Justine Kochenburger remporte les suffrages devant Mathieu Lacasse et Étienne de Blois.
Justine Kochenburger remporte les suffrages devant Mathieu Lacasse et Étienne de Blois.
Les résultats sont tombés mercredi : la présidence de l’Association des étudiants en droit de l’UdeM (AED) passe des mains de Sarah E Fortin à celles de Justine Kochenburger, élue avec 262 voies.

Elle remporte les suffrages devant deux autres candidats - Mathieu Lacasse (95 votes) et Étienne de Blois (219 votes). Il y a eu 80 votes d'abstention.

Cette course à la présidence n’aura toutefois pas été de tout repos pour la jeune femme, ni pour les autres candidats. En particulier pour le trésorier de l’association Étienne de Blois qui a subi moult critiques de ses camarades avant de se voir forcé à retirer sa candidature.

Les faits

Tout a commencé avec une lettre, rédigée par « d’autres candidats » comme l’indique Étienne de Blois dans une publication Facebook. Une lettre dans laquelle il était accusé d’être responsable d’un « climat de terreur » à l’association ainsi que « d’une trésorerie dictatoriale ».

La rivale de Étienne De Blois à la course à la présidence, Justine Kochenburger, aurait notamment émis une plainte à son égard en raison d’un « comportement agressif », tel que mentionné dans la publication d’une autre étudiante, Alyssia Marchetta.

Selon nos sources, l’incident se serait déroulé le 22 mars dernier, dans un autobus, lors de l'événement « Cabane à sucre : Droit & Med ».

« J’ai dû répondre, avec absolument aucun contexte, à des allégations telles “Étienne n’écoute pas lorsqu’on lui parle” et allant jusqu’à des fabulations dans lesquels j’aurais commis des crimes », s’est défendu Étienne De Blois sur sa page Facebook.

Quatre heures de délibérations!

À la suite d’une délibération de quatre heures du CA avec la Direction des Élections, réunis dans l’urgence, Étienne de Blois a été forcé de retirer sa candidature.

Toujours selon Alyssia Marchetta, le CA et la Direction auraient examiné les témoignages individuels de 19 candidat(e)s portant sur les actions de l’étudiant durant les 6 jours qu’a duré la campagne.

Selon la membre du CA, qui s’est exprimée sur Facebook à titre personnel, ils ont choisi d’agir comme un comité d’éthique et ont donc considéré les règles de preuve de différents comités de discipline, notamment celui du code des professions et de la force policière.

Étienne de Blois n’a pas manqué de réagir sur les réseaux sociaux et s’est dit « peiné et touché par le vice profond de procédure et le manque évident de transparence du processus décisionnel. »

Toutefois, l’affaire ne s’arrête pas là …

En effet, une Assemblée générale, tenue le 27 mars et vivement critiquée par les étudiants, devait décider si la décision de retirer Étienne de Blois de la course devait être renversée ou non, et s’il pouvait réintégrer celle-ci.

Finalement, à l’issue d’un vote, dans une salle apparemment pleine à craquer selon les nombreux témoignages publics des étudiants sur les réseaux sociaux, Étienne de Blois a pu réintégrer la Course... qu’il a finalement perdue avec un écart de 43 votes !

Une assemblée au « climat malsain »

Dans une lettre publiée dans le Pigeon Dissident, journal étudiant de la Faculté de droit, trois étudiants, Marc-Antoine Gignac, Arianne Morin-Aubut et Grecia Esparza ont dénoncé le déroulement de cette assemblée.

Ils ont ainsi pointé du doigt son « climat malsain », ou le fait qu’il s’agissait à leur avis d’un « tribunal d’opinion populaire ».

« Nous avons entendu des attaques personnelles, des sous-entendus, des fameux « ouï-dire », mais aussi des sophismes, des arguments fallacieux, des contradictions sémantiques, des appels à l’autorité ou aux sentiments. Rien de tout cela n’a sa place ni dans une assemblée générale, ni dans la bouche des « futurs juristes » que nous nous targuons d’être », ont-ils écrit.

De plus, ils critiquent « le délai trop court à l’intérieur duquel l’Assemblée a été convoquée (2h à l’avance) », alors que l’article 18 des règlements généraux de la faculté stipule que même dans le cas d’une assemblée d’urgence, un délai de 24h est requis.

Depuis hier, la poussière semble quelque peu retombée...

Étienne de Blois a salué la victoire de Justine Kochenburger sur les réseaux sociaux, ainsi que le « courage électoral » de Mathieu Lacasse. Ce dernier lui a d’ailleurs répondu : « Sois fier de toi mon chum », suivi d’un coeur.

Droit-Inc a contacté les trois signataires de cet article, Marc-Antoine Gignac, Arianne Morin-Aubut, Grecia Esparza, ainsi que les candidats à la présidence Justine Kochenburger et Étienne De Blois, sans obtenir de réponse.