Une image de l'arrestation de l'avocat Jean-Roch Parent. Photo : Radio-Canada
Une image de l'arrestation de l'avocat Jean-Roch Parent. Photo : Radio-Canada
L’avocat déchu Jean-Roch Parent passera les six prochains mois en prison pour avoir menacé de « cogner » un agent de la SQ lors d’une banale interception routière pour laquelle il risquait une amende de 100 $.

Les faits reprochés à Jean-Roch Parent remontent au 4 mai 2017.

Un agent de la SQ intercepte alors l’avocat pour excès de vitesse. Il trouve, derrière le volant, un homme « en crise ».

Parent refuse d’obtempérer aux ordres du policier et invoque son statut d’avocat pour intimider ce dernier.

L’escalade est rapide. Lorsque le policier touche Parent, celui-ci le fixe en le menaçant de « le cogner » s’il continue.

L’arrestation musclée avait été filmée par un témoin, puis publiée sur Droit-inc. Cette vidéo a été présentée à titre de preuve devant le jury.

Le juge Louis Dionne accorde à la poursuite la peine qu’elle demandait, soit 6 mois d’emprisonnement et 18 mois de probation. La défense, de son côté, demandait une peine purgée au sein de la communauté.

Gestes graves

Pour justifier sa sanction, le magistrat a indiqué que les gestes de l’avocat étaient « graves », puisqu’ils ont été commis par un avocat, ancien procureur détenant une formation en techniques policières, rapporte Le Soleil.

« Elles sont dirigées vers des policiers chargés d’assurer l’ordre et la sécurité de la population, elles ont eu pour effet de miner l’autorité policière et de ternir la réputation des autres membres du Barreau », évalue le juge Dionne.

Cette peine transmettra un message clair à toute personne qui tentera d’agir de la même manière, poursuit le magistrat.

Radiation

L’emprisonnement parachève une déchéance professionnelle et financière commencée dès 2015, au moment où l’avocat, qui plaidait alors pour la Couronne, était reconnu coupable de harcèlement à l’endroit de son ex-conjointe.

Rappelons également que Jean-Roch Parent a écopé d’une radiation de 16 mois en septembre dernier.

Il avait entre autres été sanctionné pour avoir manqué de soutenir l’autorité des tribunaux et avoir manqué de respect et de courtoisie envers des juges avec qui il a eu des échanges acerbes.

L’homme de 42 ans avait alors expliqué son comportement par épuisement professionnel, qui l’aurait rendu irritable et impatient.

Jean-Roch Parent a été contacté par Droit-inc, en juin dernier, alors qu’il avait été reconnu coupable de huit des dix infractions disciplinaires qui le visaient. On lui reprochait alors de s’être moqué d’un agent correctionnel, en le traitant de « clown » pendant la fouille, puis en se moquant de sa calvitie.

« J'ai plaidé coupable aux infractions, j'espère que le processus se terminera bientôt », s’était limité l’avocat radié.

En mai dernier, on avait également reproché au juriste d’avoir tenu des propos « virulents » envers un constable spécial.

Contacté par Droit-Inc, il avait nié « avoir intimidé et/ou harcelé d'une quelconque manière que ce soit le constable spécial ».

« Je considère particulier que le constable spécial prétende que je l'aurais intimidé, mais n'a pas procédé à mon arrestation au moment des événements. Ma version des faits n'a jamais été recueillie par les policiers, qui ont procédé à l'enquête et les accusations ont été portées contre moi trois mois et demi plus tard », avait-il indiqué.

- Avec les informations de Radio-Canada