Mes Nilab Rahyar Tolton et Andrea Mazingo.
Mes Nilab Rahyar Tolton et Andrea Mazingo.
Jones Day, cabinet international, fait face à un deuxième procès pour discrimination sexuelle, rapporte Above the Law.

Déposée le 3 avril au tribunal fédéral de Washington par les six femmes associées du cabinet, dont quatre ayant préféré rester anonymes, l’action collective vise le système de rémunération du cabinet : les hommes seraient mieux payés que les femmes.

De plus, selon Nilab Rahyar Tolton, Andrea Mazingo et leurs quatre consoeurs, il règnerait au sein du cabinet un climat de culture de fraternité; climat qui met ses avocates face à un choix déplaisant.

« Soit on participe à une culture, qui est au mieux inhospitalière aux femmes, et au pire ouvertement misogyne, soit on renonce à tout espoir de succès au sein du cabinet », peut-on lire dans la poursuite.

Il y est également indiqué que « pour qu'une collaboratrice réussisse chez Jones Day, elle doit au moins tolérer les attentes stéréotypées des hommes qui gèrent le cabinet. Défier ces attentes par la parole ou par l’acte, même dans des contextes censés permettre une rétroaction honnête, est un suicide professionnel. »

Toujours selon la plainte, le processus d’évaluation du cabinet est manipulé de sorte à justifier le renvoi de certaines femmes. Les plaignantes pointent notamment du doigt que ce processus ne serait dirigé que par un seul associé-directeur.

Selon elles, les femmes associées sans enfants seraient considérées comme des professionnelles infatigables et intenses, alors que les mères d’enfants en bas âge seraient pour leur part constamment mises au défi et perçues comme manquant d’engagement.

Blagues de mauvais goût

La plainte décrit également l’atmosphère de fraternité régnant dans l'entreprise.

Lors de la fête de Noël, dans un bureau non identifié, des partenaires masculins auraient encouragé la consommation d'alcool, puis dansé en reluquant les avocates du bureau.

Dans un autre bureau, lors d'un événement chez un associé, une femme aurait été poussée dans la piscine alors qu'elle était vêtue d'une robe blanche. Plutôt que de le réprimander, le leadership du cabinet aurait félicité l’associé fautif.

Les plaintives réclament 200 millions de dollars en dommages-intérêts pour toutes les femmes associées qui ont été, sont ou seront employées par Jones Day aux États-Unis.

Précédemment, Wendy Moore, une ancienne associée du cabinet, avait lancé une poursuite dans laquelle elle pointait également du doigt le système de rémunération du cabinet, selon lequel les femmes recevaient moins d’argent que leurs homologues masculins.