Me Olivier Lamoureux vient d’accepter un poste de conseiller juridique chez Agropur.
Me Olivier Lamoureux vient d’accepter un poste de conseiller juridique chez Agropur.
Quitter Norton Rose Fulbright fut le fruit d’une longue réflexion pour Me Olivier Lamoureux.

Celui qui vient tout juste d’accepter un poste de conseiller juridique chez Agropur, une coopérative agricole québécoise, explique que sa décision a été motivée par deux facteurs.

D’abord, il recherchait un meilleur équilibre entre son travail et sa vie personnelle. Ensuite, il sentait qu’il cadrait moins dans son cabinet, au sein duquel certains changements sont survenus ces derniers mois.

« Le cabinet étant ce qu’il est, il a subi des transformations au fil des années. Je ne veux pas m’étendre, mais disons que je me reconnaissais moins dans la gestion des affaires courantes », explique à Droit-Inc Me Lamoureux.

Chez Agropur, le juriste s’impliquera en matière de recrutement, d’expansion de l’entreprise et de droit de l'emploi et du travail.

Il explique que dans son nouveau milieu de travail, il n’y a pas de journée typique. Son rôle est d’accompagner, de conseiller les divers départements de l’organisation, en plus de les représenter à l’occasion à la cour.

« L’entreprise se développe, elle a une belle trajectoire. Elle est en très bonne santé financière », indique le titulaire d’une maîtrise en affaires publiques et relations internationales (Ottawa) et d’un certificat en philosophie (Laval).

Une vie saine

Déjà, le juriste de 35 ans sent qu’Agropur est en mesure de lui offrir un équilibre de vie sain, situation qu’il qualifie de « remarquable. »

« On travaille fort, mais dans un milieu empreint de respect. Tout le monde cherche à collaborer avec tout le monde. C’est vraiment un environnement stimulant, qui permet en fin de compte une certaine satisfaction. »

Avant de s’engager avec Agropur, l’avocat avoue avoir eu des discussions sérieuses avec d’autres grands cabinets, mais il a déterminé que ceux-ci n’étaient pas optimaux pour son épanouissement professionnel.

Malgré son changement d’orientation professionnelle, le Barreau 2014 n’est pas du tout déçu de ses aventures au sein de Norton Rose Fulbright et de Fasken, cabinet dans lequel il a complété son stage du barreau, et travaillé pendant un an et demi.

« Ce fut une excellente école, malgré tout ce qu’on peut en dire. Je maintiens une bonne carte de visite et des bons réflexes juridiques. Ce passage en grands cabinets a fait de moi le juriste que je suis devenu, et m’offre une certaine crédibilité dans mon emploi actuel. »

Reste que démissionner de Norton Rose n’aura pas été facile pour lui. Pour plusieurs juristes débutants, une carrière en grand cabinet peut constituer un rêve, le moyen ultime d’avoir du succès dans le domaine.

« On fait face à cette réalité en commençant en grand cabinet. Tu t’imagines que c’est la seule manière de pratiquer du droit. On a une vision un peu distorsionnée de la réalité quand on s’imagine un autre environnement de travail que le cabinet. »

Nouveau chapitre

Il s’agit donc ici de son tout premier emploi en tant que conseiller juridique. Fini les heures facturables, maintenant, il ne cherchera qu’à effectuer des mandats, et n’aura qu’un seul client.

« On a un meilleur aperçu du dossier en tant que conseiller juridique; on assiste à sa naissance jusqu’à son post-mortem. En cabinet, on peut ne pas parler à un client pendant des mois, alors qu’en entreprise, on a vraiment l’impression de bâtir quelque chose, en étant impliqué dans la vie, la santé de son organisation. »

Dans certains litiges, il ne pourra plus se limiter à « mettre des bâtons dans les roues de ses adversaires », mais plutôt trouver des solutions afin de faire avancer les projets de son entreprise.

« On a un rôle de partenaire d’affaires, ce qui demande du doigté. Il y a toujours des enjeux stratégiques, des politiques internes à considérer. Ce n’est pas un réflexe qu’on a en cabinet. »

Reste qu’à son avis, les qualités requises pour être un bon conseiller juridique et un bon avocat sont les mêmes : l’écoute du client et une bonne connaissance de la dynamique de son organisation.

Et fondamentalement, croire aux valeurs de son employeur.

« Ce n’est pas toujours évident, d’arrimer les valeurs de ton entreprise avec les tiennes. Il faut que tu croies en sa mission. »