Me Benoît Pelletier obtient la plus haute distinction de l’Ordre.
Me Benoît Pelletier obtient la plus haute distinction de l’Ordre.
Me Benoît Pelletier recevra sa Médaille lors de la Journée du Barreau du Québec 2019, le 11 juin prochain à Montréal. Ce père de quatre enfants, résidant à Gatineau, compte 37 années de Barreau.

Le constitutionnaliste est bardé de diplômes : il a successivement obtenu un baccalauréat en droit de l’Université Laval, une maîtrise en droit à l’Université d’Ottawa, un premier doctorat à l’Université Paris I et un second à l’Université Aix-Marseille.

Le Barreau le décrit comme un « intellectuel accompli », un « juriste estimé » et un « homme d’engagement ».

« Je suis très heureux de me voir décerner cette médaille, indique-t-il à Droit-inc. Je trouve que c’est un honneur. Je l’accueille avec beaucoup de joie. Il s’agit pour moi d’une reconnaissance par mes pairs, mes collègues, mon ordre professionnel, et ce, sur les plans juridique, politique mais aussi social car je m’implique beaucoup dans le communautaire.»

D’ailleurs, notons que ce n’est pas la première fois que son travail est reconnu puisque Me Pelletier est également avocat émérite du Barreau, détenteur du Mérite du Barreau de l’Outaouais, membre de l’Ordre du Canada, officier de l’Ordre national du Québec, et membre à titre spécial de la Société royale du Canada.

Au total, il possède 31 titres, prix et distinctions!

L’amour de l’enseignement

En 1983, le jeune assermenté commence à travailler au ministère de la Justice du Canada. Pendant six ans, il sera avocat de litige, dans un bureau de plaideurs. « Ça m’a amené à pratiquer le droit de façon très concrète, à rédiger des procédures, des mémoires, etc.»

En 1990, il fait son entrée comme professeur titulaire à la Faculté de droit civil de l’Université d’Ottawa.

« La carrière de professeur est merveilleuse, dit celui qui a en outre enseigné dans plusieurs universités canadiennes. Elle nous permet d’en apprendre constamment sur l’état du droit et de réfléchir à comment faire avancer le droit. Le contact avec les étudiants et étudiantes aussi a été pour moi extrêmement stimulant et une source de motivation. »

La passion pour la politique

En plus de l’enseignement, Me Pelletier s’est également très impliqué en politique. De 1998 à 2008, Me Pelletier a ainsi représenté la circonscription de Chapleau à l’Assemblée nationale du Québec.

Il a été ministre du gouvernement du Québec, responsable notamment des Affaires intergouvernementales canadiennes, de la francophonie canadienne, de la réforme des institutions démocratiques, de l’accès à l’information et des Affaires autochtones.

« En politique, je suis très fier de mes réalisations en matière d’affaires intergouvernementales », dit-il.

En effet, l’avocat a mené plusieurs ententes entre les gouvernements du Canada et du Québec, notamment celles sur le financement en matière de santé (dont l’entente asymétrique Québec Ottawa), les services de garde, l’assurance parentale, les infrastructures, le rôle du Québec à l’Unesco et le transfert des revenus d’une partie de la taxe fédérale d’accise sur l’essence.

Me Pelletier a aussi été négociateur en chef du gouvernement du Canada dans le dossier huron-wendat, ainsi que dans le dossier cri. Il a par ailleurs été représentant spécial du ministre des Affaires autochtones du Canada en ce qui touche aux revendications particulières, en 2014 et 2015.

« Le dossier autochtone est relativement ingrat parce que le ministre des Affaires autochtones fait des choses qui passent inaperçues aux yeux du public. Mais je reste fier de ce que j’ai accompli avec les communautés inuites et des Premières Nations.»

Enfin, il a été l’un des principaux artisans du Conseil de la fédération, créé en 2003, ainsi que le fondateur du Centre de la francophonie des Amériques.

Pour l’avenir, on peut lui souhaiter une chose : « de garder la flamme pour le droit et l’enseignement ! Garder le feu sacré ! » En attendant, il va continuer à se consacrer à ses étudiants et ses recherches portant notamment sur les relations gouvernementales et les droits linguistiques.