Me Sébastien Richemont. Photo : Site Web de Fasken
Me Sébastien Richemont. Photo : Site Web de Fasken
Fasken annonce l’embauche de Sébastien Richemont, que le cabinet qualifie de « plaideur de premier plan au Québec. »

Dans le jargon de Droit-inc, il s’agit donc d’un Super plaideur.

En effet, lors de ses 21 dernières années chez Woods, Me Richemont a été reconnu par The Best Lawyers in Canada, le répertoire juridique Lexpert et par Benchmark Litigation.

Droit-inc a discuté avec le principal intéressé.

Droit-inc: Pourquoi avoir choisi de poursuivre votre carrière chez Fasken?

Sébastien Richemont: C’est un concours de circonstances qui m’a mené à cette décision.

Après avoir pratiqué pendant 21 ans dans la plus importante boutique de litige de Montréal, j’étais en quête de changement. Je dirais que Fasken était, parmi les grands bureaux, la seule alternative intéressante, et ce pour deux raisons: la force de leur bureau de Montréal et la qualité de l’équipe en place.

Pouvez-vous nous parler de cette quête de changement? Vous avez quand même passé 21 ans chez Woods, ce n’est pas une mince décision…

Je ne voulais pas nécessairement quitter Woods, mais j’ai vu une belle opportunité dans l’offre de Fasken.

L’élément déclencheur, c’est le départ de Martin Sheehan, à la Cour supérieure, qui a créé un besoin chez Fasken. Cela a mené l’associé directeur Éric Bédard à m’offrir cette belle opportunité.

Quittez-vous Woods dans de bons termes?

Ah, en excellents termes!

J’ai d’ailleurs eu un souper avec mes collègues suivant mon départ, donc ce n’est pas un divorce, plutôt un simple changement de plateforme.

Est-ce que ce souper était émotif pour vous?

Très émotif, autant pour moi que pour mes collègues.

Ce n’était pas une décision facile. Par contre, à 47 ans, face à une super offre comme celle que me présentait Fasken, je sentais que si je ne faisais pas preuve d’audace, à ce moment-ci de ma carrière, je ne le ferais jamais.

C’était très déchirant, mais à la fois très excitant. J’ai senti que c’était le bon moment de ma carrière pour faire un changement comme celui-là.

Fasken vous décrit comme un plaideur de premier plan dans son communiqué soulignant votre embauche. Comment percevez-vous cet éloge?

Le défi, c’est de faire passer ma tête dans les cadres de porte, comme ma femme me le répète souvent. (rires)

L’accueil qui m’a été fait chez Fasken est le reflet du communiqué: j’ai été accueilli à bras ouverts.

Je pense que c’est une formule gagnant-gagnant. Je suis capable de mettre à profit mes belles années chez Woods, dans une plateforme qui m’offre de belles opportunités. Eux, renforcent leur équipe de plaideurs, déjà composée de gens de grands talents.

C’est flatteur et palpitant. On regarde tous l’avenir avec beaucoup d’optimisme.

Qu’est-ce qui fait de vous un Super plaideur?

Ça semble un peu antinomique, mais pour être un bon plaideur, il faut être capable d’écouter. Le juge, les témoins…

C’est une de mes grandes forces. Avec une bonne écoute, on peut ensuite utiliser l’information qu’on reçoit et l’intégrer dans notre présentation, ne pas faire un exposé théorique qu’on a préparé seul dans son bureau.

Bien sûr, il y a aussi beaucoup de technique. Moi je pense que ça s’apprend en grande partie. Quelqu’un qui travaille fort, qui a une bonne capacité d’écoute, un sang-froid, et qui applique les bonnes techniques, a 90% du travail de fait pour devenir un bon plaideur.

Après, c’est de la chance et un certain talent.

Et vous, étiez-vous un naturel à vos débuts? Comment êtes-vous devenu un grand plaideur?

