Des milliers d'étudiants font face à l’injustice derrière la réforme de l’immigration. Photo : Shutterstock
Des milliers d'étudiants font face à l’injustice derrière la réforme de l’immigration. Photo : Shutterstock
Après avoir investi temps, argent et énergie pour contribuer à notre société, après avoir tout laissé derrière eux, après s’être établis à des milliers de kilomètres de leur famille, voilà que ces derniers se font maintenant claquer la porte au nez.

Ces changements de règles en cours de route, sans consultation ni préavis, constituent certainement une grave injustice pour ces travailleurs et étudiants étrangers qui ont choisi de s’établir dans notre société et pour qui la plus grande erreur n’aura finalement été que de suivre les promesses du gouvernement.

Une contribution positive depuis près de 10 ans

Nos étudiants étrangers, jusque-là admissibles au Programme de l’expérience québécoise (PEQ), sont formés au Québec au sein de nos établissements d’enseignement secondaire, collégial et universitaire et se qualifiaient sur la base d’un diplôme et d’une connaissance avancée du français.

Nos travailleurs étrangers, eux, se qualifiaient suivant la même démonstration linguistique et la preuve d’une année de travail à temps plein, prouvant ainsi qu’ils répondent directement à un besoin de main-d’œuvre au sein de leur entreprise.

Forts de leurs diplômes ou de leurs expériences de travail, mais surtout suivant des années passées à s’intégrer en français dans la province, le gouvernement a longtemps estimé que ces derniers représentaient des candidats exceptionnels à l’immigration québécoise.

Or, cela n’est plus alors que le programme vient d’être sévèrement amputé et que des milliers d’étudiants et de travailleurs étrangers ont du même coup vu leur sélection s’envoler en fumée, et ce, à quelques semaines ou à quelques mois de l’atteinte de leur but.

Une révision des mesures doit être envisagée

Au nom de tous ces laissés-pour-compte, nous estimons qu’il est important que le gouvernement révise sa position et prévoie un moratoire sur l’application de ces mesures pour les étudiants et travailleurs qui sont déjà au Québec et qui ont déjà entrepris les conditions nécessaires à leur sélection.

Des milliers d’entre eux sont dans leur première, deuxième ou troisième année d’études et certains étaient même à quelques semaines seulement d’obtenir leur diplôme. Ils méritent un moratoire sur l’application de ces nouvelles mesures afin de permettre leur sélection.

Des milliers d’entre eux, également, n’étaient qu’à quelques mois de pouvoir faire la preuve d’une année de travail à temps plein au sein d’une entreprise québécoise, et ces derniers méritent tout autant ce même moratoire.

Des centaines d’étudiants et de travailleurs, quant à eux, avaient déjà soumis leurs dossiers de sélection, avaient réuni la documentation demandée, avaient payé leurs frais de traitement et attendaient de recevoir la confirmation de leur sélection d’un jour à l’autre. Ils méritent, eux aussi, ce même moratoire.

Une mesure efficace pour contrer la pénurie de main-d’œuvre

Nos employeurs, nos entreprises et nos professeurs, qui se sont investis corps et âme dans cette intégration, méritent eux aussi ce moratoire. La promesse qui a été faite à nos travailleurs et étudiants étrangers doit être respectée et le gouvernement doit prévoir des dispositions transitoires pour protéger leurs acquis. Il en va non seulement de la crédibilité de nos institutions, mais aussi du respect de nos engagements envers ces derniers et de la compétitivité de nos entreprises.

François Legault avait fait campagne sur sa volonté d’accueillir moins d’immigrants au Québec, mais il avait également promis de prendre soin de ces derniers.

Or, depuis le début de l’année, en tenant compte des présentes réformes qui restreignent le PEQ et suivant sa décision d’annuler 18 000 dossiers d’immigration en attente depuis plusieurs années, force est de constater que le gouvernement ne s’efforce qu’à remplir la première partie de sa promesse.

Or, devant la présente controverse, voilà venu le temps pour ce gouvernement de prouver qu’il respecte aussi la deuxième partie de cette promesse et qu’il prenne soin de nos travailleurs et étudiants.

