Nicolas Gervais, président de l'ACSED. Photo : Alyssia Marchetta
Nicolas Gervais, président de l'ACSED. Photo : Alyssia Marchetta
D’abord « partiellement rassurés » par l’ajout d’une clause grand-père permettant aux étudiants étrangers de terminer leurs études et de demeurer au Québec, les quelques 500 étudiants à la maîtrise et au doctorat en droit de l’Université de Montréal demeurent préoccupés pour l’avenir des études supérieures au Québec.

Et pour cause : environ les deux tiers de ces étudiants proviennent de l’étranger. Se passer de ces juristes serait une grande perte pour l’avenir du droit au pays, estime le président de l’Association des cycles supérieurs en droit (ACSED) de l’Université de Montréal, Nicolas Gervais.

« La confrontation de différentes épistémologies favorise la recherche. D'envisager l'immigration comme étant uniquement centrée autour de la main d'oeuvre, même s'il en faut, de mettre ça sur un pied d'égalité avec des chercheurs, c'est très difficilement comparable quantitativement », explique-t-il à Droit-inc.

À titre d’exemple, M. Gervais indique que l’apport d’un travailleur en usine peut être quantifiable économiquement, mais que ce n’est pas le cas d’un théoricien du droit de la famille qui peut faire avancer son domaine et qui au final, fera avancer toute la société.

D’autre part, M. Gervais revient sur les propos du ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, qui arguait qu’il y avait assez d’avocats au Québec, et donc que la province n’avait pas besoin de l’apport de l’immigration dans le domaine du droit.

« Les étrangers qui veulent devenir avocats ici doivent d'abord compléter des équivalences, ce qui prend un an et demi de cours. Ensuite, ils doivent réussir l'École du Barreau, et le taux de réussite chez ces étudiants est moindre que celui des étudiants nés ici. Ça constitue suffisamment de barrières à l'entrée pour protéger le marché. »

Vers un front commun

Nicolas Gervais est en ce moment en discussion avec les autres associations de droit de l’Université de Montréal pour faire front commun contre cette mesure du gouvernement.

« Cette modification réglementaire est incompréhensible socialement et inquiétante non seulement pour les personnes visées, mais également pour l'avenir des universités et leur rayonnement international. On a tout intérêt à s’opposer, et on va le faire », conclut-il.