Ryan Handlarski, un criminaliste de Toronto
Ryan Handlarski, un criminaliste de Toronto
Les jeunes avocats ne souffrent pas de problèmes de santé mentale, ils subissent simplement de plein fouet une situation particulièrement angoissante, explique le Canadian Lawyer Mag.

S’il ne fait aucun doute que de nombreux membres de la profession juridique luttent avec des sentiments négatifs et une certaine angoisse, notamment par rapport à l'avenir, penser que l’anxiété dont souffrent les jeunes diplômés en droit est liée à des problèmes de santé mentale n’est pas toujours juste, poursuit le site.

Durant ses sept ans d’études à l’université, Me Ryan Handlarski, un criminaliste de Toronto, pensait souffrir de dépression. Il a consulté des médecins pour obtenir des prescriptions. Mais au fil du temps, il a commencé à comprendre qu’il ne souffrait pas d’une quelconque maladie mentale, mais plutôt que ces pensées négatives étaient liées... aux circonstances.

Des choix difficiles

Pour la plupart des étudiants en droit, un choix difficile est présenté dès le départ : essayer de faire des sacrifices pour profiter de la vie et accumuler des dettes énormes, ou essayer de profiter de sa vie d'étudiant et accumuler des dettes encore plus énormes.

Les deux options sont mauvaises et entraînent des pensées et des sentiments négatifs. Il faut en plus ajouter à ces deux choix le fait qu’au bout de la formation en droit, la récompense n’est pas garantie.

C'est d’ailleurs ce qui rend la faculté de droit si compétitive et ce qui rend de nombreux étudiants si angoissés, selon Ryan Handlarski.

En ce qui le concerne, il a détesté ce système dès le début et jusqu'à la fin de ses études en droit. Il estime que les choses se sont même beaucoup détériorées depuis l'obtention de son diplôme. Et d’après lui, le blues qui frappe les étudiants n’est pas du tout lié à des problèmes de santé mentale, mais plutôt à l’aggravation de la situation générale.

Une mêlée hyper-concurrentielle

De plus, chaque année, des centaines de nouveaux étudiants en droit s’intègrent dans la mêlée hyper-concurrentielle.


À la détérioration de la situation au cours des 10 dernières années, s'ajoute la flambée des prix du logement dans de nombreuses villes, de sorte que les étudiants déjà en mauvaise posture savent en outre qu'il sera très difficile, voire impossible, d'acheter une maison.

Pour l’avocat, les étudiants en droit et les jeunes avocats savent qu'ils ont été mis dans de mauvaises conditions et qu'ils ne peuvent rien y faire. Être triste et anxieux est donc tout à fait normal…