Me Alexandre Dufresne avait pour objectif d'amasser des fonds pour la Fondation Sommeil, qui lutte contre l’apnée du sommeil.
Me Alexandre Dufresne avait pour objectif d'amasser des fonds pour la Fondation Sommeil, qui lutte contre l’apnée du sommeil.
« J'ai beaucoup de choses à vous raconter », prévient d'emblée Me Alexandre Dufresne à son retour du Nunavik.

Droit-Inc vous relatait le mois dernier le projet de l'associé fondateur du cabinet Verreau Dufresne d'enfourcher un fatbike pour se rendre au Nunavik, quelque part entre les villages de Inukjuak et Puvirnituq.

L'objectif de ce périple de quelque 200 km sur la neige? Amasser des fonds pour la Fondation Sommeil, qui lutte contre l’apnée du sommeil.

C'est le 24 avril que Me Dufresne et deux amis ont lancé leur aventure. La première journée a été consacrée à la préparation. Chacun devait transporter sur son vélo environ 70 livres d'équipement.

Le lendemain, après un réveil à 4 heures du matin, c'est le grand départ, non sans quelques doutes quant à la météo. « On pensait partir et faire 5 jours avec des températures relativement stables et des distances régulières chaque jour, raconte l'avocat. Mais la météo s'est adoucie, il faisait autour de zéro ».

Les pires conditions possibles

Au cœur de la tempête, l'équipe a fait d'un igloo leur camp de base.
Au cœur de la tempête, l'équipe a fait d'un igloo leur camp de base.
Or, des températures douces sont les pires conditions possibles pour pratiquer le fatbike. La neige devient molle et le vélo s'enfonce. Impossible, donc, de pédaler.

Après quelques mètres, l'équipe rencontre sa première tuile. « Après 150 mètres, le dérailleur d'un vélo, pourtant neuf et fonctionnel, a cassé. Là-bas, il n'y a aucun magasin, aucun endroit pour acheter une pièce. On était très déçus, on s'est même demandés si c'était la fin de l'aventure après 150 mètres », plaisante-t-il.

La chance sourit quand même aux trois cyclistes. L'un d'entre-eux étant pilote chez Air Inuit, ils ont passé leur première nuit dans un logement de la compagnie… où il y avait un fatbike. Après quelques heures à tergiverser sur la suite des événements, ils décident d'utiliser ce vélo.

L'équipe reprend la route. « Il faisait 1 degré, il s'est mis a pleuvoir et il a plu toute la journée. On a pédalé un peu et beaucoup poussé nos vélos ». Finalement, ils parcourent une vingtaine de kilomètres lors de cette première journée, principalement à pied, contre les 40 qu'ils espéraient.

Le blizzard se lève

La situation se complique encore un peu plus lors de leur première nuit de camping. Les cyclistes sont trempés et la température chute pendant la nuit à -8 degrés. « On était mouillés, il fallait faire sécher nos vêtements. On s'est retrouvés dans la tente, certains pas loin de l'hypothermie. Ça a été un vrai moment de stress », raconte Me Dufresne.

La situation ne s'arrange pas durant la nuit puisqu'une tempête se lève. « On s'est dit que si on repartait on pouvait se mettre en danger ».

L'équipe se résout donc à appeler les secours, mais hors de question pour eux d'abandonner pour autant. De retour au village, ils font sécher leurs vêtements avant de repartir. Mais la météo est encore une fois trop douce.

Après 20 km, ils décident de s'arrêter afin de construire un igloo pour en faire leur camp de base, avant de retourner au village une nouvelle fois pour sécher leurs vêtements.

« On n'a pas réussi à fermer totalement l'igloo. En faire un pour trois personnes, c'est une difficulté technique. On a donc mis une bâche sur le dessus mais un blizzard s'est levé pendant la nuit, avec 20 cm de neige et du vent. La neige se glissait sous la bâche à cause du vent. On s'est réveillés avec 4 pouces de neige sur nous ».

10 785 $ récoltés

L'aventure est finalement un succès puisque 10 785 $ ont été récoltés.
L'aventure est finalement un succès puisque 10 785 $ ont été récoltés.
Au matin, l'équipe se demande à nouveau s'il est judicieux de continuer. « C'était plus une situation de survie qu'un défi sportif, raconte l'avocat. On avait du fioul pour nos réchauds et on calculait combien de temps on pourrait tenir ».

Finalement, le blizzard cesse et la suite du périple est beaucoup plus calme, malgré le vent qui persiste. Durant les trois jours qui suivent, les cyclistes pédalent 30 à 35 km par jour.

Après cinq jours, ils auront parcouru 105 km, soit la moitié de l'objectif qu'ils s'étaient fixés. « On visait à la base 191 km mais on avait un trajet alternatif en cas de problème ».

L'aventure est finalement un succès. Me Dufresne a réussi à récolter 5 785 $, qui viennent s'ajouter à sa contribution de 5 000 $.

« On a beaucoup appris. Si on repartait demain, et je ne l'exclus pas, il y aurait un paquet de stratégie et de planification à faire », explique-t-il.

D'ailleurs, Me Dufresne réfléchit déjà à un autre projet, qui impliquera cette fois-ci l'ensemble de la communauté juridique. « Ça sera un gros défi sportif, j'ai une belle idée », prévient-il.