Nathalie Cadieux, chercheuse principale et professeure agrégée du Département de management et gestion des ressources humaines de l’Université de Sherbrooke.
Nathalie Cadieux, chercheuse principale et professeure agrégée du Département de management et gestion des ressources humaines de l’Université de Sherbrooke.
Selon une étude réalisée par l’Université de Sherbrooke, 43% des 2500 avocats interviewés ont affirmé avoir des symptômes s’apparentant tantôt à l’épuisement professionnel, tantôt à la dépression, allant de l’état de fatigue à l’irritabilité, en passant par les troubles anxieux, troubles du sommeil, problèmes de concentration, etc.

La détresse psychologique ne signifie toutefois pas que la personne est malade. Il s’agit plutôt d’un signal d’alarme précoce qui émerge lorsqu’une personne a de la difficulté à s’ajuster aux stresseurs auxquels elle est exposée, dit l’étude réalisée par Nathalie Cadieux, chercheuse principale et professeure agrégée du Département de management et gestion des ressources humaines de l’Université de Sherbrooke, qui a collaboré au Barreau du Québec pour sa réalisation.

Cette dernière note également que la détresse psychologique est davantage présente chez les femmes (44,2%) que chez les hommes (39%). D’autre part, les jeunes avocats avec moins de 10 ans de pratique sont aussi plus susceptibles à la détresse psychologique que leurs aînés (49,9% contre 36,7%).

Les avocats plus à risque de ressentir une détresse psychologique devraient éviter le droit des affaires, le droit de la famille et le litige, là où l’on retrouve le plus de répondants s’en avouant victimes.

Un sur cinq est épuisé

Par ailleurs, 19% des répondants ont avoué être en situation d’épuisement, défini comme un état de fatigue et d’épuisement physique, émotionnel et mental. L’épuisement a été séparé en trois catégories, personnel, professionnel et relationnel.

L’étude révèle que c’est l’épuisement professionnel qui domine, le tiers des répondants épuisés le sont dû au contexte professionnel. Tout comme la détresse psychologique, les femmes et les jeunes avocats en sont davantage victimes.

Plan d’action du Barreau

Devant ces résultats alarmants, le Barreau du Québec a élaboré un plan d’action pour remédier à la situation, tout en appelant les membres à une réflexion sur le dossier.

Tout d’abord, le Barreau a mis sur pied un groupe de travail chargé de proposer des actions concrètes pour améliorer la situation. Ensuite, la cotisation au Programme d’aide aux membres du Barreau passera de 26 à 35$. Finalement, le Barreau produira et diffusera une formation en ligne gratuite, accessible aux membres dès l’automne.