Me Alain Létourneau. Photo : Site Web de Cain Lamarre.
Me Alain Létourneau. Photo : Site Web de Cain Lamarre.
« Le fait de faire 60 ans de Barreau, ça ne veut rien dire d’autre que, d’un, je ne suis pas mort, et de deux, j’ai pu éviter la radiation! »

C’est avec cette pointe d’humour et beaucoup d’humilité que Me Alain Létourneau a accepté de revenir sur sa (très) longue carrière qui l’a amené à être reconnu conseiller de la reine et Advocatus Emeritus.

« N'oubliez pas le dicton qui dit: "aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années". Donc un avocat n'a pas besoin d'autant d'années, s'il est « bien né » en droit. Le fait d'avoir besoin de 60 ans pour en arriver là, c'est peut-être au contraire qu'on a été lent un peu non? », philosophe l’homme de 85 ans.

Le plaideur en assurance a toutefois indiqué à son équipe chez Cain Lamarre qu’il cessera la pratique à la fin de l’année.

« Même si je me crois bon pour encore 15 ans, les statistiques ne sont pas de mon bord! », lance-t-il.

Il explique qu’il ne peut promettre à ses clients de leur offrir de les représenter en cour, alors que les délais peuvent s’étendre à trois ans avant que les choses se règlent. « Dans trois ans, je ne sais pas où j'en serai, et changer d'avocat pourrait leur coûter une fois et demie plus cher. Je ne veux pas leur faire courir ce risque-là. »

Mais cesser la pratique ne veut pas du tout dire la retraite pour Me Létourneau, qui admet être en réflexion pour la suite des choses. « Qu'est-ce que je ferai à la retraite? Arroser les roses? C'est très joli une journée par semaine, mais le reste du temps... J'aime autant trouver quelque chose d’autre à faire! »

Une carrière « fascinante »

De son propre aveu, le Barreau 1959 dit avoir vécu une carrière « fascinante » dans le litige des assurances. « Je me dis qu'on se tanne de tout dans la vie, sauf qu'en litige, ça change constamment. Vous pouvez avoir une cause qui concerne les cactus, et demain dans un cas de responsabilité professionnelle: ça change tout le temps. »

Pourtant, Alain Létourneau souhaitait d’abord se diriger en dessin commercial, en début de carrière. Mais devant l’offre de son père, lui aussi avocat, pour payer ses études universitaires, il a choisi de retarder ce choix de carrière, qu’il abandonnera au final.

« Mon père était avocat, mes deux grands-pères et un arrière-grand-père étaient aussi avocats, et quand je les entendais se jaser, ça avait l'air drôle. J'hésitais avec l'architecture. J'ai tiré un 10 cents au sort, et c'est tombé droit. »

Après un début de carrière dans des cabinets anglophones de la métropole, il a finalement rejoint la pratique de son père, qu’il a repris par la suite. Jusqu’à 65 ans, il a été à la barre de Pépin Létourneau.

Trois ans plus tard, à l’éclatement du cabinet, il passe un coup de fil à un bon ami, François Lamarre, qui l’accueille au sein de Cain Lamarre, où il pratique toujours.

Alors même si vous ne pensiez pas aboutir en droit, votre carrière pourrait s’étendre sur de nombreuses décennies!