Howard J. Kaplan, membre du groupe des enquêteurs de l'Organisme national d’arbitrage et de médiation.
Howard J. Kaplan, membre du groupe des enquêteurs de l'Organisme national d’arbitrage et de médiation.
La préparation, l'anticipation et l'exécution sont les trois clés du succès d'après Howard J. Kaplan, membre du groupe des enquêteurs de l'Organisme national d’arbitrage et de médiation.

Il a constaté que ces trois facteurs peuvent considérablement augmenter les chances de succès et minimiser les risques de surprise. Voici pourquoi:

# 1 – La préparation

La préparation commence au moment où l'affaire est confiée à l'avocat. Il faut avant tout vous familiariser avec le différend.

Il est essentiel de rencontrer et de connaître votre client pour réussir, à terme, dans une salle d'audience ou un forum d'arbitrage. Évaluez-le en vous demandant s'il ferait un témoin crédible par exemple.

Si non, décidez ce qu'il faudra faire pour rendre le client plus présentable. Quel que soit l'investissement en temps que cela va requérir, vous pourrez en cueillir les fruits lors de l'audience.

Beaucoup trop d'avocats ont encore trop peu de connaissances sur leur client et certains les rencontrent même pour la première fois à l'arbitrage. Cette pratique ne fonctionne tout simplement pas, car elle crée un décalage entre l'avocat et le client, ce qui peut entraîner un désavantage lors de la procédure.

Il est donc essentiel de rencontrer et de préparer votre client au préalable. Ne négligez pas de lui décrire comment la salle d'audience sera aménagée, comment il devra se comporter et s'habiller.

Cela peut être aussi simple que de lui dire de regarder et de parler directement à l'arbitre, au juge ou au jury. Dans tous les cas, il doit éviter de vous regarder vous et se focaliser sur la personne qui prendra la décision finale.

Il est important non seulement d'indiquer à votre client comment faire une bonne déposition, mais également à qui il doit adresser sa réponse lors de la déposition.

Enfin, pensez à lui donner rendez-vous un peu avant l'audience pour lui permettre de se familiariser avec le contexte et d’être à l’aise. Cela devrait réduire son anxiété.

Il est également essentiel de simuler une audience à l'occasion d'un jeu de rôle et ce à la fois pour l'interrogatoire et le contre-interrogatoire.

# 2 - L'anticipation

Il est important de vous familiariser avec les faiblesses potentielles que cache votre dossier. Pensez donc aux moyens de les atténuer.

Cela passe par la bonne préparation de votre client. Concentrez-vous surtout sur les éléments potentiellement préjudiciables à votre théorie, par exemple la vitesse du véhicule, les déclarations à la police, etc.

Faites un jeu de rôle avec votre client. Si des incohérences existent, examinez-les avec le client. Il ne faut pas que la première fois qu'ils sont confrontés à une incohérence, ce soit lors du procès ou de l'arbitrage. Ils ne sauront pas comment réagir et risquent de perdre leur crédibilité.

La crédibilité est souvent obtenue lorsque le client accepte ce qui doit être accepté. Le témoin qui combat chaque point ne sera probablement pas considéré comme crédible. Cela est vrai aussi pour les témoins experts.

L’avocat doit également anticiper les arguments de son adversaire. Désamorcez ces arguments avant même qu’ils ne soient formulés en les soulevant vous-même.

# 3 - L'exécution

Chaque avocat qualifié vous dira qu'il est nerveux le jour du procès ou de l'arbitrage. L’avocat doit être bien préparé et au courant de son dossier pour pouvoir exposer ses arguments sans heurts, guider le client et contre-interroger astucieusement le témoin adverse.

En résumé, lorsque vous vous préparez (votre client et vous-même), anticipez (le plan d’attaque des deux côtés) et exécutez (en fournissant une livraison sans faille), les chances de succès du procès ou de l’arbitrage sont grandement améliorées.

Si l'une de ces pièces est manquante, la probabilité de succès est faible. Les avocats ne doivent pas compter uniquement sur la chance pour obtenir gain de cause.