Vincent Savard, finissant en droit et maîtrise en administration des affaires. Source : LinkedIn de Vincent Savard.
Vincent Savard, finissant en droit et maîtrise en administration des affaires. Source : LinkedIn de Vincent Savard.
Six semestres de droit, quatre autres en administration des affaires et trois stages en milieu de travail.

C’est ce que les étudiants qui s’inscrivent au baccalauréat en droit et maîtrise en administration des affaires (MBA) de l’Université de Sherbrooke doivent traverser pour obtenir leur diplôme. Le tout, sans temps d’arrêt.

On peut donc comprendre pourquoi les finissants, comme Vincent Savard, ont le sourire aux lèvres à leur sortie de la faculté.



« Sherbrooke, ça été un coup de coeur, lance le finissant à Droit-inc. On sent vraiment une effervescence au sein des cabinets pour ce programme. »

Droit-Inc a discuté avec celui qui entame l’École du Barreau de son cheminement au sein de ce programme sans relâche.

Vous dites que ce programme n’a pas été le défi le plus facile. Pourquoi?

C’est vraiment sans arrêt.

Quelqu’un sur le marché du travail aura deux semaines de vacances par année tandis que nous, on a des vacances qu’à Noël. Tu finis ton stage le vendredi, et le lundi, l’école est déjà recommencée.

C’est aussi difficile sur le plan personnel. Je suis en couple, et j’ai dû vivre les quatre dernières années loin de mon copain, à changer de domicile tous les deux mois à partir de la deuxième année, question de faire des stages.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous inscrire dans le programme de droit MBA?

Je viens du Saguenay, alors pour aller en droit, le plus simple aurait été de choisir l’Université Laval. Mais j’hésitais entre le droit et les affaires, alors j’ai trouvé ce programme à Sherbrooke, qui était, à mes yeux, la meilleure façon d’allier les deux.

Aujourd’hui, vous êtes à l’École du Barreau, donc on peut dire que vous avez finalement opté pour le monde du droit. Pourquoi?

J’ai vraiment aimé ma formation en droit, même si je ne compte pas faire du droit corporatif comme plusieurs étudiants du programme.

Je pense quand même que le programme m’a donné une bonne vision des activités globales d’une entreprise. On a touché à tout: ressources humaines, comptabilité, marketing… ça nous a permis de mieux comprendre les raisonnements des employeurs.

Sinon, qu’est-ce que ce programme vous a apporté?

J’en ai beaucoup appris sur le travail d’équipe. Les programmes de droit plus généraux sont vraiment axés sur les performances individuelles, ce qui n’est pas le cas en MBA.

Dans le programme, on se fait imposer une équipe dès notre première année, ce qui est très similaire à ce que l’on peut vivre sur le marché du travail. On comprend vite que notre réussite n’est pas basée que sur notre personne, mais sur le travail d’équipe au complet.

C’est bien, parce que ça nous amène aussi à aller vers des personnalités vers qui on ne serait pas porté. Le MBA à Sherbrooke est axé sur le leadership, la croissance personnelle. Ça m’a permis à mieux me connaître.

Alors, à la lueur de vos apprentissages dans ce programme, quels sont vos objectifs professionnels?

L'Université de Sherbrooke offre le programme MBA. Source : Photosm.ca.
L'Université de Sherbrooke offre le programme MBA. Source : Photosm.ca.
À long terme, je veux simplement parvenir à mettre à profit mes compétences. Par exemple, je ne veux pas dire que j’ai la prétention de devenir associé. Je veux plutôt profiter de mes compétences pour m’impliquer pour mon employeur, par exemple dans des comités.

Bien entendu, devenir associé serait intéressant, mais en premier lieu, je veux m’impliquer au sein de mon organisation, puis à l’externe, dans des conseils d’administration par exemple. Il faut dire que mon copain a une entreprise, alors ça m’aide à comprendre un peu la réalité qu’il vit!

Quel type d’entreprise a votre copain et, songez-vous à vous y impliquer?

Oh non, je ne veux pas mélanger l’amour et affaires!

Il possède une agence créative, qui s’appelle Les prétentieux. Mes connaissances me permettent de comprendre sa réalité, de lui donner des conseils stratégiques.

On entend parfois des histoires quant aux difficultés que peuvent ressentir les gens de minorités sexuelles lors de la course au stage. Comment a été votre expérience?

J’ai vraiment adoré mon expérience à la course aux stages. J’avais déjà fait deux stages et 30 entrevues, donc j’avais beaucoup de préparation. Je parlais même de mon homosexualité en entrevue, parce que rendu-là, si les cabinets ont un problème avec mon orientation sexuelle, je ne veux pas travailler pour eux!

Ça fait partie de ma vie, c’est quelque chose qui se prête à une conversation.

Dans le cadre du programme, vous avez fait un stage en marketing chez Clyde & Co. Avez-vous apprécié l’expérience?

Je me suis rendu compte que ce n’était pas ça qui me convenait et pourtant, je pensais faire carrière en affaires au départ.

Je suis un gars de litige. Je manquais de défis autant intellectuellement que personnellement. J’ai besoin de quelque chose qui vient me stresser en dedans, qui me permet de tirer le meilleur de moi-même. Et ça pour moi, c’est le litige.

Pendant vos études, vous avez été vice-président de l’Association des étudiants en Droit-MBA. Comment gériez-vous votre temps entre cette implication, vos études et les constants processus de sélection de stages?

Disons que je suis une personne assez intense! Moins j’en ai devant moi, moins je suis efficace!

En plus, je ne m’implique que dans ce qui m’intéresse. Avant de dire oui à quelque chose, je m’assure d’en être capable. Parce qu’à l’Université, c’est important de garder de la place pour les amis, et plus particulièrement pour les 4 à 7, à l’Université de Sherbrooke!

On s’y fait des amis qu’on va garder toute notre carrière, toute notre vie même!

Finalement, est-ce que ce sont les cours de droit ou de MBA qui sont les plus durs?

Je crois que ce sont ceux de droit, parce qu’à nos yeux, nos notes sont plus importantes que celles dans nos cours de maîtrise, surtout si tu veux faire la course aux stages.

Ce n’est pas nécessairement plus dur au niveau du contenu, mais plutôt relativement aux exigences de réussite que l’on s’impose.