Me René Verret rejoint le cabinet Boucher avocats.
Me René Verret rejoint le cabinet Boucher avocats.
Après trois décennies comme Procureur de la couronne, Me René Verret a récemment rejoint le cabinet Boucher avocats, de Québec.

« J'ai pris ma retraite de la Couronne après 33 ans. J'avais deux options : rentrer chez moi ou continuer à pratiquer un métier que j'aime et que j'adore encore. Mais je voulais le faire à mon rythme », a-t-il expliqué à Droit-Inc.

Ce fin connaisseur du droit criminel est bien connu du milieu juridique et de la scène médiatique. C'est notamment lui qui est intervenu dans le second procès de Guy Turcotte, reconnu coupable du meurtre non prémédité de ses deux enfants.

L'affaire l'a particulièrement marqué. « Elle a été tellement médiatisée... Et nous étions conscients qu'il y avait des attentes importantes », nous a-t-il confié.

Diplômé de l'Université Laval, Me Verret a été admis au Barreau en 1984. Il a été Procureur de la Couronne à Valleyfield de 1985 à 1988, avant de rejoindre Québec.

En trois décennies de carrière, Me Verret a oeuvré dans plus d’une vingtaine de procès devant jury. Parmi eux, une douzaine de procès pour meurtre, et pas un seul acquittement.

Un procureur passionné

Ce palmarès, c'est avant tout celui d'un passionné. « J'ai aimé ce que j'ai fait, j'ai connu de beaux moments. J'ai fait beaucoup de procès devant jury, ça me passionnait de pouvoir m'adresser à des citoyens. J'espère pouvoir le faire maintenant en défense », a-t-il confié.

Chez Boucher avocats, une grande partie des mandats qui lui seront confiés concerneront des policiers accusés ou cités en déontologie, domaine dont le cabinet s'est fait une spécialité.

Son fondateur, Me Jean-François Boucher, a d'ailleurs été pendant 22 ans policier de la Sûreté du Québec, où il a œuvré principalement aux enquêtes criminelles.

Si le choix de Me Verret peut en surprendre certains, l'avocat ne compte pas renier les trois décennies passées à la Couronne. « Je vais continuer à véhiculer mes valeurs. Je suis la même personne, j'ai juste fait un choix de carrière », prévient-il.

Pour rester en accord avec ces valeurs, le criminaliste se réserve donc le droit de pas accepter tous les dossiers qui lui seront proposés.

Parallèlement à sa pratique, Me Verret va continuer d'enseigner le droit criminel à l’École du Barreau, une fonction qu'il occupe depuis 2002. Il a également enseigné les procès devant jury pendant 15 ans à l’école des poursuivants du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

La préparation, secret de la réussite

Les jeunes avocats ont sans nul doute beaucoup à apprendre de ce juriste chevronné pour qui le secret de la réussite réside dans la préparation.

« Il faut être rigoureux dans ce qu'on fait, présenter sa thèse de façon intelligente. La préparation est très importante et il ne faut pas avoir peur de consulter des collègues pour s'assurer que notre thèse peut être acceptée et reçue par un juge et un jury », explique-t-il.

Autre secret de la réussite, bien sûr, la passion. « Il faut aimer son travail, le faire avec intérêt et passion. Mais il faut aussi rester soi-même. C'est un beau métier, on est en contact avec gens qui vivent des drames, il faut faire preuve de beaucoup de compassion ».

C'est justement cet aspect humain qui explique son amour du droit criminel.

« J'aime le fait d'aider, d'assister et de côtoyer des gens, les aider à traverser des épreuves marquantes. Notre rôle, c'est de faire en sorte qu'ils soient satisfaits de la conclusion du procès même s'ils ne sont pas d'accord, qu'ils comprennent que les décisions sont rendues par des gens compétents ».