Julie Latour, ex-bâtonnière du Barreau de Montréal et membre du collectif des Juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l'État.
Julie Latour, ex-bâtonnière du Barreau de Montréal et membre du collectif des Juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l'État.
Après Gérard Bouchard et Charles Taylor, qui sont venus dire au gouvernement que leur projet de loi sur la laïcité est discriminatoire, de nouveaux intervenants défileront aujourd'hui devant la Commission des institutions.

Depuis mardi et jusqu’au 16 mai, des consultations particulières et des auditions publiques en lien avec le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État se déroulent à l’Assemblée nationale. Au total, 36 groupes ou individus experts présenteront un mémoire.

Pour lancer le bal, M. Bouchard, 75 ans, et M. Taylor, 87 ans, sont venus exprimer leurs réserves face au travail de Simon Jolin-Barrette.

Les deux cosignataires du rapport sur les accommodements raisonnables de 2008 ont eu de vifs échanges avec le ministre de l’Immigration, notamment M. Taylor, qui s'oppose désormais à toute interdiction de signes religieux après l'avoir envisagée, dans son rapport, pour les employés de l’État en position de coercition.

Pour Gérard Bouchard, qui défend toujours cette proposition, le projet de loi caquiste est cependant « radical » et ne se base pas sur des données probantes.

Une ex-bâtonnière présente

Place aujourd’hui à une nouvelle série d’intervenants. La journée débutera avec la présence de Julie Latour, ex-bâtonnière du Barreau de Montréal et membre du collectif des Juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l'État.

Le collectif a participé à de nombreux débats sur la question au cours des dernières années. En 2016, dans le cadre du projet de loi 62, il avait déposé un mémoire signé par Mme Latour, mais aussi par d’autres personnalités de renom comme Guy Rocher et Henri Brun.

« Les défenseurs du statu quo se fondent sur des principes juridiques désuets qui ne tiennent pas compte de l’évolution de la jurisprudence de la Cour suprême du Canada qui a reconnu à l’État une plus grande marge de manœuvre dans son devoir de légiférer pour le bien commun, face aux revendications individuelles en matière de liberté religieuse », pouvait-on y lire.

Mme Latour est par ailleurs reconnue pour son militantisme pour un féminisme « universaliste », qui s’oppose au féminisme « relativiste ». Selon elle, le discours actuel sur la diversité et l'intersectionnalité ne sont que le « retour à la bien-pensance qui était notre lot à l'époque duplessiste ».

« Jadis, l’anathème, c’était l’excommunication, maintenant, c’est d’être traité de raciste », a-t-elle dit au micro de Michel Lacombe, en décembre dernier.

Des pour et des contre

Se succèderont ensuite le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, l’avocate Christiane Pelchat, l’ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin, la Fédération des commissions scolaires du Québec et l’Association provinciale des enseignantes et des enseignants du Québec.