Les criminalistes Danièle Roy et Debora De Thomasis, avec Éric Salvail en arrière-plan. Photos : Site Web de Danièle Roy & Associés et Radio-Canada
Les criminalistes Danièle Roy et Debora De Thomasis, avec Éric Salvail en arrière-plan. Photos : Site Web de Danièle Roy & Associés et Radio-Canada
Dans ce genre d'affaire, la défense peut choisir entre plaider sa cause devant un juge et un jury, ou devant un juge seul. Si de prime abord, elle choisi la deuxième option, elle se verra priver d'une enquête préliminaire.

C'est notamment le cas de Gilbert Rozon, accusé de viol, qui a décidé de renoncer à une enquête préliminaire. En effet, elle devait s'amorcer mardi avec le témoignage de la plaignante.

Cette procédure est pourtant souvent utilisée afin de tester la solidité de la preuve. Alors généralement, la défense opte dans un premier temps pour une audience devant jury et juge, mais peut toutefois se raviser par la suite, comme c'est le cas pour M. Salvail.

« (L'enquête préliminaire) peut être très utile aux deux parties, car cela permet d'évaluer les forces et les faiblesses de la preuve », explique la criminaliste Danièle Roy, lors d'une entrevue au 98,5fm.

« Cela peut devenir une déclaration du plaignant à laquelle on va pouvoir se référer lors du procès », appuie la criminaliste Debora De Thomasis.

Sauf que dans « 99% des cas » d'agression sexuelle, selon Me De Thomasis, l'accusé finit par choisir de faire entendre sa cause devant un juge seul.

« C'est compliqué de laisser notre sort dans les mains de 12 personnes dont on ne connaît pas la vie. Il y en a parfois parmi eux qui ont eux-mêmes été victime d'agression sexuelle, mais qui n'ont pas porté plainte. C'est périlleux de choisir un procès devant jury », détaille-t-elle.

« Les gens ont tous une sympathie naturelle pour les victimes, donc on ne veut pas que le jugement soit fondé sur autre chose que la preuve », ajoute de son côté Me Roy.

Éric Salvail a été mis en accusation pour agression sexuelle, harcèlement et séquestration. Il sera entendu par un juge en février prochain.

Gilbert Rozon quant à lui, fait face à des accusations de viol. Un recours collectif a également été déposé à son encontre par un groupe de femmes baptisé « Les Courageuses ». Le recours a été autorisé, mais les avocats de M. Rozon ont décidé de porter en appel cette décision.