Signataires

Professeur François Crépeau (directeur du centre sur les droits de la personne et le pluralisme juridique, faculté de droit de l’Université McGill), professeur Hugo Cyr (doyen de la faculté de science politique et de droit de l’UQAM), professeur Robert Leckey (doyen de la faculté de droit de l’Université McGill), professeure Anne-Marie Laflamme (doyenne de la faculté de droit de l’Université Laval), professeur François Roch (directeur du département des sciences juridiques de l’UQAM), professeure Annie Gérin (doyenne par intérim de la faculté des arts de l’UQAM), professeure Geneviève Dufour (présidente de la SQDI, Université de Sherbrooke), Me David Chalk, Me HoSung Kim, Me Laurence Trempe, Me Sylvie Tardif, Me Stéphanie Valois, Me Sabine Venturelli, Me Mylene Barriere, Me Viviane P. Albuquerque, Me Carole Fiore, Me Sylvio Houle, Me Mabel E. Fraser, Me Yasmina Benihoud, Me Niousha Riahi, Me Dan Bohbot, Me Sabine Laval, Me Jean-Mathieu Potvin, Me Ibrahim Dabo, Me Hugues Langlais (Ad. E.), Me Christine Charpentier, Me Angélique Adam, Me Walid Ayadi, Me Léa Charbonneau-Lacroix, Me Valérie Leroux, Me Patil Tutunjian, Me Fatoumata Binta Tierera, professeure Martine Valois (Université de Montréal), professeur Frédérick Guillaume Dufour (UQAM), professeur David Pavot (Université de Sherbrooke), Me Alexandra Bouchard (présidente de l’Association générale des étudiants des cycles supérieures en droit de l’Université de Sherbrooke), professeur Mathieu Devinat (Université de Sherbrooke), Mélanie Bourassa-Forcier (Université de Sherbrooke), professeure Céline Bellot (Université de Montréal), Estelle Grandbois-Bernard (coordinatrice du Centre arts-cultures-sociétés de l’UQAM), professeur Frédéric Mégret (Université McGill), professeure Véronique Fortin (Université de Sherbrooke), Eugénie Dostie-Goulet (Université de Sherbrooke), professeur Stéphane Paquin (ENAP), professeure Konstantia Koutouki (Université de Montréal), Me Jonathan Veilleux, Me Mariama Diallo, Me Otto Ibii, Me Attala Deborah Fabine Enokou, Me Armando Acuna, Me Abdessamad Tazaroualti, Me Murhula Jugauce Mweze, Me Bin Xia Zhang, Me Claudia Aceituno, Me Angela Potvin, Me Alexandre Bardoux, Me Blandine Sala, Me Guy Nephtali, Me Didier Leroux, Me Benoît Bessette, Me Tatiana Gomez, Me Sandrine Gaillot, Me Sandra Palmieri, Me Camille Clamens, Me Sue Kang, Me Yasmine Guillaume, Me Marc-André Séguin, Me Francis Tourigny, Me Fanny Cumplido, Me Aboudacar Sidiki Coulibaly, Me Xiao Jing Yang, Me Alex Lu, Me Barbara Brizuela, Me Rim Berrada, Me Walter Chi-Yan-Tom, Me Sarah Benkalha, Me Cynthia Bergevin, Me David Berger, Me Serban Mihai Tismanariu, Me Aryana Rousseau, Me Rose Bossou, Me Barbara Bertrand, Me Stewart Istvanffy, Me Patrice Brunet, Me Avi Gomberg, Me Gerogia Pappis, Me Jacques Beauchemin, Me Isabelle Dongier, Me Lisa Middlemiss, Me Salima Djerroud, Me Saguy Barchichat, Me Seth Dalfen, Me Denis Girard, Me Nadia Barrou, professeur Jacques Beauchemin (UQAM), professeur Pierre Trudel (Université de Montréal), professeure Hélène Mayrand (Université de Sherbrooke), professeur Richard Janda (Université McGill), Pierrick Pugeaud (UQAM), professeure Doris Farget (UQAM), professeur Rémi Bachand (UQAM), professeure Emmanuelle Bernheim (UQAM), professeure Hélène Piquet (UQAM), professeure Francine Descarries (UQAM), professeur Magali Uhl (UQAM), professeure Véronique Leduc (UQAM), professeur Mario Bédard (UQAM), professeur Leila Iliana Celis (UQAM), professeur Paul Eid (UQAM), professeure Micheline Milot (UQAM) Me Jennifer Ana Chriqui, Me Maria Houem, Me Isabelle Owston, Me Alain Joffe, Me Michael Dorey, Me Latifa Benabdelouahid, Me Johanna Elhadad, Me Samira Salem, Me Geneviève Henault, Me Suzanne Taffot, Me Marie-France Chassé, Me Juno Jeronimo, Me Juan Cabrillana, Me Aboubacar Touré, Me Mathieu Di Lullo, Me Claudia Molina, Me Berta Biscevic, Me Fevziye Oguzer, Me Julien Labrie-Masse, Me Jouman El-Asmar, Me Guillaume Audet, Me Andréa de Rocquigny, Me Arnaud Vanier, Me Julien Sapinho, Me Morgane Mousamy, Me Ying Huang, Me Stéphane Handfield, Me Nilufar Sadeghi, Me Marius Maxim, Me Olga Potlog, Me Richard Neil Goldman, Me Geneviève Binette, Me Luciano G Del Negro, Me Alfredo Garcia, Me Isabel de Oliveira, Me Barbara Leiter, Me Gissa Rahme, Me Miguel Borges, Me Joyce Yedid, Me Michael Goldstein, Me Marie-Andrée Fogg, Me Myriam Harbec, Me Jean-Marc Pham, Me Julien Primeau-Lafaille, Me Caroline Mouralian, Me Myriam Roy L’Ecuyer, Me Tiziana Aiello, Me Meryam Haddad, Me Coline Bellefleur, professeure Elsa Galerand (UQAM), professeur Jean-Frédéric Ménard (Université de Sherbrooke), professeure Caroline Boivin (Université de Sherbrooke), professeur Isabelle Duplessis (Université de Montréal), professeur Érick Sullivan (Université Laval), professeur Mathieu Ares (Université de Sherbrooke), professeure Fannie Lafontaine (Université Laval), professeure Soumaya Cheikhrouhou (Université de Sherbrooke), professeur Deny Bélisle (Université de Sherbrooke), professeure Marie Manikis (Université McGill), professeur Fabien Gélinas (Université McGill), professeure Marie-Hélène Dufour (Université de Sherbrooke), professeur Jean Roy (Université de Sherbrooke), professeure Catherine Chesnay (UQAM), professeure Johanne Poirier (McGill), Me Esther Krauzel, Me Aude Exertier, Me Aminata Ba, Me Anne Bélanger, Me Stephen De Four-Wyre, Me Vincent Dubuc-Cusick, Me Nicole Goulet, Me Mary Keyork, Ismaël Boudissa et Clémence Bergeron (coprésidents du Comité sur le droit de l’immigration de l’UQAM), Sabrina Gatti (stagiaire en droit) et Audrey Raiche (étudiante en droit, UQAM)