Julie Piché. Photos : Courtoisie
Julie Piché. Photos : Courtoisie
Me Julie Piché a choisi d’intégrer l’équipe de la Chambre de la sécurité financière à titre de syndique adjointe senior après une quinzaine d’années en tant qu’avocate et associée chez Therrien Couture. En entrevue, elle explique à Droit-inc les raisons de ce changement de parcours.

Droit-inc : Qu'est-ce qui vous a motivé à rejoindre la Chambre de la sécurité financière?

Julie Piché : C'est des mois et des mois de réflexion sur ce que je voulais faire, ce qui me plaisait, ce qui me drivait après 20 ans de Barreau, ce qui faisait que je voulais me lever le matin pour aller travailler. Ça faisait une dizaine d'années que je faisais du droit disciplinaire notamment avec la CSF, et j'ai eu envie de me concentrer dans cette discipline. Chez Therrien Couture, je faisais plusieurs autres types de droit. Je voulais être plus près des enquêtes, avoir plus les mains dans la pâte.

Qu'est-ce qui vous allume dans le droit disciplinaire ou dans le travail de syndic en tant que tel?

C'est peut-être un côté romantique, mais c'est la protection du public qui n’a pas le niveau de littératie ou de connaissances des conseillers financiers.

Vous passez d'associée en cabinet à syndique adjointe d’un organisme public, vous délaissez donc l'administration et la gestion?

En tant qu'associée, j'avais des dossiers, je faisais du droit disciplinaire, mais il y avait effectivement beaucoup d'administration. Je dirigeais l'équipe de recrutement des stagiaires, entre autres. Ici, il y a une équipe d'enquêteurs sous le syndic. On dirige les enquêtes, on prend les décisions, on travaille évidemment en collégialité avec les autres syndics. C'est somme toute similaire, mais on ne se concentre que sur l’aspect du droit. Ça reste quand même beaucoup de travail!

Justement, au niveau de l'horaire de travail, vous serez dans un horaire plus « normal »?

Je ne vous cacherai pas que la pratique privée et un organisme d'autoréglementation comme la CSF, ce n'est pas tout à fait la même chose. Je vous dirais que le temps que je consacre au travail est davantage dans les dossiers comme tels que dans toute autre tâche connexe que j’avais comme associée.

La décision n'a tout de même pas dû être facile à prendre après une quinzaine d'années et de sauter la clôture...

Avec le nouveau syndic en place, les dossiers majeurs comme la réduction des délais, toutes les mesures préventives, l'encadrement des professionnels, et de revoir les sanctions pour retrouver une certaine cohérence, c'était des chantiers assez importants pour me motiver à ce beau défi.

La méga-fusion de Therrien Couture avec Joli-Coeur Lacasse a-t-elle joué dans la balance?

Pas du tout. L'annonce s'est faite suivant mon départ. Je savais que c'était dans les eaux, mais ma réflexion avait débuté plusieurs mois auparavant.

Alors, pour vous, c'est terminé à jamais la pratique privée?

Ça c'est une bonne question! Je ne le sais pas. J'ai fait 20 ans en pratique privée et je débute un nouveau chapitre, mais c'est un peu tôt pour dire que je n'y retournerai jamais. J'y ai eu de belles années. Je ne me fermerai pas des portes, on ne sait jamais!