fait, je n'ai pas une vocation juridique tatouée sur moi, disons que c'est plutôt une trame de fond.

Vous avez aussi travaillé dans le milieu philanthropique, qu'est-ce qui vous a attiré dans ce domaine?

Oui, j'ai travaillé à l'Institut de Cardiologie de Montréal pendant près de deux ans. C'était un travail type contentieux. Je retrouvais l'aspect de représentation d'une organisation et la nécessité de toujours faire primer les intérêts des patients. J'ai toujours été très impliquée dans des associations sans y avoir jamais travaillé. Je voulais me faire une idée de l'autre côté de la médaille mais, au final, j'étais plus confortable à retourner à mes premières amours, en financement.

Pourquoi êtes vous retournée au droit d'ailleurs?

Le droit c'est un raisonnement, une façon d'être, une personnalité même. On est ou on n'est pas juriste. Je me sens confortable dans ces emplois-là. Ça me permet de combiner l'analyse stratégique et aussi tout le côté légal qui vient avec ça.

Et maintenant, c'est quoi la suite?

Je vis une période très inspirante car j'ai vraiment trouvé ma famille d'entreprise chez Desjardins, j'ai trouvé chaussure à mon pied! C'est une organisation qui encourage les jeunes à rester longtemps, on se sent bien encadré. Je m'y vois rester très longtemps en tout cas! Je suis quelqu'un qui aime la polyvalence - j'ai même assumé une charge de cours à HEC pendant un temps - mais je continue mes implications philanthropiques.