Simon Lavallée, témoin expert pour des criminalistes. Photo : LinkedIn de Simon Lavallée.
Simon Lavallée, témoin expert pour des criminalistes. Photo : LinkedIn de Simon Lavallée.
Un criminaliste défend un individu accusé de leurre informatique. Il aurait envoyé des messages et des photos de nature sexuelle à un policier, qui se faisait passer pour une personne mineure sur Facebook.

Pour preuve, la Couronne détient des captures d’écran qui indiquent que l’expéditeur est bel et bien l’accusé.

Lorsqu’on est criminaliste, comment désamorcer ce type de preuve?

En faisant appel à des services de consultation d’expertise juridique informatique comme ceux de la firme H2E. Confronté à des dossiers du genre, Simon Lavallée agit à titre de témoin expert pour des criminalistes.

Il analyse notamment la manière dont les policiers prennent les captures d’écran pour créer des preuves et revoit comment l’adresse IP de l’expéditeur a été dénichée.

Dans le cas présent, Simon Lavallée a déterminé que la preuve de la police n’était pas valable.

« À même leur preuve, on était capable de déterminer que l’appareil qu’ils croyaient à l’origine de l’envoi n’était pas le bon », résume-t-il avec fierté.

Une expertise méconnue

Mais l’expertise de Simon Lavallée ne se limite pas au droit criminel.

Il analyse des preuves, réalise des cyberenquêtes et rédige des rapports aussi en matière de droit civil, de droit du travail et de fraude. Ces preuves, elles peuvent provenir de textos, de messages échangés sur des réseaux sociaux, sur des sites de ventes en ligne ou de toutes données provenant d’un appareil électronique.

Parmi ses clients, il compte les cabinets Labrecque Doyon avocats, Desrosiers Joncas Nouraie Massicotte, Sylvestre et associés ainsi que les Bureaux d’aide juridique de Salaberry-de-Valleyfield, Trois-Rivières et de St-Jean-sur-Richelieu.

Bien que son expertise rend des services à certains avocats, le bachelier en génie de la technologie de l'information se bute à un problème : la méconnaissance de l’expertise juridique informatique.

« L’ouverture des avocats est énorme, assure-t-il. Des fois, la preuve semble trop solide, indéfendable, alors on m’appelle en dernier recours… et on arrive à faire changer le dossier de direction. »

Simon Lavallée l’avoue : la partie favorite de son travail, c’est de témoigner à la cour, afin de présenter l’analyse qu’il a développée aux juges.

Il faut croire que la pomme n’est pas tombée loin de l’arbre, puisque son père, Me Serge Lavallée, est criminaliste.

« J’ai grandi dans le droit, raconte-t-il. J’avais des connaissances en la matière, et j’ai étudié en informatique. Alors, il y a 10 ans, j’ai décidé d’allier les deux. »

D’où la naissance de sa firme, H2E. Pour 150 dollars facturés à l’heure, il tente d’aider ses clients à remporter des procès.

« Dès qu’il y a une preuve informatique, il ne faut pas tenir pour acquis qu’elle est vraie. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’expertise juridique informatique », conclut-il.