Me Marlène Archer. Photo : Meteopolitique
Me Marlène Archer. Photo : Meteopolitique
La Couronne a ressenti le besoin de défendre les compétences de ses procureurs, si bien qu’elle a invité le Bureau d’enquêtes du Journal de Montréal à discuter.

« Les procureurs qu’on a chez nous, ce ne sont pas des nouilles. Ils sont capables de regarder un dossier, ils sont capables de regarder la preuve », image Me Marlène Archer, procureure en chef au Bureau de la grande criminalité et des affaires spéciales du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Celle qui dirige l’équipe menant la majorité des cas de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) dit comprendre l’impatience du public quant à certains dossiers. Pour pallier la situation, Me Archer ne semble pas croire que l’embauche de plus de procureurs soit la solution.

« Je ne suis pas en demande de poste pour l’instant », s’est-elle limitée de dire.
Tout de même, elle a tenu à dépeindre la qualité de son équipe.

« Est-ce que tout le monde a de l’expérience en droit criminel chez nous ? Non. On a des gens qui viennent de tous azimuts, ce qui nourrit grandement le bureau, quant à moi », explique-t-elle.

Étonnement

Me Archer se qualifie également « étonnée » de certains jugements rendus au cours des dernières années, bien qu’elle refuse de les identifier.

« On a vécu nos premiers passages à la Cour en matière de corruption dans les dernières années. C’est normal qu’il y ait un réajustement », en ajoutant qu’« il n’y a pas trois tonnes de jurisprudence, en corruption ».

L’avocate a également commenté les conséquences de l’arrêt Jordan. Elle avoue que celui-ci a poussé son équipe à changer ses façons de faire.

« Maintenant, lorsqu’on dépose des accusations, on est prêt à faire le procès le lendemain. Ça ne veut pas dire qu’on est plus frileux. On va choisir nos chefs d’accusation, on va choisir nos accusés de façon à ce que le procès soit gérable », explique-t-elle.