Tiran Rahimian Balgiran.
Tiran Rahimian Balgiran.
Le 14 avril prochain, Tiran Rahimian Balgiran, un étudiant de quatrième année de la faculté de droit de l’Université McGill, a reçu la Médaille du Lieutenant-gouverneur pour la jeunesse des mains de l’honorable Michel Doyon.

Remise aux étudiants canadiens de moins de 29 ans, celle-ci souligne l’engagement bénévole au niveau social et communautaire, ainsi que le rayonnement positif dans un groupe ou une communauté.

Un simple coup d’oeil au curriculum vitae de l’étudiant suffit pour comprendre pourquoi la direction de sa faculté de droit a soumis sa candidature…

Au cours des trois dernières années, Tiran Rahimian Balgrian a été assistant de recherche au Centre international pour la prévention de la criminalité, ainsi qu’au département des sciences juridiques de l’UQAM. Il a également été chargé de dossiers chez Action Réfugiés Montréal, éditeur associé d’une Revue de droit de McGill, et a travaillé au Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) ainsi qu’à la Clinique juridique itinérante.

En plus de tout cela, l’étudiant a fait des stages en tant qu’auxiliaire juridique à la juge Nicole Duval Hesler et au Centre canadien pour la justice internationale. Il a aussi complété deux stages à New York, au Human Rights Watch et au Conseil des droits de l'homme des Nations unies.

Droit-Inc s’est entretenu avec le futur juriste ambitieux qui parvient à garder son calme malgré un emploi du temps bien garni.

Droit-Inc : Comment avez-vous concilié le travail, les études et vos implications au cours des dernières années?

Tiran Rahimian Balgiran : Avec de la discipline et de l’organisation! Ça prend un agenda bien organisé et une bonne dose de sommeil. Aussi, il faut faire du sport et prendre soin de sa santé mentale.

Je crois vraiment à l’importance de l’équilibre entre la vie personnelle et le travail. Je n’aurais pas pu avoir du succès au bac sans faire des activités à l’extérieur du droit. Je fais de la natation, je suis dans l’équipe de soccer de la faculté, je vois des amis… tout ça est important pour moi.

Malgré vos implications, êtes-vous parvenu à maintenir de bons résultats scolaires?

J’ai terminé mon baccalauréat avec une cote de 3,62. Mon nom figurait sur la liste d’honneur du doyen lors de chacune de mes années d’études, au cours desquelles j’ai gagné environ neuf prix d’excellence académiques.

Quel a été votre secret pour maintenir cette cote?

Dans plusieurs facultés de droit, mais surtout à McGill, les élèves se partagent des résumés de cours. Moi, je ne les ai jamais utilisés. Je crois que ça m’a vraiment aidé d’un point de vue pédagogique de prendre le temps et de mettre l’effort pour écrire mes propres résumés.

Aussi, j’ai été très stratégique dans l’organisation de mes temps libres, pour me conserver du temps pour des activités non reliées au droit.

Pourquoi l’implication est importante pour vous?

En tant qu’immigrant de l’Iran, j’ai toujours accordé une importance très grande à l'engagement civil. À mes yeux, il est important pour les immigrants de s’impliquer dans leur communauté lorsqu’ils arrivent d’un nouveau pays. Ça leur permet de se créer un sentiment d’appartenance, de se sentir pleinement chez soi.

Lorsque le Québec accueille des milliers d’immigrants par année, c’est pour ajouter des leaders, des gens impliqués à sa communauté. Je pense que c’est le devoir de tout citoyen responsable de s’impliquer. En tout cas à McGill, on nous encourage vraiment à le faire.

Qu’est-ce que toutes vos implications vous ont permis d’apprendre?

En travaillant dans des cliniques juridiques, on côtoie vraiment des personnes démunies, dans des situations d’itinérance. Parfois, je voyais des gens âgés de 18 à 25 ans qui avaient de sérieux problèmes criminels. Ces gens-là vivent des enjeux juridiques intenses.

Le plus important est de demeurer humble, puis de séparer ses opinions professionnelles et personnelles.

Quand avez-vous eu envie d’étudier en droit pour la première fois?

Lorsque j’étudiais au Cégep Vanier, j’étais très impliqué dans la politique étudiante. À ce moment-là, ça m’a ouvert les yeux sur plusieurs enjeux sociaux.

Aller en droit avait du sens pour moi. Je sentais que c’était la meilleure manière d’apporter des changements à la société.

J’ai donc fait mon baccalauréat en droit civil et common law pour m’ouvrir le plus de portes possible, que ce soit partout au Québec, dans d’autres provinces canadiennes, aux États-Unis ou même en Europe.

Quel est le plus gros défi que vous avez surmonté durant vos études en droit?

Avant tout à McGill, ça a été mon âge. Entre 15 et 20 % des étudiants de la faculté proviennent du Cégep, comme moi. L’âge moyen y est de 25 ans, alors que plusieurs étudiants proviennent de la maîtrise et du doctorat d’autres domaines.

À un moment donné, tu réalises que peu importe ton expérience, tout le monde commence à zéro, comme toi.

Avez-vous trouvé la compétition intense entre les étudiants du baccalauréat?

Tout le monde est très bon à l’école, très ambitieux, mais d’après mon expérience, l’esprit de camaraderie et de communauté est très fort.

Contrairement aux stéréotypes, tous les étudiants partagent leurs notes. À deux reprises, des étudiants ont même lancé des campagnes de sociofinancement pour aider un de leur collègue qui s’était fait voler son ordinateur portable!

Qu’envisagez-vous de faire après avoir terminé votre baccalauréat?

Je le termine en mai prochain. Je me suis déjà engagé avec la Cour suprême, où je serai auxiliaire juridique pendant un an.

Ensuite, j’aimerais pratiquer le litige dans un cabinet basé à Montréal. Le litige m’intéresse depuis mon stage à la Cour d’appel, où j’ai vraiment eu un bon aperçu des cas à l’interne. J’aime aussi le droit public et constitutionnel.