Me Marie-Claude Landry.
Me Marie-Claude Landry.
La Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) a rendu public mercredi son rapport pour l'année 2018.

Au cours de cette année, 25 000 personnes ont communiqué avec la CCDP pour porter plainte, un « nombre record » selon la Commission. À titre de comparaison, en 2017, un peu plus de 1000 plaintes avaient été déposées.

La Commission a accepté 1129 plaintes, un record en plus d’une décennie. Parmi elles, le nombre de plaintes liées à la déficience, à l’origine nationale ou ethnique, à la race, à la couleur, à la religion et au sexe était plus élevé pour chacun de ces motifs que dans toute autre année de la dernière décennie.

Comme en 2017, la déficience était encore le motif de discrimination le plus souvent mentionné, comptant pour plus de 52 % des plaintes. Parmi elles, plus de la moitié concernaient la santé mentale. Par ailleurs, 1 plainte sur 5 relative à l’emploi évoquait du harcèlement.

Les deux tiers des plaintes réglées par médiation

Les plaintes liées à la race ont connu une hausse de 118 % tandis que celles relatives à l'origine nationale ou ethnique ont augmenté de 98 %. À noter également, 43 % des plaintes acceptées étaient intersectionnelles, c'est à dire qu’on y mentionnait plus d’un motif de discrimination.

Le rapport indique que 64 % des plaintes ont été réglées par la médiation. 80 cas ont été renvoyés devant le Tribunal en 2018 dont 89 % concernaient l’emploi.

Selon la Commission, ces statistiques « montrent que plus de gens osent briser le silence pour dénoncer la discrimination ». Ce nombre record de plaintes peut aussi s'expliquer par la mise en place l'an passé d'une plateforme en ligne « qui utilise un langage simple ».

« Ces résultats sont encourageants, mais je suis grandement préoccupée par le fait que beaucoup de victimes de discrimination ne peuvent ou ne veulent pas demander de l’aide », a pour sa part déclaré la présidente de la Commission, Me Marie-Claude Landry.