J’ai eu la chance, en évoluant dans un petit cabinet, de faire plusieurs procès dans mes premières années avec l’un des meilleurs plaideurs à Montréal, James Wood. Ensuite, j’ai eu beaucoup de responsabilités rapidement, donc j’ai eu à conduire des procès très importants à mes débuts, ce qui n’est pas la norme.

J’avais certaines aptitudes. J’ai toujours été reconnu pour mon sang froid, mon calme, mon écoute, mais j’ai travaillé fort pour apprendre les techniques. Surtout, lorsqu’on apprend des techniques, il ne faut pas les laisser sur une tablette!

Si vous jetez un coup d’oeil à votre carrière, à ce jour, dans quel dossier vous êtes-vous le plus démarqué?

Oh boy! Ce n’est pas une question facile…

Celui qui a lancé ma carrière de plaideur, c’est l’affaire Jalbert contre BMW Canada, mon premier grand procès d’envergure. Je faisais équipe avec James Wood, on s’était séparé le dossier à deux.

Pendant trois mois, on est vraiment passés par une large gamme d’émotions. Après avoir perdu sur toute la ligne en Cour supérieure, on a gagné en Cour d’appel parce qu’on avait fait le travail qu’il fallait au niveau de l’administration de la preuve et qu’on a bien plaidé.

J’ai senti dans ce dossier que j’étais à ma place. D’ailleurs, c’est devenu une cause de principe, tant au niveau du droit de la franchise qu’au niveau de l’application de bonne foi. Ç'a été un vrai tremplin pour ma carrière de plaideur.

Qu’est-ce que vous ressentez, en tant que plaideur, lorsqu’un dossier sur lequel vous travaillez devient une cause de principe?

De la fierté. Surtout quand on voit que la cour adopte une nouvelle position, où une position qui n’était pas claire avant. Ça donne du sens aux longues heures que l’on met dans nos dossiers.

On a parlé de vos succès, mais au cours de votre carrière, avez vous déjà commis des gaffes à la cour?

J’ai accepté un mandat de quelqu’un qui, de toute évidence, était un menteur. Je ne peux pas dévoiler de qui il s’agit par soucis de confidentialité, mais ce n’était pas un très gros dossier.

Je le savais avant de prendre le mandat. C’est devenu apparent lorsqu’il témoignait, mais il était trop tard pour faire demi-tour. J’avais des obligations déontologiques à respecter, mais il était clair que je n’avais rien à gagner de ce client-là.

Ma gaffe, ç’a été de ne pas l’avoir confronté malgré ses versions plus ou moins crédibles. À ma décharge, j’étais un jeune avocat. C’était très gênant de présenter ce témoin à la cour, mais je pense que j’en ai tiré une leçon.

Et puis, est-ce que cette gaffe a eu une répercussion sur votre carrière?

Non, parce que les juges comprennent que nous n’avons pas le contrôle sur nos clients, et je n’ai clairement pas tenté d’induire la cour en erreur. J’avais des doutes sur sa version, mais je n’avais pas de preuves sur le fait qu’il était un menteur. Et je n’ai pas tenté de plaider à la cour par la suite que ce gars-là disait toute la vérité.

Je n’avais rien à me reprocher déontologiquement, c’était juste un mauvais moment à passer en cour. La bonne chose a faire, dans ce cas-là, c’est de s’asseoir et de le laisser faire, de ne pas insister sur son témoignage.

Mais depuis, vous avez été reconnu par Lexpert et Best Lawyers, notamment. Qu’est-ce que cela signifie pour vous?

C’est toujours plaisant, surtout lorsque ça vient des pairs. Quand on voit que nos pairs reconnaissent notre travail, c’est très flatteur.

Vous avez gagné des prix, plaidé de grandes causes...pour la suite, quels sont vos objectifs de carrière?

Mon objectif, c’est d’aider l’équipe de litige de Fasken à s’imposer comme étant la meilleure équipe de litige.

C’est tout?

C’est tout!